Mishtiku nitiku : « Minuashu assi » L’arbre m’a dit : « La terre est belle » Ce livre est le cadeau de la jeunesse innue qui fait entendre sa voix, ses rêves, ses peurs, ses espoirs.
Nin Auass n’est pas un livre qu’on lit d’un trait, d’un couvert à un autre, mais bien une œuvre qui gagne à être lue lentement, par morceaux, pour laisser vivre les mots et leur signification en soi.
Au fil des pages, le lecteur voit apparaitre les outardes, la taïga, les aurores boréales, les rivières, mais aussi les mocassins, la raquette, la chasse, les familles ou encore des drames intimes puissants, des pertes, des deuils, parfois dans des poèmes très courts, à la manière des haïkus, juste le temps d’une image fugace, parfois sur plusieurs pages, alors que les langues se mélangent et que des histoires peuvent se raconter autour des ancêtres, de l’importance de sauvegarder l’innu, de la première chasse et du souffle coupé à la vue du premier caribou.
C’était beau, c’était touchant, c’était triste. C’était grandiose. J’ai beaucoup apprécié que les poèmes s’y trouvent à la fois en innu & en français. Bien que je ne suis pas en mesure de comprendre cette langue, cela ajoutait de la profondeur à l’oeuvre.
On réalise que les enfants ont beaucoup à nous partager & qu’ils perçoivent leur environnement différemment.
Quel ouvrage important. J’ai eu l’impression de plonger dans ces dix communautés innues, de plonger dans le coeur des enfants, les plus petits comme les plus vieux. J’ai senti la forêt, vu les étoiles, les aurores boréales. J’ai senti la présence des aîné-e-s, souvent cité-e-s. J'ai senti la peau de caribou, j’ai marché en raquettes. J’ai appris, j’ai été à l'écoute. C’est doux, fort, simple, ça revire à l’envers (surtout la fin). Le travail éditorial a été fait dans une démarche respectueuse et concertée, une collaboration qui devrait faire école. Les innus sont un peuple fier, et je l’ai ressenti jusque dans mon salon. J'espère que ce livre contribuera à nous rapprocher, et à rendre tous ces enfants fiers de leur culture et de leur langue d'une poésie sans fin.
« L’enfant sait qu’il ne s’agit pas de comprendre la poésie, mais de la faire, de plonger corps et âme dans le poème pour toucher à la matière des mots, de s’amuser avec leurs sonorités, de mélanger leurs couleurs pour que surgissent de nouvelles nuances et que, par leur fraîcheur retrouvée, les mots disent ce qu’ils n’avaient jamais dit et nous permettent de retrouver le bonheur d’être tout. »
Beau, puissant, touchant et superbement illustré. Dans ces poèmes en français d'une page et en innu-aimun de l'autre, on sent la joie, la colère, la fierté pour leur culture, l'importance de la forêt et de la famille.