L’amour peut prendre deux voies fréquentes possibles : la voie de l’auto-destruction , jalousie aidant ; ou la séparation brutale convoyée par la traitrise. Dernière survivante d'une dynastie, la Princesse, belle, rebelle et poétesse, Wallada Bint Elmostakfi est une femme mise à l’écart de la vie et de la gestion du royaume de ses aïeux : L’andalousie. Elle qui, au travers de sa famille, a gouverné la péninsule ibérique pendant plus de deux siècles, fut finalement reconnue pour sa poésie et pour les cénacles qu’elle même appréciait beaucoup. L’Andalousie, dans une folle farandole entre berbères, omeyyades et les guerres de pouvoir. Wallada, participa à cette période riche en changements. Elle assista à la chute de sa famille et à l’implosion de l’Andalousie. Elle fut tour à tour la poétesse reconnue, convoitée, par ceux qui l’approchèrent, (et) aimée, à l’orée de la quarantaine dans une liaison trouble et dangereuse, qu’elle savourait avec le poète Ibn Zeydoune. Aux derniers jours elle revisita sa vie et se confia, à sa servante pour lui raconter l’épopée agitée, par laquelle elle était passée ; Une Période faste, riche en évènements et en émotions. Prise de pouvoir, décapitation, trahison et amour prennent par la main l’humain. La prise de pouvoir et jalousie, poussent les différents royaumes à se faire la guerre. Les rois, princes et vizirs, une fois installés dans leurs conforts deviennent plus regardants sur la gouvernance de ceux qui les dirigent. Décapitation, assassinat sont le lot des trahisons de ces cours royales. Quant à l’amour, le cœur meurtri est celui qui en parle le mieux.
Ce roman regroupe des éléments historiques bien connus de toute personne qui s'intéresse à l'Andalousie de près ou de loin. Racontés par une femme exceptionnelle qui a tant fait couler l'ancre par sa beauté, son intellignce, son audace, son talent de poetesse et sa vie tumultueuse. Si on ajoute à cela un récit lyrique, captivant, qui nous met dans le bain de l'époque, des endroits et des scènes sans étalage excessif. En plus de cette subtile ressemblance du passé au présent. Personnellement, ce qui m'a captivé, c'est de percevoir entre les lignes un quotidien. Les personnages n'étaient plus lointains mais prenaient forme en des personnes qu'on côtoie. Les événements n'étaient plus historiques mais contemporains. Les méandres de la vie de ces personnages supposés lointains devenaient un vécu, récent, palpable. Tous ces ingrédients réunis, ont donné un roman plaisant à la lecture. Qui donne envie d'attendre les prochains de ce qui semble être une saga. Dans ce premier roman, on découvre un écrivain talentueux, espiègle, et qui sait peindre en des mots une fresque historique aux couleurs contemporaines. Bravo!