Ce lundi 9 août 2021, il n’a pas été aisé pour moi de rassembler le temps nécessaire pour lire les 586 pages du tome 2 de Broadway Limited, la formidable trilogie de Malika Ferdjoukh.
Nous voici de retour à la pension Giboulée dans le New York d’après-guerre. Dans ce tome 2 qui suit directement le premier, nous retrouvons Page, Manhattan, Chic, Hadley, Etchika et Ursula, nos héroïnes et pensionnaires de la Giboulée, toujours aussi courageuses et déterminées à réaliser leurs rêves artistiques dans une époque qui certes, ne leur fait pas de cadeaux, mais permet de croire au possible, car tout est à reconstruire.
Nous sommes en 1949 et, plus encore que dans le premier tome, le parallèle avec notre époque est saisissant. Nous sommes à l’heure du Swing, et ce qui swingue surtout, ce sont nos émotions : entre émerveillements et désillusions, comme les personnages, nous ne sommes pas ménagés, et le contexte politique, social et économique du récit nous invite à une profonde réflexion.
En 2021, le racisme, la discrimination, l’injustice, la manipulation, l’oppression et la poursuite des ambitions personnelles au détriment du bien-être collectif sont toujours présents. Au milieu des difficultés et obstacles quotidiens, entre les rendez-vous manqués et les destins séparés, les personnages persistent et ne renoncent pas, devenant des exemples à suivre. Ils ont raison. Car après bien des déconvenues, la vie, parfois, peut offrir des éclaircies…
Ce tome 2 m’a beaucoup plus bouleversée et transportée que le tome 1, qui est un pur enchantement. Car les personnages sont encore plus confrontés à leur dure réalité. Et tout comme eux, à la fin du récit, j’aspire au printemps.