Lucien Nardpin a tout pour être heureux, une épouse qui le comble, deux enfants en bonne santé et un job qui lui plaît. Mais ce beau tableau va se fissurer un jour quand il ouvre les yeux et voit des malheureux partout. Et si c’était lui qui avait tout faux ? Et si ces malheureux avaient accès à une volupté des plus sensuelles ? Paniqué à l’idée de ne pas être de la fête, il décide de saboter sa vie. Comme ça, pour voir, histoire de ne pas mourir idiot. Un roman joyeux et provocateur. Délicieusement insupportable.
Pour sa 3ème édition, Saboteur s'offre un petit lifting et passe de 125 pages à 112. Un roman court, mais intense où la traditionnelle quête effrénée du bonheur fait place à celle du malheur... pour le plus grand bonheur de Lucien.
Vous l'aurez compris, l'intrigue se veut drôle et décalée. Légère au début, elle s'assombri à mesure que Lucien plonge dans le malheur. Paradoxalement, ce roman puise son énergie positive dans la descente aux Enfers de son protagoniste, mais sans sombre dans le feel-bad. On garde espoir pour Lucien et il règne malgré tout un positivisme tel que ce roman s'inscrit dans la lignée du feel-good (peut-être un peu malgré lui).
Les personnages sont travaillés juste ce qu'il faut pour les rendre identifiables, attachants et surtout universels. Leurs psychisme y est réellement mis à rude épreuve sans jamais manquer de cohérence.
Recherché et délicatement ciselé, le style s'adapte à merveille aux différents rythmes et humeurs du roman.
Dans un sens, il se lis presque trop vite et on a envie de prolonger le plaisir. Mais que pourrait-il y ajouter de plus ? Il est déjà parfait comme ça.
Saboteur est un bon petit roman qui donne envie de découvrir les autres œuvres de l'auteur.