Le peuple n’a que trois moyens de s’en sortir : « Les deux premiers, c’est le cabaret et l’église, la débauche du corps ou la débauche de l’esprit ; le troisième, c’est la révolution sociale. »
Dieu et l'État est le texte fondateur de la pensée socialiste libertaire de Mikhaïl Bakounine. Sa critique violente à l’égard de toute autorité se révèle toujours aussi inspirante.
Lecture difficile, auteur véhément et thèse radicale, mais pas moins intéressante.
Dans Dieu et l'État, Bakounine met en garde contre la religion à plusieurs niveaux : il la décrit comme inutile et même pire : dangereuse pour soi, car abêtissante et dangereuse pour le peuple parce qu'elle protège les intérêts des bourgeois.
Pour Bakounine, le peuple n'a que trois moyens de s'en sortir : "les deux premiers, c'est le cabaret et l'église, la débauche du corps ou la débauche de l'esprit : le troisième, c'est la révolution sociale.
Entre autres, toujours selon Bakounine, l'idée de Dieu nierait la possibilité de liberté humaine et est illogique. Quant à la science, Bakounine la défend et en reconnait l'intérêt, tant qu'elle concerne le général, car "elle ne peut saisir le concret ; elle ne peut se mouvoir que dans les abstractions"
Gros classique vraiment très percutant la critique de la religion et de ses avatars (chez Rousseau et Robespierre) est vraiment intéressante et le rapport ambigu a l’autorité est très intéressant et problématique (notamment sur la science). Aussi je savais pas qu’il était autant matérialiste
On sent que Dieu et l’Etat est constitué de différents essais, car le fil conducteur est pour ainsi dire inexistant, et le propos décousu.
Bakounine commence par dire qu’à part le cabaret et l’église (qui sont les débauches du corps et de l’esprit), le peuple n’a que la révolution sociale pour s’en sortir. Ok, cool, mais il enchaîne par une longue critique de la religion (qui est beaucoup moins marrante que celle de Nietzsche), suivie de l’explication qu’une société dirigée par des scientifiques ne serait pas mieux lotie qu’une société dirigée par des ecclésiastiques - car leur foi dans la Science est selon lui au moins aussi fanatique que la foi en Dieu. Au moins il appelle à avoir une science publique.
La dernière partie était (à mes yeux) la plus intéressante: il décrit comment la bourgeoisie a utilisé la religion pour garder le peuple au trot - car grâce à la religion, le peuple garde "un mirage éternel qui entraîne les masses à la recherche des trésors divins, tandis que la classe dominante se contente de partager, fort inégalement d’ailleurs et en donnant toujours davantage à celui qui possède davantage, les misérables biens de la terre et les dépouilles humaines du peuple, y compris naturellement sa liberté politique et sociale". Bakounine conclut donc que "il n’est pas, il ne peut exister d’état sans religion", d’où sa critique assez virulente de l’Etat créé par des bourgeois chrétiens. Il note d’ailleurs que le protestantisme est la religion bourgeoise par excellence, car elle réussit à concilier les aspirations célestes avec les intérêts terrestres - clin d’œil Max Weber et son "Éthique protestante et l’esprit du capitalisme".
Plein de bonnes idées donc, mais trop fourre-tout et rempli de digressions (de nouveau, pas aussi marrantes que peuvent l’être celles d’un Nietzsche).
The book delves a lot in theology and theological considerations in order to explain the uselessness of religion and the state that attaches to it like a tick. In parallel, Bakunin makes a lot of considerations on the importance of education as an emancipatory strategy for mankind, and against a technocratic organisation of society. Combining this book with Lyotard's Postmodern Condition is a good way to revise the current political condition and rethink the organisation of society.
The book being based on paper manuscripts found and published after Bakunin's death, the text is very raw and unrefined, so the reading can get confusing in many parts. Still an appreciable read.
j’aurai apprécié plus d’analyse sociale sur la nécessité de l’anarchisme, et également les moyens proposés par Bakounine pour le mettre en œuvre. Cependant livre très intéressant et auteur pionnier de l’anarchisme
He got some points but as a Theologian I can't take his criticism about religion seriously. Unfortunately, the criticism is like 90% of this book. I would even say it's a "worship" for science.