Journaliste de mode, Alice Pfeiffer observe ses collègues accumuler des pièces fabuleuses au fil des collections, des saisons et des ventes presse. Pas elle. Pour son plus grand plaisir, elle collectionne « les trucs moches ». Ce que l’on nomme « moche » touche souvent à l’affect, au rire, ou encore au réconfort. Et il est tendance : pensons aux chaussures Crocs, aux concours des pulls moches de Noël, jusqu'aux nains de jardin dans l’art contemporain ! Il peut même devenir une revendication, une fierté, voire une façon de déconstruire l’académisme des dogmes. Ce manifeste du mauvais goût propose une théorie audacieuse pour assumer enfin le kitsch, le ringard, le clinquant.
+ : la maquette est magnifique et en fait un bel objet-livre, le texte est facile d'accès et sera largement abordable pour quelqu'un qui se lance dans la lecture d'essai, la séparation claire des chapitres par thèmes, Pfeiffer fait preuve de nuance et soulève des questions intéressantes, la bibliographie sur laquelle le texte s'appuie, la conclusion très pertinente où l'autrice admet ses privilèges et ouvre des perspectives sur le "moche".
- : le ton un peu "bobo" de l'autrice (dont on a bien compris qu'elle avait la double nationalité), l'absence de réelles argumentations dans chaque chapitre. L'autrice donne de bonnes réflexions mais sans essayer d'approfondir, par exemple elle fait une distinction entre le "laid" et le "moche", mais ce passage est relativement court et j'aurais aimé qu'elle développe plus sur cette idée.
Dans l'ensemble, il s'agit d'un essai assez intéressant et plutôt renseigné, qui se lit vraiment rapidement. Le manque d'argumentation est regrettable mais ce texte a le mérite d'être une ouverture sur le sujet et la bibliographie permettra à ceux qui s'y intéresse d'aller plus loin.
Qu'est ce que le moche ? Qui le définit ? Alice Pfeiffer invite à la réflexion autour de ce qui est socialement inacceptable et transgressif. Pourquoi le kitch d'un Jeff Koons ravira les collectionneurs mais l'équivalent se fera pointer du doigt chez les prolétaires ? En questionnant sa passion pour les choses moches, la journaliste invite à une réflexion plus large sur les frontières invisibles du goût.
Alice Pfeiffer est une journaliste de mode (Vogue, mais pas que) passionnée par le moche, le kitsch, le laid, le ringard ou le dégueulasse… Mais pas que !
Dans ce bouquin à l’image de son contenu (couleurs infâmes, alignements invraisemblables et illustrations curieuses) elle détaille nos visions du goût à travers la mode, la peinture, les objets, le web…
Un état des lieux du moche qui répond partiellement à une question qui me taraude depuis longtemps : peut-on objectiver le beau ou le laid ?
c’était intéressant mais trop peu approfondi et trop succinct. certains chapitres ne sont que des références à la suite et quelques expériences personnelles de l’autrice sans vraiment trop de valeur ajoutée. c’était frustrant de voir des volontés de théoriser certains concepts seulement dans la conclusion et je pense que le livre aurait mérité d’être bien plus approfondi et plus long (parce que finalement c’est 150 pages avec une police d’écriture très grosse). mais le design est plutôt cool et ça reste un bel objet (j’aime trop le dégradé jaune sur l’intérieur des pages).