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La fin d'un monde

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« C'était mieux avant. » Avec la pandémie, l'unanimité de ce thème qui paraissait jusqu'alors marqué d'une nostalgie stérile revient avec insistance.
Mais de quel « avant » parlons-nous ? Celui de la société de consommation triomphante des années 1960-1975 ou de la société chrétienne millénaire qui l'a précédée ?
Dans une plongée vertigineuse vers notre passé récent, Patrick Buisson nous entraîne des coulisses du concile Vatican II aux assemblées générales des « Gouines rouges », de la piété teintée de paganisme des pardons bretons aux bistrots sans femmes des cités ouvrières, du stade à l'alcôve. De ce cheminement inattendu et fascinant, nul ne sort intact.
Tout change en effet au cours de ces « quinze piteuses » qui voient la destruction méthodique de l'art de vivre et de la culture populaire, la remise en cause du monde vertical de l'autorité et l'effondrement des vieilles croyances.
La petite-bourgeoisie éduquée, soucieuse de se démarquer du moule dans lequel elle avait été formée a imposé l'hégémonie du progressisme.
Au fil de ce texte remarquablement documenté et écrit, dérangeant mais profondément argumenté, Patrick Buisson nous confronte à nos contradictions. Avec La fin d'un monde , il nous éclaire sur ces passions françaises dont il s'est fait le décrypteur et nous donne le grand livre contemporain des objecteurs de modernité.
 

522 pages, Paperback

Published January 1, 2021

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About the author

Patrick Buisson

25 books2 followers
Patrick Buisson (19 April 1949 – 26 December 2023) was a French right-wing essayist, journalist and political advisor.

Journaliste , écrivain et politologue, créateur et animateur sur LCI d’émissions à succès comme 100% politique ou Politiquement show, Patrick Buisson est aujourd’hui président de la chaîne Histoire.

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484 reviews11 followers
August 3, 2025
Livre où Buisson raconte la montée du progressisme en France durant les Trente Glorieuses dans différents domaines : l’agriculture et le rapport à la terre, le rapport à la mort, la modernisation de l’Eglise Catholique post Vatican II, les rôles et rapports traditionnels entre hommes et femmes (changements causés par le féminisme), etc. Se lit assez facilement, Buisson démontre à nouveau sa grande culture (y compris une bonne connaissance du contexte religieux et de la théologie catholique !), livre très informatif.

### Introduction

Buisson part de l’épisode de la pandémie Covid19 qui a montré la fragilité du matérialisme et du consumérisme dans lesquelles est tombé la France (et on pourrait dire tout l’Occident). On dit souvent que le monde était meilleur avant. Mais de quel avant parle t-on ? Si on parle de la civilisation occidentale millénaire d’inspiration chrétienne, c’est vrai. Mais si l’on parle des Trente Glorieuse, non comme va essayer de le montrer Buisson. On a vu revenir des restes de la vision traditionnelle du monde pendant le virus lorsque les citoyens applaudissaient les infirmiers pendant le confinement.

Le Général de Gaulle a été une dernière figure du conservatisme face au progressisme arrivant. On lui reproche de ne pas avoir combattu les idées progressistes et de les avoir laissées se répandre.

La génération des baby-boomers a été biberonnée à la télévision. C’est un puissant moyen de communication qui a un message homogène sans contradiction : le progressisme.

Les traditions se perdent. Les femmes perdent leur rôle traditionnel de mères et veulent vivre la vie qu’elles entendent. Se marier bien plus tard, voir ne pas du tout se marier. Les gens ne veulent souvent plus faire le même travail que leur père ou reprendre l’entreprise familiale.

### Partie 1 :

Dans cette partie, Buisson relate la disparition progressive mais brutale des agriculteurs français et de leurs traditions millénaires avec la venue de l’agriculture productiviste dans une logique capitaliste de rentabilité.

#### Chapitre 1 : Le grand déracinement

Dans ce chapitre, Buisson raconte l’exode rural en France, comment les campagnes ont été abandonnées. Les jeunes sont peu soucieux de reprendre l’entreprise paternelle et préfèrent aller dans les villes pour évoluer socialement. Ainsi l’activité baisse en campagne : les commerces (café, restaurant, boulangerie, etc.) ferment, et il faut marcher ou conduire longtemps pour trouver un cinéma ou d’autres structures. Le nombre de paysans a drastiquement chuté. Le nombre d’habitants des villages a beaucoup baissé, beaucoup sont allés en ville, tentés par la richesse, la reconnaissance sociale, les femmes, etc.

L’automatisation de l’agriculture avec les tracteurs et les robots brise une tradition ancestrale qui liait le travail de la terre, les cycles des saisons à Dieu, la providence divine. Désormais, le but n’est plus de juste se nourrir mais le profit maximal, rapporter toujours plus d’argent. Par conséquent, énormément de jeunes agriculteurs font le choix du rendement maximal. Ce que leurs Anciens ne comprennent pas car ils accumulent ainsi plus de soucis et sont moins heureux.

#### Chapitre 2 : La dernière jacquerie

Dans ce chapitre, Buisson continue son récit de la disparition des agriculteurs de la France, cette fois surtout en lien avec les grandes structures comme la JAC (Jeunesse agricole catholique) qui ont “collaboré” avec le capitalisme de l’agriculture pour faire du seul profit son nouveau but ultime. Il raconte la trahison de Charles De Gaulle qui jusqu’à moment a pourtant été une figure représentant l’ancienne France agricole et comment les agriculteurs se sont révoltés à plusieurs reprises face à la “modernisation” et la “mécanisation” forcée qui les dépouille de leur tradition et de leur savoir-faire. Plusieurs ministres imposent ce changement et pointent du doigt les agriculteurs comme des réfractaires au progrès et au changement qui empêchent de libérer des fonds publics utiles, pour construire par exemple davantage d’autoroutes pour le reste de la population.

Les agriculteurs fuient leur profession pour devenir ouvriers, l’ouvrier étant la nouvelle profession à la mode avec ses avantages : par exemple congés payés à l’opposé du travail non stop agricole. Pour ces premiers, les ouvriers ne sont pas le prolétariat maltraité, mais plutôt une classe de privilégiés qui ont la chance d’avoir des défenseurs et d’être entendus.

On assiste à un mépris de classe jusqu’alors inégalée et démesuré de la part de la bourgeoisie vis-à-vis des agriculteurs. On les rabaisse pour leur manque d’intelligence avec des réflexions du genre “L’élève d’une intelligence moyenne de la ville a le même niveau que l’élève le plus intelligent de la campagne”, “Le travail agricole rend bête et diminue les interactions sociales”, “Les enfants de famille d’agriculteurs parlent beaucoup moins”, etc.

#### Chapitre 3 : Un ethnocide bienveillant

Buisson raconte ici comment les filles ont été impactées par le déclin des agriculteurs français. Il y en a aussi de moins en moins car elles fuient la ruralité pour se rendre dans les villes, un choix que certaines regrettent en revenant après coup au village. Il est devient moins tentant pour les filles issues d’une lignée d’agriculteurs de se marier avec leur cercle social car cela constitue pour elles une régression, un retour en arrière et le fait de rendre caduc les sacrifices de leurs parents pour leur offrir une éducation et une meilleure carrière professionnelle. Il y a un changement de mentalité chez celles qui épousent des agriculteurs. Elles exigent un nouveau logement séparé des beaux-parents pour davantage d’indépendance et de liberté alors qu’avant il était courant que la femme rejoigne et s’intègre à la belle-famille d’agriculteurs. Elles désirent aussi davantage de confort étant influencées par les pratiques de la bourgeoisie de la ville : veulent leur coiffeur dans leur village, des machines qui leur épargnent les tâches manuelles ingrates de la maison.

Les campagnes sont confrontées à une augmentation du célibat. Il est courant de voir des hommes agriculteurs restés dans leurs villages rester célibataires encore à 45 ans. C’est la cumulation des peines : ils sont loin des activités, des richesses de la ville, davantage condamnés au célibat.

La télévision contribue à effacer la culture traditionnelle et conservatrice des agriculteurs et à la remplacer par la vision du monde consumériste et progressiste des bourgeois parisiens. C’est une sorte de nouveau Magistère qui a un pouvoir d’influence considérable, bien plus que l’Eglise qu’on accusait pourtant de contrôle sociétal. Les intervenants à la télé n’hésitent pas à ridiculiser et à stigmatiser les traditions, les pratiques, etc. de la France rurale, à parler comme des gens démodés et désuets.

### Partie 2 : Le krash de la foi

#### Chapitre 4 : Du catholicisme à la religion conciliaire

Buisson raconte ici la crise de la foi au sein de l’Eglise Catholique généralement à cause du concile Vatican 2 et de la déchristianisation de la France plus particulièrement qui en est l’effet. Le concile fut orchestré par la frange progressiste du clergé et mit en avant des idées modernistes complètement opposées à l’enseignement officiel pourtant traditionnel de l’Eglise sur les questions de liberté religieuse et du salut possible étendu à tous les non catholiques qui crée *de facto* un “droit à l’erreur” et encourage le relativisme. Il cite comme soutiens ou causes indirectes du concile Henri de Lubac, Marie-Dominique Chenu et surtout Yves Congar. Il rapporte bien sûr l’opposition frontale et le schisme causé par Monseigneur Lefebvre qui voit le concile comme rompant la continuité de l’Eglise.

L’Eglise a voulu s’adapter au monde moderne en rendant son enseignement plus accessible et plus pédagogue. Mais ce fut au prix de l’erreur en frôlant l’hérésie. Par exemple, la Trinité fut enseignée non plus comme la participation des trois Personnes divines à une seule et même substance (elles sont consubstantielles) mais nature. Or comme le fait remarquer Etienne Gilson, substance et nature ne sont pas identiques. Plusieurs individus peuvent être de même nature sans pourtant être la même substance. On en revient donc à la méthode d’Arius (il s’appuyait à l’époque sur l’état de l’art de la philosophie grecque avec Parménide, Platon, Plotin, Philon, etc.) qui vise à tout simplifier et rationaliser.

L’Eglise a aussi arrêté d’enseigner clairement ou autant que l’amour de Dieu la réalité des fins dernières que sont l’enfer, le Purgatoire, le jugement dernier, etc. On est en gros passé d’un Dieu “Père fouettard” en colère à un Dieu doux et plein d’amour. Un prêtre rural sur trois ne pense plus que l’enfer est littéral mais qu’il relève plutôt d’un mythe. Ce qui est dramatique, c’est que c’est cette crise de la foi dans les campagnes aggrave la crise de la ruralité comme foi et terre étaient liées et se renforçaient mutuellement depuis longtemps. Pour beaucoup, Satan n’est plus une personnage réel mais seulement un mythe, un symbole qui représente le mal en nous. Buisson mentionne la phrase de Rudolf Bultmann qui dit qu’on ne peut plus sérieusement tenir pour historiques les réalités de la foi. Cette libéralisation de l’enseignement des prêtres au lieu de faire grandir l’Eglise en nombre ou a minima de garder ses fidèles a conduit à vider drastiquement les Eglises. Ainsi le concile est probablement la cause profonde de la déchristianisation de la France.

#### Chapitre 5 : L’instant du malheur

Dans ce chapitre, Buisson explique l’effondrement de la liturgie catholique avec la participation accrue des laïcs pendant la Messe, la mise en place de temps communautaires “obligatoires” au détriment du silence pour se concentrer, le passage de la Messe en latin aux langues vernaculaires, etc.

Bien sûr, en tant que Protestants, nous ne condamnons pas ces changements à l’instar de Buisson. Par exemple, le fait que le culte soit désormais dans une langue compréhensible par tout le monde est un acquis du combat de la Réforme. Les temps d’adoration communautaire (bien qu’on puisse évidemment donner des moments de méditations silencieuses) était courant dans la liturgie protestante historique : chants d’adoration, récitation collective du Credo et d’autres confessions de foi, etc. Même Maritain qu’on accuse d’être un artisan du concile rejette ces réformes liturgiques. Tous ces changements ont conduit à la désertion massive des Eglises.

#### Chapitre 6 : La trahison des clercs

Buisson rapporte ici la baisse drastique des effectifs du clergé, une baisse de plus de 90 % entre les années 40 et 70. Beaucoup de séminaires ont fermé. L’Eglise a laissé le prêtre Marc Oraison qui épousait les thèses de Freud les répandre, avant de mettre ses écrits à l’index même si tard. On le laissait pratiquer ses thèses en faisant passer un examen psychologique aux candidats à la prêtrise pour vérifier leur état psychologique, qu’il jugeait pouvant être mauvais à cause du refoulement du désir sexuel.

Dans les villages, la prêtrise était une occasion de gravir l’échelon social dans les petits séminaires. Mais désormais cette voie là est superflue et l’Eglise perd le monopole dans les villages avec l’arrivée des formations scolaires.

Dans les séminaires, on allège de plus en plus la discipline : plus de temps de silence pendant les repas, plus d’interdiction d’aller dans les chambres des autres, etc. Le clergé n’est obligé de porter l’habit traditionnel qu’est la soutane, mais peut plutôt se contenter d’une croix sur le cou. Deux abbés disent approuver ce choix car les gens devraient deviner leur foi d’après leurs actes et non pas d’après leur apparence.

Le vœu de célibat du clergé est de plus en plus remis en question, non seulement dans l’opinion publique mais également au sein même des fidèles. Il est de plus en plus pris à la légère comme certains prétendent qu’ils avoir le droit d’y renoncer. On a à faire à des scandales de prêtres “défroqués” à qui l’Eglise permet parfois pourtant de continuer à exercer leur vocation mais en restant discrets et en changeant de paroisse. L’Eglise autorise le mariage pour les diacres et le bruit court que le diaconat est un échappatoire pour les prêtres défroqués.

#### Chapitre 7 : Vous vous êtes rendus au monde

Buisson raconte comment l’Eglise s’est compromise avec le monde en s’adaptant à celui-ci au lieu de rester elle-même et de l’attirer à elle sans compromis. En d’autres mots, l’Eglise s’est soumise au modernisme au lieu de servir de rempart solide face à lui. L’Eglise (en tout cas en France) a rejoint la cause du communisme et du socialisme en allant publiquement soutenir les ouvriers contre l’exploitation capitaliste. Cela inclut des participations à des marches ou réunions publiques, des interventions orales et écrites dans des journaux de Gauche, etc. Des prêtres sont même allés manifester lors de Mai 68 en proclamant que Jésus lui-même soutenait les pauvres, s’était opposé au système ambiant de son temps, etc. Des catholiques comme Maurice Clavel ont sévèrement dénoncé ces compromissions. L’encyclique *Gaudium et Spes* condamne l’athéisme mais pourtant sans nommer explicitement le communisme/socialisme comme auparavant, alors qu’elle en est la forme principale de ce siècle.

L’idéal démocratique révolutionnaire s’est même infiltré jusqu’au sommet de l’Eglise où la frange progressiste du clergé appelait de plus en plus à entretenir une structure horizontale pour éviter une “monarchie” du pape comme à l’ancienne.

La cause profonde de ce malaise profond remonte à Vatican II où le diable a siégé durant le concile d’après Clavel. Certains progressistes (Marie-Dominique Chenu, Yves Congar, etc.) ne regrettent rien du concile et ne lient pas les désastres ultérieurs à celui-ci. D’autres soutiens et fidèles au concile pointent maintenant les dérives comme Jacques Maritain, Henri du Lubac, etc.

#### Chapitre 8 : Eglise des purs contre Eglise des pauvres

En France, la foi devient de moins en moins engageante et plus une identité culturelle plutôt qu’une religion pratiquée avec zèle et vigueur. Il y a toujours beaucoup de fréquentations aux temps marquants de l’année liturgique (Noël, Pâques, etc.) mais de moins en moins de fidèles à la Messe chaque semaine.

Pour remédier à cela, l’Eglise a la brillante idée de vouloir épurer la mauvaise compréhension des “pauvres” pour qui la foi n’est plus qu’une tradition culturelle et de promouvoir une religion réservée aux “élites”. La sécularisation est une occasion en or pour revenir à la religion originelle de l’Eglise primitive (pourtant une pratique caractéristique de nombreuses hérésies comme le catharisme, le protestantisme, etc.). La qualité vaut mieux que la quantité. Il y a une opposition entre foi (personnelle et sincère) et religion (le sacré et le rituel).

L’Eglise en France a choisi “d’individualiser” la foi au détriment de son aspect communautaire comme avant l’Eglise était ce qui reliait les habitants du village et ponctuait sa vie avec ses fêtes, rencontres, baptêmes, enterrements, etc.

#### Chapitre 9 : Pas de pitié pour la piété populaire

L’Eglise a eu de moins en moins de prêtres issus des classes populaires de la campagne et de plus en plus de prêtres issus des classes bourgeoises de Paris. Cela a conduit à un mépris des prêtres bourgeois envers les fidèles qu’ils dirigeaient dans les paroisses en province. Ils pointaient du doigt leur “pagano-christianisme” avec leurs prières “superstitieuses” à Dieu pour les récoltes, pour calmer sa colère et attirer ses faveurs, à Marie et aux très nombreux saints avec plein d’excès (idolâtrie au lieu d’une simple latrie), etc. Cela a aussi conduit l’Eglise en général par ses papes à condamner des excès liée au culte marial avec des encycliques. Buisson voit cela d’un mauvais œil mais bien sûr pour les Protestants, ce sont des points positifs.

#### Chapitre 10 : Un malthusianisme sacramentel

Buisson relate ici comment le clergé a détricoté (dénaturé ou beaucoup amoindri) des éléments de doctrine et des pratiques catholiques cruciales : la pratique de la confession régulière, diminution de la gravité du péché (”déculpabilisation” et accent sur les plaisirs du monde), retardement du baptême des enfants (alors qu’il régénère et est donc essentiel pour leur éviter les limbes),

### Mort, voici ta victoire

#### Chapitre 11 : Nouvelles leçons des ténèbres

Buisson rapporte comment notre société en France a relégué la mort aux oubliettes, cherche dorénavant à l’oublier, à faire comme si elle n’existait pas et à rester dans le déni face à elle (elle ne concerne plus que les vieux dans leur “phase terminale” de la viellesse) avec des euphémismes comme disparaître ou nous quitter, des structures pour “privatiser” (funérariums, mort du malade à l’hôpital et non plus auprès des siens). Cela s’explique par la crise du sens, l’incroyance aux fins dernières et à la vie dans l’au-delà.

#### Chapitre 12 :

Buisson explique l’arrivée à la mode des funérariums qui remplacent les lieux de recueillements traditionnels publics dans la vie des villages et autour de l’Eglise.

#### Chapitre 13 :

Ici, Buisson présente l’invention et la diffusion de la crémation des morts dans la société. Elle traduit la non croyance désormais d’un français sur deux en la vie après la mort, et la prévalence du matérialisme, que la vie des êtres humains se réduit à leur vie terrestre. Alors que le clergé (des papes dans le passé) condamnait la crémation pour ces raisons, elle finit par l’accepter sans opposition.

### A mort le père

#### Chapitre 14 :

La société a voulu se débarrasser de la figure du père (la paternité) incarnant l’autorité, mais ce faisant également toute forme d’autorité (l’Etat, la monarchie, Dieu). Les Lumières déjà remettent en question l’autorité paternelle (Voltaire, Diderot et Rousseau). Depuis la Révolution française, il n’y a plus de relation de paternité en politique (avec des dirigeants et des dirigés) mais à la place uniquement une relation de fraternité en vertu de laquelle tous les citoyens sont égaux entre eux. Mais l’absurdité est que toute fraternité se fonde en définitive sur une relation filiale commune, et donc la paternité.

C’est bien sûr les manifestations tumultueuses de Mai 68 qui ont le plus chamboulé les choses, déclenchant ainsi une véritable révolution culturelle. Elle se bâtit bien sûr sur la pensée de philosophes contemporaine comme Herbert Marcuse et Wilhelm Reich qui considèrent le père comme un tyran et défendent une liberté débridée. On rejette non seulement l’autorité en général, mais aussi tout ce qui rapporte au passé est perçu comme suspect. De cette manière, on
Profile Image for Folamour.
13 reviews1 follower
July 20, 2021
Pour résumer rapidement ce livre, tout était mieux avant :

- les paysans c'était mieux avant : on se tuait à la tâche sans l'aide de ces diaboliques engins mécaniques qui ont tout dénaturé.
- la religion c'était mieux avant : la messe en latin, les processions flagellantes, la cilice, etc. Dame on savait s'amuser dans le temps !
- les enfants c'était mieux avant : ils savaient se rendre utiles à la ferme ou dans les ateliers, au lieu de se glander à l'école jusqu'à des 16 ans et plus...
- les femmes c'était mieux avant : soumises, elles restaient à la place que dieu leur a généreusement octroyée : la cuisine, les enfants, l'église.
- les hommes c'était mieux avant : au moindre coup de clairon, ils partaient joyeusement se faire étriper à la guerre.

Vivement la parution du tome 2, qui devrait principalement traiter des sujets suivants :
- les mines de charbon, remède naturel contre la toux,
- l'Inquisition ou l'amour de l'humanité,
- la guerre de 14, une épopée fraternelle au cœur de l'Europe
- une belle mort : la peste noire

8 reviews
February 4, 2022
Une histoire très intéressante des quinze dernières années des trente glorieuses.
Un passage particulièrement intéressant sur le catholicisme.
Un livre volumineux, détaillé et technique, qui montre dans le détail les chamboulements de la société Française plongée brusquement dans la société de consommation.
Si Patrick Buisson est connu pour être très conservateur, le bandeau "oui, c'était mieux avant" (qui n'est pas de lui) est beaucoup trop simpliste.
Il me semble simplement qu'il essaie de montrer un bouleversement de modèles de société vieux de plusieurs siècles, et pas toujours pour le meilleur. Il propose donc un regard critique sur la modernité, que les progressistes défendent souvent coûte que coûte.
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