Trois bouffées délirantes, dix ans de vie, trente carnets, rassemblés dans un petit livre : Barge. H.K., l'autrice, y fait s'entrechoquer des bouts de son journal intime, des extraits de son dossier médical et les lettres de ses proches, inquiets de la voir « partir en vrille » à vingt ans. Barge, c'est aussi le récit d'un long cheminement vers l'apaisement : faire le deuil du délire, et renouer avec le commun. Enfin, Barge est un prétexte pour parler de la folie et du sort que la société lui réserve. Paru en auto-édition en décembre 2019, le livre a été réimprimé trois fois, et continue sa route. H.K., l'autrice, est aujourd'hui paire-aidante dans un petit hôpital psychiatrique du Tarn.
Ça part carrément dans tous les sens, mais je ne m'en pleins pas. Très cru et sincère. J'ai particulièrement apprécié la lettre de sa daronne p. 45, et puis quelques poèmes par-ci par-là. D'ailleurs c'est golri on nous a prescrit les mm medocs elle et moi mdr twinssss (c'est inquiétant.) Et j'saurais pas expliquer pk mais j'adore lire des récits qui se déroulent dans ma ville, trop satisfaisant d'avoir les refs, de pouvoir mieux visualiser la scène 🥰🥰 +1/2 étoile pour la mention d'elliott smith p. 22.
"La folie est politique."
"Cramponnée à ta cigarette, scotchée à ta musique, rien ne semble avoir de prise sur toi."
"Le ZYPREXA, il m'a bourré du coton dans le cerveau et de la molesse dans le corps, il a assez vite étouffé, tel une couverture humide, les flammes rugissantes de mon délire, il a soufflé sur mon élan vital comme on éteint une chandelle"
"Essayer de faire comprendre comment ça a été violent pour moi de choisir de rester dans le raisonnable, d’y revenir, parce que j’ai fait le choix de la société, d’être avec les autres et pas seule avec mon délire ; que dans ce contexte ce choix est celui de la survie."
"comment s'imposer en théocratie (je le vois comme ça) : me couper de vous et des medocs pour assumer ma biochimie interne sans récalcitrance"
Ce livre a éveillé en moi un quelque chose de profond et d'important Comme un désir brûlant d'amour et de lutte pour nos mondes, nos réalités qui ne sont pas les leurs
Je m’attendais d’après le résumé, à un contexte politique et collectif beaucoup plus important, mais il n’arrive que dans les dix dernières pages de fin malheureusement. Cependant, et peut-être paradoxalement au trouble évoqué par l’autrice, j’ai adoré pouvoir un semblant de ce qu’il y avait lors de ses décompensations, avec un rajout de forme au récit qui ne limite pas à l’entendement, ainsi que la lettre d’une de ses amies qui réfléchit à comment faire dans les milieux anarchiques pour « gérer » les troubles, mais surtout ses mots : « qui je suis pour Vouloir te rattacher à ma réalité alors que la tienne est peut-être mieux ? ».