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La science des balivernes

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Vaccinez-vous contre la contagion des inepties ! La muraille de Chine est la seule construction humaine visible depuis la Lune. Les vaccins causent l’autisme. Nous n’utilisons que 10 % de notre cerveau. Il y a plus de naissances les nuits de pleine lune… Il n’y a pas de relation directe entre le degré de conviction que nous inspire une croyance et sa véracité. Nous sommes une espèce extraordinairement sociale. Faire confiance à l’autre fut favorable à la survie de nos ancêtres. Le revers est que nous sommes des victimes toutes désignées pour les tricheurs, menteurs, escrocs ou baratineurs. Et les énoncés vrais, prudents, intelligents, instructifs sont perdants face aux balivernes, sympathiques, excitantes, consolatrices. Le combat est inégal. C’est pourquoi nous avons besoin d’une science des balivernes, comme il existe une science des microbes pathogènes. Thomas C. Durand décortique la structure des fariboles pour nous en révéler les mécanismes. Il nous montre comment revigorer nos défenses critiques, sans rejeter complètement nos intuitions. Avec de nombreux exemples puisés dans l’actualité la plus récente et des expériences à faire soi-même. Déculpabilisant et plein d’humour.

290 pages, Kindle Edition

Published May 26, 2021

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Thomas C. Durand

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30 reviews
August 3, 2021
Un livre de qualité exceptionnelle, j'ai rarement surligné autant de passages.

Thomas Durand commence par nous expliquer la différence entre le vrai et la baliverne. Par définition, le vrai présente le défaut de ne pas pouvoir être autre chose que ce qu'il n'est : il sera donc tantôt décevant, tantôt brutal, mais aussi parfois contre-intuitif voire totalement non-crédible ; mais pour autant, les émotions qu'on y attache ne le rendent pas plus ou moins vrai. Autrement dit, « le vrai, le réel, c'est ce qui continue d'exister même quand on n'y croit pas », tandis que « la baliverne [...] n'a de lien avec aucun des moyens disponibles pour déterminer l'adéquation de son contenu avec le monde réel. [...] Elle survient dans un vide épistémique, en l'absence d'une démarche critique envers la chose crue. »

Bien souvent, la baliverne fait aussi une belle histoire, là où le vrai peut s'avérer aride ou désenchanté. C'est un des avantages majeures dont elle dispose par rapport au vrai, et qui lui permet de se répandre beaucoup plus efficacement. Comme le disait Mark Twain, « un mensonge peut faire le tour de la terre le temps que la vérité mette ses chaussures ». Pour être efficace, la baliverne doit être retenue une fois diffusée et donc être attractive, tandis que le vrai n'est contraint que par sa véracité. La baliverne efficace est donc attractive par définition, ce qui conduit une plus grande quantité de personnes à la croire, ce qui à son tour ajoute une forme de preuve sociale qui instille le doute : si tant de gens y croient, c'est que ce n'est probablement pas faux (et pourtant...). Cerise sur le gâteau : par l'effet témoin (bystander effect), chacun se sent moins responsable de vérifier si une potentielle baliverne est vraie, contribuant d'autant plus au phénomène. La combinaison de tous ces facteurs donne en quelque sorte naissance à la fameuse Loi de Brandolini : « La réfutation d'une baliverne demande un temps d'un ordre de grandeur supérieur à celui qu'il faut pour la produire ». En plus de tout ça, la baliverne plaira toujours bien à quelqu'un, ce qui n'est pas garanti pour la vérité, et elle a l'art de s'implanter de manière insidieuse dans notre esprit, qui prendra un malin plaisir à la défendre par tous les moyens possibles.

Mais si les balivernes se répandent si facilement et sont si résilientes, comment faire pour les combattre ? D'après Thomas Durand, la solution ne se situe ni dans les lois, ni dans les médias, mais bien dans nos esprits : il faut développer son esprit critique et se méfier de ses automatismes et de ses intuitions. En effet, si nos automatismes et intuitions ont pu présenter certains avantages par le passé, de nos jours certaines intuitions peuvent vite nous jouer des tours. En quelque sorte, nous sommes arrivés tellement rapidement dans un monde d'abondance d'informations que la sélection naturelle n'a pas eu le temps d'« adapter » notre cerveau en conséquence.

Ce livre a pour objectif de nous inculquer l'esprit critique, notamment en nous expliquant pourquoi certains aspects de notre cognition fonctionnent comme ils le font et en expliquant divers concepts, parmi lesquels la régression vers la moyenne qui nous trompe dans bien des cas, mais aussi des choses plus élémentaires, comme ce qui peut ou non constituer une preuve et pourquoi (et ce qui fait qu'une preuve irréfutable au sens strict du terme n'en est pas une).

J'ai particulièrement apprécié le démontage du relativisme cognitif dans le chapitre intitulé « Notre monde si personnel », inspiré d'une des conférences de La Tronche en Biais :


Vled — [...] Nous n'avons pas tous les mêmes approximations, ni les mêmes trous dans nos théories, et donc nous vivons dans des mondes un tout petit peu différents. Ça s'appelle la « subjectivité », ça n'est pas grave.
Mendax – Ça veut dire qu'on a tous raison ? C'est une très bonne nouvelle, ça.
Vled – Non. C'est plutôt un signe qu'on a tous accès à seulement une fraction du réel et qu'on a donc probablement tous plus ou moins tort.
Mendax – Ah d'accord. C'est l'exact inverse de ce que j'espérais.
Vled – Certains veulent croire que tout le monde a raison : à chacun sa vérité, halte à la critique et à la correction de nos hypothèses... C'est le relativisme cognitif. Et le problème du relativisme, c'est que ce sont les idées les plus virales, les plus séduisantes et les plus intuitives qui gagnent.
Mendax – Et c'est un problème parce que… ?
Vled – Parce que les idées virales, séduisantes et intuitives les plus musclées ne sont pas les plus vraies. Les préjugés, par exemple. Sans méthode, on est certains de finir par croire un peu trop fort des choses un peu trop fausses.
Mendax – Comme qu'un arbre qui tombe fait du bruit et que notre manière de le percevoir est la seule valable. Un remède ?
Vled – Accepter les idées les mieux argumentées. Éviter le dogmatisme. S'astreindre à l'humilité épistémique qui oblige à ne pas interpréter au-delà de ce que l'on sait. Se demander constamment si nos perceptions correspondent suffisamment à la réalité du monde extérieur. Et c'est un travail collectif.


Thomas Durand plaide pour une culture du débat d'idées et propose ses « dix commandements du débat rationnel » pour débattre de manière productive ainsi qu'une panoplie d'outils pour disséquer les balivernes. Il analyse également un des premiers cas documentés de balivernes chez les scientifiques, celui de René Blondlot et des rayons N, qui n'est pas sans rappeler un cas plus récent chez un certain professeur Marseillais, tant les similitudes sont frappantes (rejet de la méthode, refus de coopération, etc.).

Le seul souci de ce type d'ouvrage, c'est qu'il sera probablement lu davantage par les personnes déjà intéressées par l'esprit critique que les autres, alors qu'il serait plus utile qu'il soit lu par ces dernières. Ceci dit, renforcer son esprit critique ne peut être que bénéfique et je pense que celui-ci peut avoir un caractère contagieux ; donc même si je crains que ce livre ne soit lu principalement que par le milieu sceptique, il reste extrêmement utile, voire nécessaire.

À lire sans hésiter !

Si le monde réel existe, il est le même pour tout le monde. Et nous avons besoin individuellement et collectivement d’avoir les informations les plus exactes le concernant pour prendre des décisions pertinentes qui auront un impact sur notre survie.
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55 reviews
August 28, 2023
Cet ouvrage est, selon moi, avant tout destiné à des personnes ayant déjà une base en esprit critique. Toute personne « tombant » sur ce livre, croyant aux balivernes décrites pourrait être particulièrement secouée. Je le recommande donc à un public averti et encore plus si vous suivez La Tronche en Biais sur Youtube.
Pour moi, ce livre, que j’ai lu avec une facilité déconcertante, m’a surtout permis de comprendre, enfin, tous ces termes et concepts employés très régulièrement, tel que le Rasoir d’Ockham, l’homme de paille, mais aussi de mieux comprendre les biais cognitifs et leurs rôles. C’est aussi une belle leçon d’humilité, qui dénote un peu du ton des vidéos de la chaîne Youtube : non, je ne suis pas différent des autres qui croient en des balivernes, notre cerveau tombe dans ses biais constamment et ce n’est pas parce que je les connais que je suis immunisé contre. Nous sommes tous irrationnels. Pour en prendre vraiment conscience, l’auteur propose des expériences qui retournent le cerveau.
J’en retiens beaucoup de choses sur lesquelles je dois renforcer ma vigilance au quotidien.

http://eclairemoilectures.fr/2023/08/...
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