L'histoire d'une rencontre entre deux femmes, deux religieuses, deux générations.
Sœur Anne ne s'est jamais véritablement adaptée à la vie en communauté au sein du couvent où elle vit pourtant depuis vingt ans. Lorsque Mère supérieure la charge du patronage de Jeanne, une jeune postulante, se réveillent en elle des sentiments et des questions que la règle conventuelle lui avait fait oublier.
Bientôt, la relation entre les deux femmes dépasse le cadre de la formation. Jeanne est une bouffée d'air frais pour les religieuses. Mais elle bouleverse l'existence de Sœur Anne qui, à ses côtés, aperçoit la possibilité de ressaisir le sens de sa vocation et de se retrouver elle-même. Quelle place reste-t-il pour l'affection et pour l'humanité quand entrer dans les ordres exige de se défaire de soi-même et de s'abandonner à Dieu ? Comment la communauté peut-elle comprendre que la délivrance de Sœur Anne, pour qui la foi ne suffit plus, repose entièrement sur sa relation avec Jeanne ?
Dans un style limpide et poétique, ce premier roman qui renverse la structure classique du récit d'initiation peint avec clarté et pudeur la confusion des sentiments.
Ce roman, superbement écrit, au style poétique et intime, nous donne à voir l'envers du décor d'une religieuse qui doute et d'une postulante. C'est une histoire d'une grande humanité qui nous est livrée avec tendresse et compassion. Une histoire d'amour, d'amitié absolue entre ces deux êtres fragiles et forts à la fois. Absolu qu'elles recherchent et que sœur Anne peine tant à retrouver. Une quête de sens, de liens, une chorégraphie qui lie toute une communauté aux règles strictes. Des notions nombreuses et touchantes sont analysées, décryptées, telles que le regret, le don de soi, le doute, la détresse, la foi, l'abandon, l'importance des détails, de la vie dans sa routine toute simple et rassurante - ou étouffante ? -, de la nature, des signes que l'on cherche éperdument à interpréter ou que la lassitude empêche de remarquer.
Que faire, que devenir, si Dieu, auquel on s'est consacrée, n'est plus le pivot de votre existence ?
C'est à travers les certitudes limpides d'une âme jumelle et candide qu' elle trouvera ses réponses.
Il faut mourir pour renaître…
Le récit éblouissant d'une remontée vers la lumière.
Le texte est d'une profondeur sans égal. Je me suis sentie voyager, immerger dans le couvent. J'ai non seulement voyagé à travers ces images se dessinant dans ma tête mais aussi grâce aux mots, à cette écriture poétique. Certains passages ne sont pas claires, notamment ceux sur la disparition de sa conscience propre en devenant religieuse (chose ressentie par Soeur Anne). Des questions subsistent également ( Quel était ce sentiment partagé entre Soeur Anne et Jeanne ? L'attribuer à un sentiment amoureux me parait fort simple et restrictif, surtout face à sa transcendance ).
Un premier roman réussi. Une écriture poétique et une immersion dans un lieu inhabituel, le couvent. J’ai eu de la peine pour soeur Anne qui ne trouvait pas sa place et j’ai compris l’amitié qui unissait ces deux femmes.
D’une justesse, humilité, viscéralité aussi bruyante que le silence qui règne dans ce couvent, qui permet à cet amour imparfait d’éclater de manière si claire et magnifique.