"La vie rêvée des hommes est un livre intime, charnel, [...] qui donne envie d'aimer, de vivre. Un livre radieux." Véronique Olmi - La Croix Prix Filigranes 2021 À travers le récit d'un amour interdit, François Roux, auteur du Bonheur national brut , livre une fresque poignante. De 1944 à nos jours, deux êtres affrontent l'opprobre familiale, les ravages du conformisme social, le passage douloureux de la clandestinité à la légalité... La vie rêvée des hommes ou la chronique historique et intime de la condition homosexuelle. "Stanley et Luca sont des héros inoubliables, comme ceux de Brokeback Mountain [...]". Livres Hebdo " J'ai adoré, j'ai été scotché. Il faut vraiment lire ce roman " Librairie Filigranes. " Une magnifique et poignante fresque [...] " Biblioteca
Cette histoire d’amour interrompue, qui prend naissance aux lendemains de la libération de Paris et se termine quelque 50 ans plus tard, est bouleversante. Roman absolument magnifique.
Superbe écriture. Une longue histoire, quasi sur 60 ans, fiction d'un premier amour (pour l'un) d'une semaine qui chamboulera cette vie du premier pas vers l'homosexualité. Beaucoup de souffrances, trop peu de joies simples, car la torture de la culpabilité dominera quasi jusqu'au bout ce personnage d'une grande humanité. Sur fond historique de l'évolution (hyper lente) du regard "des autres" envers l'homosexualité, esquisse toujours délicate et douloureuse. Les réactions stupides "des autres" m'a rappelé un épisode dans mon village, pas si loin de l'époque oû François Roux lance son roman: j'étais mouflet et deux voisins ont dit devant moins avec une moue de dégoût en voyant passer un couple d'hommes (qui n'auraient pas envisagé une seconde d'oser se tenir par la main à cette époque!): "Ils vivent ensemble, ces deux-là". J'avais naïvement répondu "Ils ont l'air de beaucoup s'aimer...". Les deux voisins ont conseillé à mes parents de bien surveiller leur fils, car ils pourraient prendre un mauvais chemin! Et ma mère, inquiète, a répondu (je ne l'ai su que bien plus tard):"Vous l'avez encore surpris à déshabiller une gamine dans le bois?" Je n'ai toujours pas compris aujourd'hui ces jugements débiles, soit, mais malheureusement méchants jusqu'à tuer sur l'orientation sexuelle de qui que ce soit... En lisant François Roux on se prend à espérer. On progresse. Un peu...
"La vie rêvée des hommes", c'est une très belle histoire d'un amour compliqué, mais c'est aussi à travers le romanesque l'occasion de parcourir l'Histoire de 1944 à nos jours.
Le droit de s'aimer lorsqu'on est du même sexe, ce n'est pas toujours simple même aujourd'hui, alors imaginez en 1944 !
C'est la fin de la guerre, nous sommes à Paris, deux hommes Stanley l'américain et Paul le français vont vivre ensemble une semaine inoubliable ! Un amour, une passion , sept jours qui seront pour Paul le point de bascule et la découverte de lui-même, de sa nature, le départ de l'acceptation.
Pas facile d'assumer dans les années 40, être homosexuel est considéré comme une tare, une dégénérescence, une maladie. On en a peur comme de la consanguinité, de l'alcoolisme ou de la toxicomanie. La répression est grande, les méthodes radicales : lobotomie ou castration chimique.
On va entendre tour à tour la voix de chacun. Stanley aux Etats-Unis, plus sûr de lui, il n'hésite pas à s'afficher plus ouvertement au fil du temps, à s'assumer. Paul, de l'autre côté de l'Atlantique en Bretagne, qui a du mal à s'accepter, à s'affirmer, il va se marier et fonder une famille afin de se fondre dans la société. Cette situation ne lui convient pas vraiment mais le regard des autres, les préjugés l'empêchent de s'épanouir pleinement.
Les deux hommes ne vont cesser de correspondre durant ces années.
Ce roman nous permet de vivre l'évolution du regard de la société concernant l'homosexualité. Il nous permet d'essayer de comprendre la frustration et les souffrances de ne pouvoir s'aimer au grand jour, de devoir se cacher avec un sentiment de honte infligé par notre société au fil du temps. La difficulté de subir les injures, la répression, l'homophobie malheureusement encore trop souvent présente.
On va suivre le point de départ à Manhattan du mouvement reconnaissant petit à petit le droit aux gays de passer de la clandestinité au grand jour, le chemin sera long passant par la période Sida, l'événement d'Act Up et l'arrivée du Pacs.
C'est un récit poignant, un bel hymne à l'amour. C'est passionnant, bien documenté. Un livre que je n'aurais sans doute pas lu sans ma participation au jury Filigranes. Merci à Marc et son équipe pour cette magnifique lecture.
Un livre à lire absolument pour comprendre la différence et permettre plus de tolérance et permettre à chacun de s'aimer ouvertement.
C'est un coup de coeur ♥♥♥♥♥
Les jolies phrases
Le vrai mensonge est celui qu'on se donne à soi-même, pas celui qu'on donne aux autres.
Il ne voulait ni se mentir à lui-même ni rassurer sa solitude. Il s'estimait plus fort que cela, il se voulait libre dès lors qu'il est soumis à un ordre qui le muselle et le contraint à des accommodements qui vont à l'encontre de sa nature.
Stanley avait révélé à Paul quelque chose de prodigieux que personne d'autre n'aurait pu lui faire découvrir. Ce n'était pas seulement le fait de coucher avec quelqu'un du même sexe qui l'avait bouleversé, cela tenait à la personne même de son Américain. Leur rencontre, bien qu'essentiellement charnelle, avait réconcilié Paul avec lui-même, avec ses pulsions mais aussi avec son esprit, il avait inscrit son désir dans une légitimité inconcevable avant de le connaître. Désirer Stanley, l'aimer de toutes les façons dont ils s'étaient aimés n'était plus un crime avec un homme tel que lui, ce n'était ni sale, ni avilissant, ni contre-nature, contrairement à l'opinion que la conscience publique en avait - à commencer par le Paul d'avant guerre. Stanley, en raison de son côté inaccessible et brillant, l'avait fait grandir et se respecter davantage. Il l'avait d'une certaine façon allégé du poids que constituait l'épreuve de naître différent, dans une région déjà encline au secret, où l'exposition de soi et de ses démons intérieurs relevait presque du péché.
Et si l'homosexualité était réellement un fléau social comme venait de le proclamer le gouvernement, une tare au même titre que l'alcoolisme, la toxicomanie, la prostitution ?
Je suis différent des autres hommes, mon fils. Je voulais que tu le saches. Je n'en suis ni fier, ni honteux, c'est comme cela, il n'y a rien à y faire.
Tu n'as pas à me juger. Non pas parce que je suis ton père mais parce que je n'ai rien choisi de ce que je suis. (...) J'espère seulement que tu auras le courage d'essayer de me comprendre.
Du jour au lendemain, Paul était devenu un rôdeur, un clandestin, un hors-la-loi, ce qui était loin de lui déplaire finalement : le goût de l'interdit pimente toujours les choses qu'elle que soit leur nature. Il vivait aussi cette situation comme une manière de contrarier les pressions morales d'une société qui lui gâchait l'existence; pour lui et tous les autres comme lui, c'était le moyen d'entrer en résistance contre un système de répression invétéré.
Oui, est-ce que tu as déjà eu des gestes d'affection pour un mec quand il y avait des gens autour de vous ? Est-ce que tu as déjà pris la main d'un homme ou roulé un patin à un type même si tous tes voisins trouvaient ça scandaleux ? Moi je l'ai fait et j'en suis fier. Je me suis fait tabasser à cause de ça mais ça n'a pas suffi à me calmer. Au contraire, ça m'a donné la rage, tu comprends? Ici vous passez votre temps à vous cacher pour faire des choses.
On le sait, ce ne sont pas les lieux en eux-mêmes qui fixent la mémoire, c'est grâce aux émotions qui y sont rattachées que nous pouvons garder tenace en nous le souvenir des choses.
L'homosexualité est un état parfaitement naturel, c'est même un état de fait, une manière de vivre, nous devons apprécier notre sexualité pour ce qu'elle est, sans jamais nous sentir inférieurs ou coupables. Notre but ultime est d'atteindre une vie totalement libérée ! Et nous y parviendrons.
La répétition est un ennemi impitoyable du bonheur.
C'est ce que les parents devraient normalement, donner à leur enfant l'impression qu'ils sont capables de le défendre envers et contre tout, de l'aimer, d'être fiers de lui, de l'élever, tu entends, papa, de l'élever, c'est-à-dire de le porter beaucoup plus haut qu'il ne pourrait le faire tout seul, c'est à ça que servent les parents, à faire grandir leur enfant, au sens le plus beau du terme.
Alors que l'histoire a tout pour être belle - une romance à distance entre un français et un américain sur plusieurs décennies -, la lecture m'a vraiment agacé. J'ai trouvé le style vraiment lisse et très convenu. Surtout, dès les premières pages, j'ai été surpris de constater que l'auteur utilisait des mots et expressions actuelles pour décrire la vie des années 40. Ce décalage entre les époques s'est retrouvé aussi sur le fond du propos : il nous décrit l'amourette entre les deux soldats en plein milieu de Paris, mais sans évoquer une seule fois la honte ou la difficulté d'être gay, encore plus à cette époque. On a l'impression de suivre deux gays dans Paris en 2025, qui se baladent tranquillement au grand jour (alors que c'est encore aujourd'hui parfois craignos). Heureusement, les chapitres qui suivent mettent progressivement en avant la question de la honte et de l'opprobre sociale.
Le décalage que j'ai ressenti a été accentué par ce que j'ai interprété comme étant des anachronismes (mais je ne suis pas expert donc peut-être que je me trompe) : en 1947 l'auteur évoque des fairies, en 1964 le français évoque le rapport Kinsey sans qu'on comprenne vraiment comment un marin breton gay rangé en a appris l'existence, en 1967 on parle de "DJ" puis dans les années 60/70 il est souvent question de coming out alors que l'expression me semblait plus récente.
Il y a aussi eu des comportements qui m'ont paru totalement déconnectés de la réalité de l'époque : le fait que l'américain dise ne pas avoir le courage de s'assumer en tant que gay, alors que dans les années 40 je doute que la question se posait réellement pour un bourgeois connu dans la société ; le fait que le personnage breton trouve du plaisir à pratiquer le cruising parce que ça défie l'ordre établi, sans insister sur toute la culpabilité qu'il peut ressentir en tant que père de famille considéré comme ayant des pratiques déviantes dans les années 60 ; le fait qu'il dévoile son orientation sexuelle à un adolescent voisin, qu'il ne connait pas plus que ça, en dépit du risque que ça se sache et que sa vie en soit totalement chamboulée ; son amant artiste parisien qui débarque en Bretagne tout flamboyant, inconscient du regard social et des enjeux de discrétion...
J'ai eu vraiment du mal à être convaincu par la romance entre les deux personnages principaux. On comprend un peu mieux le personnage de l'américain avec la révélation à la fin, mais quand même : pourquoi il s'attache au français alors qu'il semble avoir vécu des centaines de fois des expériences similaires tout au long de sa jeunesse ?
Et le passage sur Stonewall m'a vraiment agacé car il insiste trop sur "les hommes", "les gays", sans évoquer plus de deux ou trois fois les drag queens et trans, les butchs et lesbiennes (sauf la scène d'arrestation bien sûr). Ça donne vraiment l'impression que l'auteur a souhaité cocher toutes les cases des grands moments du monde gay du XXe siècle (les bars clandestins, Stonewall, le sida, le PACS), et qu'il s'est senti obligé de les intégrer à son histoire. Mais comment être convaincu par le fait qu'un ultra bourge se retrouve à participer aux émeutes ? Tout semble tellement forcé.
Une magnifique saga gay qui traverse les années, entre la France et New-York, suivant des personnages qui vivent diverses réalités gays, divers styles de vie à travers l'homophobie, l'acceptation, le refoulement, les émeutes de Stonewall, la montée du sida, etc. Le seul défaut : j'en aurais pris plus, beaucoup, beaucoup plus sur chaque personnage. Cet ouvrage aurait pu être une série de plusieurs romans. 💚
Un très beau roman qui vous raconte la vie de deux hommes dont la simple rencontre, éphémère, a modifié leur vie et façonnée leur cœur.
Ce livre, on pourrait dire que ce sont deux romans en un seul, avec un fil rouge, sensible et délicat : celui de l'amour et de l'attachement, celui du premier amour, celui que l'on oubli jamais, qui reste à nos côtés toute la vie, celui qui reste intact. Ainsi, de 1944 à nos jours, Stanley et Paul se racontent, font des choix, parfois bons, parfois mauvais, ils se trompent, trébuchent et se relèvent. Au fil du temps, Stanley et Paul, chacun différemment de par leur milieu social et géographique, vont être confrontés à ce qu'ils sont, vont affronter des tempêtes, gravir des montagnes et voir l'évolution de leur condition d'homosexuelle évoluée au fil des années, pour enfin leur laisser un peu de liberté. Mais à quel prix ?
J'ai beaucoup aimé ce roman car l'auteur a su décrire des périodes difficiles et des choix pas faciles tout en délicatesse, en nuances et en sincérité. Nos deux personnages principaux sont attachants et si réels, que l'on arrive à se demander si cette histoire n'est pas une histoire vraie.
Les descriptions des époques, des paysages... tout est remarquablement bien décrit, si bien que nous voyons largement les évolutions, en tout, au fil des années. Et même si la condition des homosexuels est meilleure maintenant, elle n'est toujours pas égale à celle des hétérosexuels, malheureusement. Il reste encore un bon bout de chemin pour qu'ils puissent vivre pleinement leur vie, leurs amours et leur liberté.
La plume de l'auteur est juste parfaite. Elle est fluide, délicate et percutante à la fois. Une plume qui raconte en douceur la fragilité des hommes, leur vie rêvée, et qui raconte avec sensualité et délicatesse l'amour, mais aussi les drames. Une plume qui vous transmet des émotions, des rires parfois et des larmes souvent.
Il est difficile d'en raconter plus, car au final, ce roman, il se lit et il se vit ! Tout simplement.
En bref, un gros coup de cœur pour ce sublime roman, que j'ai fini en larmes. Des destinées et des amours entremêlés, un livre émouvant, instructif, une histoire passionnante qui traverse les décennies, le tout écrit avec brio, tout en émotion et pureté : une très belle plume.
Véritable coup de cœur, je recommande vivement! Ecrite avec beaucoup de sensibilité et de respect, l'histoire suit la vie de deux soldats homosexuels à partir de leur rencontre après la Seconde Guerre mondiale. Le façonnage de leur personnalité est décrit au cours des différentes étapes de leur vie, et ce à travers l'évolution des mœurs au fil des années. L'histoire m'a incité à la réflexion, et en même temps profondément touché sans tomber dans le piège de la sentimentalité. Les réflexions faites sont très justes et nuancées.
Un bon livre, très bien écrit, sans voyeurisme, avec sensibilité, sur des années de combat pour la reconnaissance au quotidien du droit à l homosexualité.
Les personnages sont bien, le début embarque immédiatement, il y a du souffle mais il me manque l émotion, ou c est juste un sujet qui me touche moins que d autres, donc je ne suis pas totalement convaincue, malgré l absence de défauts. Un peu trop lisse peut être...
Quand on parle de récit queer, d'autant plus quand ce récit commence pendant la seconde guerre mondiale, le drame n'est jamais loin et ce livre ne fait pas exception. L'écriture de François Roux nous plonge dans le récit intime de deux hommes dont l'amour est leur drame. On suit Stanley et Paul tout au long de leur vie, pavé d'amour, de lutes et de secret. On a pas envie de le finir.
Quelle belle histoire ! Je ne sais pas expliquer sans tout dévoiler mais je ne voulais pas reposer ce livre. J’ai pleuré plusieurs fois car il y a des moments très tristes mais malgré ça, l’un des meilleurs livres gays que j’ai lu depuis longtemps.
J'ai lu La vie rêvée des hommes de @francoisroux . Merci beaucoup aux éditions @albinmichel pour cette belle découverte.
" Stanley et Paul se sont aimés une seule semaine de leur vie, il y a près de cinquante ans de cela, et pourtant ils n'ont jamais cessé de penser l'un à l'autre pendant toutes les années qui ont suivi "
🅲🅷🆁🅾🅽🅸🆀🆄🅴 1944 fin de la guerre. Paul a 19 ans à peine, Stanley bientôt 30 ans. Ils sont soldats, l'un français, l'autre américain. Ils vont s'aimer intensément le temps de quelques jours. Malheureusement Stanley doit retourner chez lui où sa famille l'attend. Ces moments intenses ils ne les oublierons jamais.
🄼🄾🄽 🄰🅅🄸🅂 une histoire d'amour interdite poignante et touchante. Nous sommes dans l'intimité de ces deux hommes de 1944 à nos jours, c'est beau et fort, ils vivent à des milliers de kilomètres mais ne se sont pas pour autant oubliés. À travers l'histoire de Paul et Stanley, on assiste à la clandestinité, à l'homophobie et à une lutte sans merci pour la défense des droits homosexuels. J'ai aimé ces deux hommes si différents. Paul veut garder les apparences, il a peur d'être stigmatisé alors il se cache dans une vie d'hétérosexuel. Stanley par contre est à l'opposé, il a soif de liberté et aimerait crier haut et fort son homosexualité. Tous ces hommes m'ont touché par leurs histoires si différentes mais si proches. Paul, Stanley, Luca, Milo...
🄲🄾🄽🄲🄻🅄🅂🄸🄾🄽 c'est beau, c'est fort ! une magnifique histoire, très touchante qui nous montre la force d'un amour interdit et qu'à cause de l'esprit étriqué des gens et des mentalités ils ne peuvent pas s'aimer comme ils veulent. Ce qui malheureusement de nos jours est encore trop présent !
Waou ! Une vraie claque dans la figure. Un roman bouleversant, poignant et criant de vérité sur l'homosexualité à partir de la libération de Paris en 1944 à nos jours. Je n'ai jamais rien lu d'aussi beau et de fictif sur le mouvement LGBTQ+... Si émouvant, si touchant,...
La plume de François Roux sublime à merveille la rencontre entre Paul, le soldat français et Stanley, le soldat américain plus âgé, riche, qui va lui faire découvrir les joies du plaisir "interdit" entre deux hommes. Une relation qui ne sera vécue qu'une unique semaine puisque Stanley retournera ensuite dans son pays. Mais un amour qui n'est pas prêt de s'éteindre et qui restera gravé en eux pour toujours...
Durant "La Vie rêvée des hommes", on suit leur correspondance et leurs nouvelles rencontres. On découvre leur évolution chacun dans leur pays respectif au gré des années et des difficultés liées à la clandestinité de leur sexualité, jusqu'à la légalité tant attendue, à la fin de leur vie.
Séparé l'un de l'autre, ils feront tout pour vivre au mieux leur vie et leur sexualité dans une société aux esprits étriqués qui ne tolèrent pas les différences et qui n'est pas prête à accepter le changement.
Un roman intéressant sur les différences de mentalité entre Paris et New-York, entre la ville et la campagne, entre 1944 à nos jours. On en a fait du chemin pour arriver à l'acceptation et à la légalisation de l'amour entre deux personnes du même sexe ! Et même si la loi l'autorise désormais, ce n'est pas encore simple...
François Roux nous fait ressentir toutes les émotions par lesquelles passent les personnages grâce à leurs interrogations et leurs choix : faut-il avouer son homosexualité à ses parents? à ses amis? à ses collègues? à ses voisins? ou plus difficile encore... à ses enfants? Doit-on se marier avec une femme pour faire taire tout soupçon au risque d'être malheureux des dizaines d'années durant et de détruire sa propre famille?
"La Vie rêvée des hommes" est un roman complet qui brasse tous les sujets liés à l'homosexualité : le plaisir de la sexualité, l'amour, les travestis, les "folles", les gays virils et efféminés, la honte et la fierté, le mariage, les enfants, le racisme entre hétéro/homo (mais également entre homosexuels !!!), les bars clandestins, les émeutes de 1969 qui ont donné naissance à la Gay Pride, le Sida et le VIH,... Très puissant ! On ne peut rester de marbre face à un tel récit.
Les personnages sont bouleversants et attachants... Je pense entre autre à Paul et le fils de son voisin, Lucas, homosexuel lui aussi. Mais également à Milo, Stanley,...
La fin de l'intrigue est sublime, à couper le souffle, féérique. Je crois qu'à ce jour, je n'ai lu une telle fin si belle, si poétique et si magique.
Bref, je tire mon chapeau à François Roux pour son dernier roman. J'en suis littéralement bluffée et je vous le conseille les yeux fermés. Vous en ressortirez changé et grandi !