Que reste-t-il de la petite Anna Lacourt dans la vie maîtrisée d’Anna Gauthier, la femme épanouie et respectée de tous ? Un roman implacable sur une construction sociale qui s’effondre, une réflexion fascinante sur les racines du mal.
Anna Gauthier mène une existence à l’abri des tourments entre sa pharmacie, sa villa surplombant la mer et sa famille soudée. Dans un climat social inflammable, un incident survient et son fils Léo, lycéen sans histoire, se retrouve aux prises avec la justice. Anna assiste impuissante à l’écroulement de son monde, bâti brique après brique, après avoir mesuré chacun de ses actes pour en garder le contrôle. Qu’advient-il lorsqu’un grain de sable vient enrayer la machine et fait voler en éclats les apparences le temps d’un été ?
À travers un portrait de femme foudroyant d’intensité et d’émotion, Un tesson d’éternité remonte le fil de la vie d’Anna et interroge en un souffle la part emmurée d’une enfance sacrifiée qui ne devait jamais rejaillir.
Valérie Tong Cuong est née en banlieue parisienne. Après une adolescence chaotique, elle étudie la littérature et les sciences politiques. Elle travaille huit ans dans la communication puis lâche tout pour se consacrer à l’écriture (romans, nouvelles, scénarios) et à la musique.
Dans la famille Gauthier, Anna est pharmacienne, Hugues est chargé des affaires culturelles de la ville…Ils sont les heureux parents de Léo, lycéen comme les autres, ni premier de la classe, ni dernier, qui, comme tous les adolescents vit au rythme des copains, des fêtes, des examens. En ce week-end de mai 2010, des coups sonores sont frappés à la porte de la maison familiale aux premières lueurs de l’aube. Les gendarmes viennent arrêter Léo sans en préciser la raison. Le climat social de La France est tendu : le mouvement des gilets jaunes a repris de l’ampleur depuis le mois de janvier, Notre-Dame a pris feu en avril, le Rassemblement National arrive en tête des élections européennes de la fin mai. Dans ce contexte explosif, Léo s’est trouvé au mauvais endroit au mauvais moment. Ses parents, fort bien installés dans la société civile, reconnus, appréciés, voient leur vie bien rangée exploser en plein vol lorsque le feu des projecteurs se braque sur eux. C’est alors que les tessons fichés dans le cœur et le corps d’Anna recommencent à voir le jour… d’abord insidieusement, puis de plus en plus douloureusement.
Anna, qui a passé sa vie entière à se composer un personnage, à passer inaperçue, à naviguer entre les mailles de tous les filets voit remonter des souvenirs de son adolescence qu’elle avait savamment enterrés. Son être tout entier se décompose en mille éclats, mille fragments implosent alors à l’intérieur d’elle-même. C’est le début d’un voyage dans son passé. Un retour indolore pour son entourage, car « Elle sait le poids de l’apparence dans le contrat social. », mais un retour qui brise petit à petit, chaque partie de la vie qu’elle a mis tant d’acharnement à se fabriquer.
« Un tesson d’éternité » met d’abord en lumière le personnage d’Anna. Une mère terrassée par ce qui arrive à son fils, mais foudroyée par ses propres souvenirs. C’est le premier évènement, la violence de la procédure et le choc des accusations professées à l’encontre de Léo qui font ressurgir les souvenirs. Anna est née dans une famille modeste, voire pauvre. Toute sa vie, elle cherche à sortie de son milieu, et elle y parvient en épousant Hugues. C’est l’occasion pour elle de revêtir un masque qu’elle n’enlèvera jamais. « L’accomplissement d’Anna Gauthier s’est fondé sur la combinaison de deux principes : éliminer autant que possible l’incertitude et donner à voir ce qui est attendu. Chacune de ses décisions, chacun de ses choix résulte d’un calcul visant à supprimer le risque. Elle s’engage sur des routes dégagées, empruntées par d’autres avant elle. Elle n’accepte aucune proposition, aucun marché sans garantie. »
Valérie Tong Cuong m’avait déjà fracassé l’âme avec son roman « Pardonnable, impardonnable » à l’instant où les petits mensonges du quotidien, les arrangements que l’on fait avec soi-même sont révélés au grand jour lorsque le cœur d’un foyer est frappé par un drame. Elle est la conteuse sensible et fine des moments de vie quand le train déraille. À l’instant où la chair de sa chair s’égare, c’est tout l’équilibre savamment construit qui s’écroule tel un château de cartes. Les réactions entre l’homme et la femme sont rarement identiques et l’auteur les explicite brillamment. Le père est plus ferme, plus rationnel, et tend vers la punition proportionnelle à la faute commise. La mère est plus tendre, plus dans l’émotion, et aspire à trouver des circonstances atténuantes susceptibles d’excuser l’acte. Le gouffre qui les sépare devient de plus en profond, pour atteindre des dimensions vertigineuses quand l’un a caché à l’autre la véracité de sa propre existence en dissimulant, volontairement, un passé insoutenable.
C’est précisément à cet instant que les choses basculent. Que sait-on réellement des blessures de celle ou celui qui partage notre vie ? Combien de temps peut-on porter un masque sans qu’il se fissure ? « Moins de soixante-douze heures ont suffi à plonger leurs vies parfaites dans l’obscurité. », moins de soixante-douze heures pour que les vannes des souvenirs, des douleurs se réouvrent et ne puissent pas se refermer. Qui est véritablement Anna Lacourt, épouse de Hugues Gauthier, mère de Léo Gauthier ? La gestion de cette crise familiale aurait-elle pu être différente si Anna s’était confiée à son mari dès le début de leur mariage ? Valérie Tong Cuong narre l’emmurement volontaire de l’enfance construit pierre après pierre, année après année, avec patience et détermination. Puis, elle relate les dommages collatéraux qui apparaissent lorsque ce mur explose en « moins de soixante-douze heures. » De ce qui constituait une personne, ne reste que des fragments, des éclats, des tessons aux bords tranchants et affûtés.
« Un tesson d’éternité » est un roman d’une très grande sensibilité et d’une belle finesse d’analyse. En le refermant, j’ai vu la Merteuil dans le tout dernier plan du film de Stephen Frears (les liaisons dangereuses) lorsqu’elle se regarde dans le miroir, dépourvue de tout fard, après sa chute sociale, seule face à elle-même. Le poids des convenances enfin effacé, les blessures affichées, les douleurs révélées, les souvenirs dévoilés. « La vérité c’est qu’elle s’est faite pour eux. Ce n’était qu’une représentation supplémentaire dans le théâtre de son existence : elle s’appliquait à montrer aux autres ce qu’ils voulaient voir et ça fonctionnait. » Cette chute, nécessaire et salvatrice pour toute reconstruction est symbolique afin de retrouver sa personnalité si longtemps perdue de vue. Nous jouons tous un rôle, mais parfois il devient trop étriqué, trop éprouvant et trop lourd à porter. C’est mon interprétation de ce roman : l’existence nous oblige à revenir vers soi lorsque l’on s’en est trop longtemps éloigné, quelles que soient les conséquences et quel qu’en soit le prix.
Grandiose. Clairement mon second coup de ♥️ de la rentrée littéraire.
Le destin d’une famille brisée et le parcours tragique d’une mère meurtrie. Les persos sont ultra réalistes et complexes et Anna est une héroïne bouleversante et marquante. La plume est parfaite : les nombreux thèmes abordés sont traités avec énormément de justesse et les émotions transmises par l’auteure sont crédibles et renversantes.
Foncez, vraiment. J’ai absolument tout adoré dans cette histoire.
La famille Gauthier a tout d'une famille idéale : Anna est une jolie pharmacienne accomplie et très estimée dans cette ville où son mari, Hugues, est directeur des affaires culturelles. Ils habitent une magnifique demeure surplombant la mer et passent pour une famille unie. Leur fils Léo est un bon élève qui, comme tous les adolescents de son âge, navigue entre fêtes, sport et moments entre amis. Anna a de quoi être fière de son parcours, elle qui est issue d'un milieu plus que modeste. Cette belle réussite est l'œuvre d’une vie "fondée sur la combinaison de deux principes : éliminer autant que possible l'incertitude et donner à voir ce qui est attendu. Chacune de ses décisions, chacun de ses choix résulte d'un calcul visant à supprimer le risque. Elle s'engage sur des routes dégagées, empruntées par d'autres avant elle. Elle n'accepte aucune proposition, aucun marché sans garantie. Elle ne dépasse aucune jamais aucune limite, obéit aux conventions même lorsqu'elles sont stupides."
Pourtant, un matin des bruits étouffés dans la maison parviennent jusqu'à son lit : la police est venue arrêter son fils et décide même de le placer aussitôt en garde à vue... Tout s'effondre pour cette mère attentive et très consciencieuse. Dans un contexte explosif de tensions sociales liées aux gilets jaunes, Léo a dérapé, il risque fort de servir de victime exemplaire aux yeux de tous... Et c'est le début de la descente aux enfers pour Anna dont on découvre par bribes un passé fait de honte et d'humiliations. Peu à peu, les masques tombent, le drame déstabilise le couple et l’isole de ses amis devenus distants. Il faut trouver des appuis, se serrer les coudes et revenir aux fondamentaux.
J'ai réellement été touchée par le sort de cette mère aux prises avec la justice et son passé qu'elle a tenté d'étouffer. La photo de couverture me semble très bien choisie pour celle qui détenait ce "tesson d'éternité". J'apprécie énormément le style fluide et délicat de V. Tong Cuong, elle décrit les nuances des sentiments avec une grande sensibilité et sans excès. C'est à chaque fois un vrai plaisir de la retrouver !
Ce roman parle d'Anna. Son fils, Léo, 18 ans, se fait arrêter, dans la maison familiale. Le récit est entrecoupé de chapitres évoquant l'enfance et l'adolescence tragiques d'Anna. Cette histoire m'a intéressée du début à la fin, je l'ai d'ailleurs lue rapidement, c'est surtout que ça se lit vite. J'étais sensible aux difficultés d'Anna (et de son mari), concernant leur fils. Les réactions de celle-ci sont assez intenses, on sent que c'est un cauchemar qui s'abat sur elle. C'est bien qu'elle soutienne son fils, mais elle ne devrait pas accepter tout ce qu'il lui demande, je pense Ma note assez basse est due aux chapitres dans le passé. C'était dur à lire, et j'aurais probablement évité ce livre, si j'avais su qu'il traiterait de ces sujets. La fin est assez particulière C'est un livre dur, je trouve, je ne relirai pas, je pense.
Pas vraiment ce à quoi je m'attendais, ce livre pourrait rentrer dans la catégorie female rage! Les chapitres très courts avec cette écriture incisive en font une lecture rapide. Mais je dois avouer que la trame principale ne m'a pas particulièrement passionnée. Le personnage d'Anna était intéressant mais le livre beaucoup trop court pour que je puisse pleinement compatir avec elle. La fin ne m'a pas particulièrement surprise mais c'était ok. En résumé, une lecture rapide et prenante mais qui ne va pas trop me marquer.
Anna Gauthier symbolise la réussite : d’origine modeste, elle a réussi à gravir l’échelle sociale. Pharmacienne, elle est mariée à Hugues, qui occupe un poste important à la mairie de leur commune. Leur fils unique, Léo, passe le bac dans quelques semaines et s’apprête à intégrer une prépa. Cette famille vit dans l’opulence, une belle villa, de belles relations.
« Elle aime que tout soit sous contrôle, son contrôle. C’est le prix à payer pour garantir l’essentiel, c’est-à-dire cette vie choisie, construite, sa belle villa sur les hauteurs, sa famille solide, cette réputation, ce respect qu’on lui témoigne. »
Tout bascule le jour où Léo est arrêté. Il a frappé un policier lors d’une manifestation qui a mal tournée. Anna tombe des nues, ce doit être une erreur, son fils parfait de peut pas avoir fait cela. Les vidéos diffusées et tournant en boucle sur les réseaux sociaux lui confirme pourtant l’acte. Ce n’est pas possible, c’est un malentendu, son fils parfait s’est retrouvé au milieu de cette manifestation par hasard. Il va rentrer à la maison le soir même, il ne peut pas en être autrement…
Et pourtant, garde à vue, détention provisoire pour l’exemple, Léo se retrouve en prison, et toute la vie d’Anna s’écroule. Elle va mettre toute son énergie à aider et soutenir son fils, bec et ongles. Peu à peu, elle se rendra compte que son fils parfait ne l’est pas tant que ça, que son couple parfait se craquelle chaque jour un peu plus, que ses amis parfaits la lâchent impitoyablement. Cette descente aux enfers fera resurgir le passé d’Anna, après des années consacrées à le refouler au plus profond de sa mémoire. Le lecteur navigue entre présent, les visites d’Anna au parloir, les disputes avec Hugues et ses amis, et le passé, où l’on découvre en Anna une adolescente complexée, pauvre et apeurée. Son fardeau deviendra un peu plus lourd de jour en jour.
Anna, femme forte, qui aime tout contrôler, va perdre ce fameux contrôle. Non seulement elle n’aura plus aucune emprise sur sa vie présente, mais en plus, elle va se prendre en plein figure la réminiscence de son passé. J’ai adoré ce personnage. Derrière ce rôle qu’elle joue, elle se révèle si fragile. Cette faiblesse que personne n’a pourtant jamais soupçonné. Cette blessure profonde, qu’elle croyait cicatrisée, et qui s’ouvre à nouveau pour mieux la déchirer.
Valérie nous démontre par A+B comment un événement peut venir détruire le travail de toute une vie. La plume est juste, limpide, bouleversante. Elle embarque son lecteur dans un roman tout simplement inlâchable. Je suis une mère, j’ai ressenti la douleur d’Anna face à l’incarcération de son fils. La détention de Léo va changer profondément chaque membre de la famille. Hugues aura une sorte de rejet vis-à-vis de son fils, persuadé qu’il doit payer pour sa faute. Léo sortira bien trop vite de l’insouciance, basculant en une seconde dans un monde impitoyable où la loi du plus fort règne. Quant à Anna, elle va s’embourber dans la toile de sa vie jusqu’à l’ultime explosion, le fracas final.
« Ce moment précis où les proches, les familles prennent conscience du point de bascule, ce moment où ils commencent à glisser, avalés par un monde inconnu. Cette seconde où ils comprennent qu’eux aussi entrent en détention, d’une certaine manière. Qu’ils ne pourront plus choisir mais devront obéir. »
Des thèmes graves sont creusés, tels le harcèlement scolaire, le viol, la drogue, l’amour, et bien sûr l’incarcération. Même si ce dernier point est enjolivé par rapport à la réalité (c’est la lectrice de thrillers qui parle😀 ). Un portrait de femme touchant, foudroyant d’intensité, qui bouleverse profondément.
La fin libératrice pour Anna est brutale, mais finalement, complètement inéluctable. Elle m’a beaucoup affectée.
On ne peut s’empêcher de s’interroger sur les gens que l’on connait…Les connait-on si bien que cela, finalement ? Une lecture que je ne suis pas prête d’oublier. L’un des piliers de cette rentrée littéraire que je vous conseille absolument.
« Elle avait repéré, assises aux premiers rangs des amphis ou penchées sur les tables carrelées des laboratoires de chimie, les filles de bonne famille. Elle les avait observées durant presque six ans : leurs manières de se tenir et de marcher, de se vêtir, de parler et de rire, de tomber amoureuses, de se trahir, de s’embrasser, de se quereller avec détachement. »
Anna Gauthier, pharmacienne, et son mari Hugues mènent une vie lisse et confortable dans une belle villa surplombant un village du sud de la France. Ils sont les parents de Léo, élève de terminale sans histoire. Anna, issue d'un milieu modeste, a appris à jouer à la perfection la comédie sociale exigée par le rang où son mariage avec Hugues l'a hissée.
Lorsque la police vient procéder à l'arrestation de leur fils un matin, Anna et Hugues tombent des nues : Léo a frappé un policier lors d'une manifestation. Cet événement pourrait bien fissurer le masque et l'armure qu'Anna s'est appliquée à construire pour échapper à son passé et à son milieu...
Ce roman, premier que je découvre de l'auteur, est un vrai coup de cœur ! Je l'aurais lu d'une traite si j'en avais eu le temps. On s'attache inévitablement à Anna dont se dessine peu à peu le parcours pour tenter d'effacer les blessures d'une adolescence traumatisante. L'écriture percutante et intense de Valérie Tong Cuong montre avec justesse que cette forteresse ne tient qu'à un fil.
Pendant toute ma lecture de ce récit plutôt violent, je me suis demandée pourquoi la jaquette donne à voir une bulle de détente…
Car oui, ce roman est violent : d’abord parce que le fils d’une famille bourgeoise se retrouve en prison pour avoir frappé un policier.
Ensuite parce que nous découvrons par petites touches l’enfance de Anna, la mère : une enfance sous le signe de la soumission à la bande du quartier.
Anna a tout fait pour échapper à ses agresseurs et a profité de sa chance pour se construire une vie bourgeoise, propriétaire de sa pharmacie, vivant dans une grande maison surplombant la mer suite à un beau mariage.
Son fils fréquente les meilleurs écoles et Clubs avec son ami Tim, jusqu’au jour fatidique.
Un tournant après lequel Anna va se retrouver de nouveau seul.
J’ai aimé cette femme qui a tenté comme elle a pu d’ignorer ses blessures, tenté d’appartenir à un monde qui n’est pas le sien.
Mais je crois que je la préfère dans son geste final.
Une citation :
Elle pense à son propre sujet (du bac de philo) sur lequel elle planchait depuis plus de trente ans : L’homme a-t-il, par son action, le pouvoir de changer sa destinée ? (p.176)
L’image que je retiendrai :
Celle de l’importance de réseauter, même si ces fameux réseau ne lui servent pas à grand chose quand son fils est en prison.
Première rencontre avec Valérie Tong Cuong pour Un tesson d’éternité qui dresse le portrait complexe et meurtri d’une femme moderne à la quarantaine brillante. Son passé qu’elle a tellement tenté d’oublier, et de faire oublier, va remonter décuplé de violence lors de l’arrestation de son fils. Anna Gauthier est une pharmacienne installée dans le Village. Elle est mariée à Hubert, journaliste de formation, chargé du département culturel de la ville. Sa villa surplombe la mer. Ils ont un fils, Léo, en classe terminale, qui leur a aussi permis par ses loisirs d’avoir leur place dans la communauté des décideurs. D’ailleurs comme une prémonition, un reportage sur le vol d’un fond de teint dans la pharmacie, avait permis, grâce à la perspicacité d’Anna, de faire un reportage sur le comportement violent de la femme responsable. Ce qui va faire basculer cette famille à l’apparence idéale est l’arrestation de Léo ! Celui-ci a carrément tabassé un policier dans la manifestation de l’après-midi ! Certes, l’officier avait commencé en s’attaquant à une jeune fille, amie de Léo. Depuis, les chaînes d’infos sont en boucle ! Tout le monde y va de son commentaires repris en boucle sur les réseaux sociaux. Anne et Hubert découvre un monde insoupçonné où il faut obéir sans discuter. Le temps s’allonge dans une dimension irréaliste. Après l’arrestation, la prison devient préventive. Pour Anna, cette épreuve l’amène à soutenir contre vents et marées ce fils qu’elle aime tant ! Mais, à travers lui, c’est son propre passé qu’elle essaye de maîtriser, de contenir pour ne pas revenir à la victime qu’elle était durant son enfance ! Difficile d’en dire plus sans dévoiler l’intrigue écrite de façon froide et même glaçante, qui va entraîner implacablement Anna a tombé le masque. A travers ce tesson ancré à jamais dans le corps de son personnage, Valérie Tong Cuong montre qu’il est impossible d’oublier son passé ou de faire comme si il n’avait pas existé. La suite ici https://vagabondageautourdesoi.com/20...
“Такова цена, которую нужно платить, чтобы обеспечить главное: жизнь, которую она сама выбрала, сама построила — прекрасную виллу на холме, крепкую семью, репутацию, всеобщее уважение.”
Внешне благополучная семья среднего класса, вхожая во все круги общества маленького городка. Их все видят, у них есть нужные связи. Анна - владелица небольшой аптеки, которую любят клиенты за ее профессионализм и любезность. Юго - помощник мэра по делам культуры, умеющий оказывать нужные услуги и всегда полезный. Их 18-летний Лео заканчивает школу и уже зачислен в университет. Кажется, что мерное течение жизни предопределено.
Только вот однажды утром в их дом вламывается полиция и арестовывает Лео за нанесение тяжких телесных повреждений. Первый шок и неверие сменяется злостью и постепенно раскрывает ложь и притворство современного общества, которое умеет отвернуться за секунду и оставить еще вчера лучших друзей в беде. Анне как и всегда в этой жизни приходится принимать сложные решения, переступать через себя и все так же держать маску, с которой ее все знают.
Социально-семейная драма о двуличности мира, тайнах закрытых дверей и глубоких детских травмах. О масках, которые мы носим, и переменчивости мира. О необходимости сознавать ошибки и осознавать горькую правду за красивой картинкой.
Книга, которая, вероятно, пройдет мимо 99% читателей, но тем редким, кто возьмет ее в руки, задаст множество неудобных вопросов.
Книга короткая и вы сможете прочесть ее за вечер или два. Не ждите глубоко философских размышлений, но в качестве представителя социальной драмы - как глоток свежего воздуха! ⭐⭐⭐⭐★ 4.5/5
Ce roman de Valérie Tong Cuong est le premier que je lis de cette auteure . Déflagration, coup de poing dans la gueule mais pas coup de coeur! Anna s'est hissée à la force du poignet hors de son milieu social , a parcouru un chemin parsemé d'embuches et vit sur une crête fragile; Bien mariée, installée dans sa vie professionnelle, diplômée supérieure, propriétaire de son officine de pharmacie, Anna est semble t'il une femme comblée. Elle a réussi, son fils Léo va passer son bac et entrer dans une école bien côtée, elle est reçue dans le microcosme du Village où se cotoient les personnalités de la ville..; Et un jour sans prévenir son monde s'écroule. Léo est interpellé suite à une manifestation et de charybde en scylla ... L'écriture de Valérie Tong Cuong est implacable, la plume semble lisse mais sait frapper là où cela fait mal.. Une lecture difficile pour moi , un texte d'une violence inouïe et un ressenti de mal-être intense. Merci aux éditions J.C Lattès pour ce partage via Netgalley #Untessondéternité #NetGalleyFrance
Anna mène une vie parfaite. Issue d'un milieu modeste, elle a réussi à s'en sortir, a fait un beau mariage, est devenue pharmacienne et a un fils parfait de 18 ans, en terminale avec un brillant avenir. Mais cette bulle de perfection va exploser lorsque son fils est arrêté un matin par les gendarmes pour violences volontaires sur un policier dans une manifestation. Non seulement cela va raviver des souvenirs de son enfance qu'elle avait soigneusement enfoui mais aussi les relations hiérarchiques inévitables dans ce monde bourgeois où tout n'est qu'apparence. Elle est pour toujours Anna, fille modeste, traumatisée par la vie face à ses "amis" de bonnes familles. Que reste t il de la vie qu'on s'est patiemment construite quand tout explose. Les facades finissent elles toujours par s'effriter. Un roman qui évoque et dissèque une partie de la société à laquelle tant de gens aimeraient appartenir.
Valérie Tong Cuong est une autrice que j’apprécie. J’ai souvent entendu des critiques qui l’étiquetaient comme productrice de "roman de gare". Mais quelle que soit la connotation péjorative que cela évoque pour certains, il me semble que Valérie Tong Cuong parvient toujours à délivrer des portraits humains, touchants et vrais dans un langage relativement simple. Cela aussi c’est de l’art. "Un tesson d’éternité" est un livre vraiment très réussi. Sombre et implacable, cette histoire démontre comment un élément apparemment mineur peut faire exploser le vernis d’une vie que l’on s’est efforcée de (re)construire année après année et nous faire replonger dans le chaos que l’on s’était patiemment évertué à effacer. Un roman prenant, poignant, brûlant et fort à lire d’une traite.
Anna Gauthier est pharmacienne, elle a épousé Hugues, attaché culturel à la mairie et leur fils Léo de 18 ans est un étudiant brillant qui doit passer le bac dans quelques semaines.
Ils occupent une superbe villa surplombant la mer, font partie de la société reconnue du coin, ont de nombreux amis. Ils comptent dans la vie de la bourgade. On vient de proposer à Anna d'intégrer un poste important dans une société bio tech, récompense de nombreux efforts et sacrifices depuis des années pour elle qui vient d'un milieu social très modeste.
Tout est pour le mieux dans le meilleur des mondes possibles, l'avenir semble enfin serein sauf que ... un tout petit grain de sable va chambouler tous ces espoirs.
Un matin tout bascule, la gendarmerie sonne à la porte aux aurores et embarque Théo menotté sans la moindre explication !
D'un seul coup tout s'effondre !
Incompréhension, injustice, colère , commence ainsi le combat d'une mère.
Léo est confronté à l'univers carcéral, sa violence, son manque d'humanité. Tout ce monde décrit par Valérie Tong Cuong avec un réalisme effarant : les cris, les odeurs, les parloirs, la promiscuité, la violence.
Anna va se battre comme une lionne pour sauver son fils, cet élément va faire ressurgir son passé, les traumas enfouis, tout ce pourquoi elle a voulu être qui elle est.
Ce roman à la plume sensible, chirurgicale, juste c'est celui du déterminisme social, celui de la souffrance d'une mère qui depuis son enfance n'avait que deux alternatives accepter ou se battre, être dominante ou dominée.
Elle avait choisi de refouler ses blessures, ses manques, d'être et de paraître, de s'élever socialement envers et contre tout.
Valérie Tong Cuong décortique avec finesse et brio la psychologie complexe de l'être humain. C'est fulgurant ! A lire de toute urgence.
Encore un joli coup de coeur ♥♥♥♥♥
Les jolies phrases
L'accomplissement d'Anna Gauthier s'est fondé sur la combinaison de deux principes : éliminer autant que possible l'incertitude et donner à voir ce qui est attendu.
Ma fille, ne vise pas trop haut si tu n'as pas le bon arc.
Ce qu'elle a en tête, ce n'est pas cette scène d'un gamin excité qui semble fasciner le pays en entier, c'est Léo assis seul, dos au mur.
Elle sait depuis toujours que chaque être humain porte en lui d'indicibles secrets. Il lui arrive parfois lorsqu'elle marche dans la rue, d'être piquée par cette idée et de ne plus penser qu'à cela, à chaque visage croisé : quel secret portes-tu, toi, et toi aussi, et toi encore. Quelle honte, quel crime, quel mensonge ? ces masques au poids variable, personne ne les ôtait jamais entièrement, elle en était persuadée. Jusqu'à sa mort, chacun conservait sa part d'inavouable, qu'il s'agisse de se protéger ou de protéger autrui, qu'il soit victime ou coupable.
La porte de l'autre monde vient de s'ouvrir en grand, comme elle s'ouvre à ceux qui savent la puissance des rôles et des masques.
Anna avait éprouvé l'ivresse de l'alpiniste approchant le sommet de l'Everest et contemplant la courbure de la terre, le corps épuisé mais plus vivant que jamais. Ainsi, quelque vingt-cinq ans après s'être libérée de ses chaînes, poursuivait-elle encore son ascension !
La vérité, c'est qu'elle s'était faite pour eux. Ce n'était qu'une représentation supplémentaire dans le théâtre de son existence : elle s'appliquait à montrer aux autres ce qu'ils voulaient voir et cela fonctionnait. Il y avait un prix à payer bien sûr, c'était épuisant de se surveiller, de chercher constamment dans l'oeil d'autrui la validation de ses efforts, épuisant de surmonter la crainte lancinante d'être rattrapée par le passé, mais à force de pratique, c'était devenu un état naturel, cette hypervigilance, une ligne de crête qu'elle suivait avec la certitude de servir un enjeu vital.
D'où Anna venait, le monde n'était pas régi par des règles mais par la loi du plus fort, et le plus fort contrôlait par la peur. Les règles apparaissaient comme des balises sur son chemin, une rampe à laquelle elle pouvait se tenir pour grimper plus vite.
N'a-t-il pas toujours su que cette amitié comportait des limites ? N'est-il pas responsable de les avoir ignorées ? A la seconde où ils ont pénétré dans la cour du lycée, il est devenu évident que Tim en serait le roi. Tim était le fils de, Tim possédait l'assurance innée que confère l'argent lorsqu'il coule à flots, autour de lui on se pressait, on cherchait à lui plaire, on espérait être l'élu(e)n la petite amie ou le meilleur ami - et on prétendait être une bande de copains égaux en droits et en devoirs, alors qu'une indéniable et pesante hiérarchie organisait les relations. Lorsque Léo avait décroché cette place de choix, celle du meilleur ami, il était implicite qu'elle comportait une servitude; Implicite aussi qu'il ne serait rien de plus, un simple satellite gravitant autour du soleil, et c'est sûrement pour cela qu'elle lui avait échu, les autres ne se seraient pas contentés de jouer les seconds rôles, mais à lui, cela paraissait correct, il serait le Sam de Frodon, le Robin de Batman. Il avait laissé Tim déguiser son sentiment de supériorité en générosité, usant et abusant du portefeuille parental.
Respectable Yugo and Anna Gauthier. He is the assistant mayor of their small town, she is the co-owner of a large pharmacy, their son Leo is finishing school. Her husband's parents raised him in a villa with a wine cellar, where Anna, Yugo and Leo now live, they remember Anna's low birth, elegant, businesslike, highly respectable and took care of all the family.
And she herself tried to forget about her childhood, and maybe she would have succeeded in this if not... An early knock on the door: "Open up, police!" ended the happy time of their lives. Leo is arrested for assaulting a law enforcement officer. During a protest demonstration that turned into a clash, where a group of golden youth happened to be by chance, one of the policemen grabbed his girlfriend and the guy attacked him, hitting him with a heavy backpack. The security forces do not forgive civilians for taking liberties with themselves.
The hell that the life of a domestic boy, beloved by his parents, has turned into is external, his mother has been in the inner since the moment of arrest, and I will not say that it is easier for her. The memory of the bullying and humiliation she was subjected to at school, not having the courage to confess to her parents, not believing that they would want and be able to protect her, returns and burns with lava emissions.
Anna is fighting alone, it is unbearably hard to read / listen about it, although it is written and translated. the audio reads remarkably well. I will not reveal the plot, I will only say that "Hit. Run. Freeze" by Valerie Tong Kuong is one of the best books by Belle Letre.
Женщина на грани Ах, Франция, нет в мире лучше края! - Вскричали две княжны-сестрицы, повторяя Урок, который был им с детства натвержен. Для современного аналога грибоедовских княжон Франция, тоже должна быть чудесным краем. Когда можешь позволить себе отели класса Oetker, шопиться в бутиках модельных домов, обедать и ужинать в ресторанах - любое место порадует, что уж говорить о гастрономическом рае и чарующих пейзажах ля бель Франс. Жители страны смотрят на нее с другого ракурса, даже те из них, кто ведет вполне респектабельную жизнь, как Юго и Анна Готье. Он помощник мэра их небольшого городка, она совладелица крупной аптеки, их сын Лео заканчивает школу и собирается поступать в престижный ВУЗ. На Лео семья Готье возлагает большие надежды, парнишка симпатичный, общительный, они с детства выстраивали его жизнь так, чтобы в круг общения мальчика входили отпрыски лишь элитных семейств - горизонтальные связи формируются в детстве, а служат потом всю жизнь.
В теннисном клубе Лео, общаясь с родителями его друзей, они и сами немало полезных знакомств завели, продвинулись по социальной лестнице. И если для выходца из верхушки среднего класса Юго это лишь закономерное продолжение семейной линии, то для Анны - о, для Анны возможность окончательно отряхнуть со своих ног ту грязь, из которой невероятными усилиями выбралась. Если вы сейчас подумали, что героиня детдомовка или росла в трущобном районе, то нет. Она из почти такого же маленького городка, дочь владельцев магазинчика шаговой доступности. По сути, тоже плоть от плоти среднего класса, только нижнего слоя. Родители мужа растили его на вилле с винным погребом, где теперь живут Анна с Юго и Лео, но владельцы недвижимости по-прежнему свекры, они лишь перебрались в свой другой дом. И помнят о низком происхождении Анны, элегантной, деловой, в высшей степени респектабельной и взявшей на себя все заботы о семье.
А сама она постаралась забыть о своем детстве, и может быть преуспела бы в этом, если бы не... Ранний стук в дверь: "Откройте, полиция!" - окончил счастливую пору их жизни. Лео арестовывают за нападение на сотрудника правоохранительных органов. Во время демонстрации протеста, перешедшей в столкновение, где компания золотой молодежи оказалась случайно, один из полицейских схватил его девушку и парень набросился на него, лупя тяжелым рюкзаком. Время смартфонов мгновенно завирусило видео, сделав Лео Готье очередной иконой протестов и лишив родителей возможности как-нибудь тихонько уладить дело. Хотя вряд ли это было возможным изначально - силовики не прощают гражданским вольностей в отношении себя.
Ад, в который превратилась жизнь домашнего, любимого родителями мальчика внешний, его мать с минуты ареста пребывает во внутреннем, и не скажу, что ей проще. Память об издевательствах и унижениях, которым подвергалась в школе, не имея мужества признаться родителям, не веря в то, что захотят и смогут защитить ее - возвращается и жжет выбросами лавы. Она бьется за своего мальчика, пока Юго отодвигается все дальше от "твоего сына", который подвел, оказался недостойным вложенных в него усилий. Лучший друг Лео, сын влиятельных в городе людей (куда более влиятельных и богатых, чем они, внутри верхнего слоя среднего класса свои градации. а может эти люди по местным меркам вовсе высший класс), отказывается давать показания в его пользу, чтобы не испортить репутацию, и отец принимает сторону этих людей.
Анна бьется в-одиночку, читать/слушать об этом невыносимо тяжело, хотя написано, переведено. прочитано в аудио замечательно хорошо. И нет, я не буду раскрывать сюжета, скажу лишь, что "Бей. Беги. Замри" Валери Тонг Куонг одна из лучших книг Бель Летр, а читала я у них примерно все.
Wow! Suspense from the beginning to the end. How a middle class family's life and reputation can change after the mistake made by an adolescent as well as how the past always catches up with you in the end, however much you want to hide it. A riveting read from beginning to end.
La partie sur la vie de la mère est vraiment celle que j'ai préférée. N'étant pas adepte de romans qui se rapprochent beaucoup de la réalité, j'ai trouvé la tension exercée dans celui-ci est prenante, on a beaucoup de compassion pour les personnages
если вам нужен симулятор птср или вам зачем-то очень хочется сделать себе больно можете конечно почитать эту книгу. я считаю себя толстокожим читателем, и каждый раз, когда мне какую-то историю преподносят как "уничтожающее стеклище" обычно я не впечатляюсь, но это было ужасно, гнетуще и пугающе
C'est une écriture remarquable, je souhaiterais que plus d'auteurs sachent écrire comme cela. Par contre, le sujet du livre est dur, et traite de milieu carcéral, donc j'ai arrêté ma lecture, cela ne me convient pas.
Interpellant! J’ai adoré la lecture de ce roman au cours duquel j’ai été amenée à me poser plein de questions sur la manière dont je réagirais si j’étais à la place d’Ana. Il est également interpellant car il met en œuvre une faille bien rangée dont la vie vole en éclats en si peu de temps. L’autrice décrit des situations impossibles, amenant à faire des choix qui bravent les principes et valeurs auxquels on croit. J’ai également été happée par la plume de l’autrice, j’ai vraiment adoré, je l’ai trouvée poétique. Le récit comporte également des retours en arrière dans l’enfance et l’adolescence d’Ana, ce sont celles qui m’ont retourné le cœur. La chute de l’histoire laisse également libre cours à notre imagination, tout en apportant une fin cohérente à l’histoire. En bref, une excellente lecture pour moi, d’autant que ce n’est pas un très long roman, mais on y retrouve de la profondeur.