Peu après la première guerre mondiale, pour fuir l’atmosphère compassée d’une adolescence bourgeoise, Carmen s’engage comme marin sur un bateau de pêche en Mer du Nord. Afin d’exercer ce métier réservé aux hommes, elle doit se vêtir comme eux, adopter leurs gestes, dissimuler son identité. Elle ne sait pas encore que ce départ est le premier d’une longue série. Bientôt, c’est la danse qui lui révélera une autre dimension du monde. Et qui fera entrer dans son existence son double lumineux, compagne et indéfectible amie, Hélène.
Des mers froides jusqu’à l’île de Java, de son engagement dans la Résistance jusqu’à ses derniers jours de femme âgée, les épisodes de la vie de Carmen sont autant de jalons sur les chemins de la liberté. Où, toujours, les expériences du corps vont de pair avec un moment d’initiation politique.
Hymne à l’amitié, récit d’une émancipation féminine au cours du XXe siècle, S’en aller montre subtilement comment les luttes des femmes d’aujourd’hui font écho à celles de leurs aînées à travers l’Histoire. Carmen est l’une d’entre elles.
Coup de cœur pour ce premier roman à l'écriture délicate et moderne.
Carmen est une jeune femme qui se cherche. On la découvre en 1924, en prise avec le vent, le sel et l'âpreté du travail à bord d'un bateau de pêche. Elle se mêle aux hommes en adoptant leurs gestes, leur voix et découvre les revendications salariales de ces pêcheurs.
À son retour, Carmen va découvrir la danse et plus précisément la technique d'Isadora Duncan, qui va lui permettre d'accéder à son corps et donc à une nouvelle conscience de soi. Elle rencontre également Hélène, avec qui elle va nouer une intense relation amoureuse.
Elles vont se construire ensemble et partir pour Java, se confrontant aux danses traditionnelles et à d'autres réalités. "Elles comprennent que c'est cela aussi, cela surtout, les colonies: laisser faire d'autres mains que les leurs".
De retour en Europe, Carmen va entrer en résistance et en payer le prix fort. Lors du dernier épisode de sa vie, elle rédige son testament matrilinéaire: "il n'y aura ni famille, ni homme parmi ses héritiers". Sur le temps qui passe et la soi-disant sagesse du grand âge, elle constate: "elle ne comprend pas mieux, le monde ne lui semble pas plus clair. Le temps n'atteint que la surface. Il ride les peaux mais laisse les questions en suspens".
J'ai aimé ce beau roman au personnage principal à la fois fort et fragile, balloté par la vie et l'Histoire, qui se cherche et apprend à vivre sans l'approbation des autres. L'écriture est très belle, quasi sans dialogue, avec un bel équilibre entre les sentiments et la place du corps. J'ai été fascinée par les descriptions du mouvement et de la danse, si difficile à saisir. "Comme si la musique, agitant les particules de l'âme, guidait les mouvements du corps et achevait d'en cicatriser les plaies".
C'est un livre très dense, qui couvre un paysage géographique et temporel très large, nous offrant une perspective unique sur le XXème siècle. Une lecture féministe et sociale avec une magnifique écriture. A découvrir sans tarder!
It took me a long time to read this book. It’s not that long, but the first part is very meditative and not much happens, so I took to reading a bit and then putting it aside for a week or two. Having finished Held and being at home with a cold, I picked it up again and got quite absorbed in the last two parts.
The title refers to the main character, Carmen, repeatedly crossing thresholds to live her life as an independent woman. The idea of a woman in the early 20th century disguising herself as a man and working on a trawler in order to escape the threat of a bourgeois marriage may seem implausible, but although it’s a novel, it is based on the experiences of the author’s great aunt. Later she meets her soulmate Hélène and they go to Java together to learn music and dance. The war section is more dramatic as after helping the resistance, Carmen ends up in Mauthausen. Returning home she tries to write about it and finds it impossible. This section is the most compelling. And finally Carmen confronts old age and the prospect of death, on her terms.
I bought this book because I heard Sophie d’Aubreby reading from it and the story intrigued me. It’s less dramatic than I expected, but its strength is in conveying the physicality of Carmen’s experiences, and her inner life. It’s better than I expected, and for a first novel is original and ambitious. There’s a review in French here.
Ce roman m'a paru long. Il raconte l'histoire d'une femme beaucoup féministe pour son temps, à travers diverses époques, avec plusieurs éléments clairement invraisemblables qui arrivent chez la même personne. L'écriture est belle mais peut-être même trop intense. Malgré tout, c'était quand même bien considérant l'histoire d'amour/amitié entre les deux femmes, le volet historique...
Intelligemment construit, ce roman combine une écriture subtile, tantot charnel, tantot spirituelle, et une histoire humaine, et plus spécifiquement une histoire de femme, de découverte et de construction de soi. Un plaisir intellectuel!
Récit d'une femme bourgeoise qui se déguise en homme pour être matelot ainsi que d'autres aventures ( lesbienne et de danse, la guerre) Très bons sujets mais l'écriture est mauvaise