De novembre 2016 jusqu’en avril 2020, Marc Séguin a tenu une chronique dans la section Débats de La Presse +. Pendant plus de trois ans, il a porté son regard sur les petites et grandes affaires du quotidien depuis sa fenêtre d’artiste, de chasseur, d’homme de la terre ; il a partagé des réflexions teintées de sa lucidité toute singulière, à la fois grave, bienveillante et souriante.
On dit de Marc Séguin qu’il a la discrétion des hommes de peu de mots. Dans ces pages pourtant, il a raconté son potager, le sirop d’érable, ses cochons, il a abordé la politique agricole, le territoire et l’immigration, il a évoqué ses enfants souvent, Trump parfois. Et toujours, il a parlé juste. Il a été attentif aux secousses qui ont ébranlé le monde, a écouté les voix qui se sont élevées et aussi le silence de la pluie. Puis le confinement est survenu, alors il a réinventé ses heures en même temps que nous.
Trente-sept chroniques sont réunies ici, accompagnées de dessins originaux de l’auteur.
Bon, je vais être honnête. J'ai été extrêmement déçu.
Si j'ai décidé de lire ce recueil qui traînait au chalet familial, c'est parce que Marc Séguin a un peu ce statut exceptionnel sur la place publique: celle du québécois parfait. Créateur mystique et gars du terroir. Artiste et gars ordinaire. Le gars qui parle aux artistes de Montréal, mais avec qui les gens de régions se sentent en confiance de parler. Il a vraiment une image privilégiée et euh, bon... ce recueil n'en est pas du tout à la hauteur. Pendant 37 chroniques, Séguin parle de ce que tout le monde parle et possède à peu près les même opinions que tout le monde à ce sujet.
Oui, Donald Trump est un fou furieux. Non, c'est pas bien que les gens aient autant de fusils à la maison au sud de la frontière. Que Marc Séguin me conforte dans mes opinions ou non, je m'en tape un peu même s'il m'en parle pendant qu'il fait bouillir du sirop d'érable avec ses filles. Sauf leur respect, c'est pas ça qui rend sont opinion plus crédible ou (plus important) intéressant. Le coeur de la chronique, c'est de viser l'angle mort du discours publique. De pousser la réflexion un tantinet plus loin. Pas de protéger sa marque, Marc.
Je vais probablement réessayer de lire Marc Séguin. Sa fiction ou sa poésie. La chronique, c'est pas son fort.
Des propos et des réflexions intéressants, mais un style un peu sec, j’aurais aimé les lire dans le journal au fil des mois et des semaines, mais avec des années de retard, dans un recueil, cela perdait malheureusement un peu de son intérêt. Le fond demeure pertinent, l’auteur à un point de vue, des opinions et quelques choses à dire, mais je m’attendais à un petit quelque chose de plus!
J’aime Marc Séguin depuis longtemps. Avant de le rencontrer dans un salon du livre et de me rendre compte qu’il était un ancien élève de l’école où je travaille. Avant de le faire venir comme invité d’honneur au Mérite scolaire de fin d’année. Avant de le recroiser l’an dernier au salon du livre et qu’il me reconnaisse et me demande des nouvelles. Marc Séguin est un artiste et un être humain spécial. Avec des convictions et la capacité de les défendre. Un artiste qui s’est fait connaître par ses peintures et des dessins, mais qui est maintenant reconnu pour les romans qu’il a écrits et les films qu’il a réalisés.
Affaires de terre et patentes d’artiste est un recueil de chroniques publiées dans La Presse entre 2016 et 2020. Nous y retrouvons les thèmes de prédilection de l’auteur (nature, forêt, chasse, agriculture, subsistance, territoire, famille, vie quotidienne) liés aux événements de l’actualité et aux crises qui ont secoué le monde au cours des dernières années. J’avais aimé lire les chroniques au fil des semaines, mais j’ai aimé la possibilité de les relire à la suite, comme un tout. Une belle porte d’entrée pour découvrir l’univers de cet écrivain.