Une histoire touchante mais qui n'a malheureusement pas su me toucher...
J'avais craqué sur ce livre sans trop d'hésitations, à cause du nom de l'autrice dont j'avais beaucoup aimé un précédent roman, et de la quatrième de couverture qui promettait un "hommage aux grands mythes littéraires qui nous façonnent". Et si j'ai retrouvé avec beaucoup de plaisir une écriture douce, simple et intime, qui m'avait tant plue dans Amours, j'ai été déçue en revanche par cette promesse que je trouve seulement partiellement tenue. En dehors d'Antigone, de Sophocle comme d'Anouilh, à laquelle le récit fait régulièrement référence, je n'ai pas déniché ces mythes littéraires auxquels je m'attendais. Et Antigone a beau être ma préférée, ça n'a pas suffit pour me convaincre. Au contraire même, elle est tellement sollicitée que je finis par trouver ça un peu facile de faire appel à cette figure.
Du côté du récit, si j'ai apprécié son intrigue presque contemplative, j'ai trouvé qu'il manquait un peu de complexité. J'attribue ça surtout à la longueur du texte, qui aurait pu être rallongé de quelques dizaines de pages, pour nous donner le temps de s'attacher aux personnages, et leur donner le temps à elles de construire une véritable relation. Il n'y a pas de surprise, on sait que des secrets de famille vont être dévoilés, et pourtant ils le sont d'une manière presque maladroite, trop hâtive. On aurait pu aussi, probablement, se passer du personnage de Jordan, particulièrement intrusif, et dont je n'ai absolument pas compris l'intérêt. Je pensais lire une histoire de femmes, de mère et de fille, mais celle-ci a été entachée d'un regard masculin assez déplaisant.
Je lirai encore d'autres romans de Léonor de Récondo, pour son écriture subtile, pour ses choix thématiques pertinents. Mais celui-ci ne sera définitivement pas dans mes préférés.