De novembre 1975 à octobre 1976, Serge Bouchard a voyagé avec des camionneurs dans le Nord-Ouest québécois. Son but : étudier et observer leur travail pour en faire le sujet de sa thèse de doctorat. Serge Bouchard et Mark Fortier ont transformé la matière de cette recherche ethnographique unique en un portrait vivant et pénétrant du monde des routiers. Il y est question de mouvement, de routes et de béton, mais aussi des célèbres « truck stops » où domine le personnage de la « waitress », de marginalité, d'infini, de solitude, d'accidents et, surtout, du plaisir d'être camionneur.
Serge Bouchard est né à Montréal en 1947. Diplômé des Universités Laval à Québec et McGill à Montréal, il a d’abord été chercheur dans le domaine des études nordiques. Spécialiste des questions amérindiennes, il a touché à de nombreux champs d’enquête allant de l’ethnohistoire jusqu’aux contextes contemporains des changements sociaux et politiques. Son mémoire de maîtrise (1973) a porté sur le savoir des chasseurs innus du Labrador, tandis que sa thèse de doctorat (1980) décrivait et analysait la culture et le mode de vie des camionneurs de longue-distance dans le nord du Québec.
Devenu consultant autonome en anthropologie appliquée, il a fondé en collaboration une firme de recherche en sciences humaines, firme qu’il a dirigée jusqu’en 1986. À ce titre, il a travaillé sur des questions relatives à la formation interculturelle (évaluation de matériel pédagogique, conception de contenus, conférences), à l’environnement(consultations publiques, études d’impact) à la justice (formation policière, déjudiciarisation) et à la gestion (culture des organisations). Durant cette période, il a été chargé de cours au département des sciences administratives de l’Université du Québec à Montréal. Entre 1987 et 1990, il a dirigé les services de recherche en sciences humaines de l’Institut de recherche en santé et en sécurité du travail du Québec. En 1991, il agissait comme commissaire aux audiences publiques tenues par la Ville de Montréal sur le sujet de la gestion intégrée des déchets.
Serge Bouchard a donné de nombreuses conférences auprès du personnel de la GRC. Dans le domaine des recherches anthropologiques en management et organisation du travail, il a travaillé pendant près de cinq ans (1991-1996) en France et en Belgique pour le compte de Giat Industries (industrie française de l’armement terrestre). En 1996, dans le même domaine, il fut consultant auprès de la Sûreté du Québec et de la Police de la Communauté urbaine de Montréal et a travaillé en collaboration avec Hydro-Québec.
Chercheur, consultant en anthropologie et conférencier durant toute sa carrière, Serge Bouchard a publié seul ou en collaboration huit livres et une soixantaine d’articles dont de nombreux sur les Inuits, les Amérindiens, les Métis et les peuples autochtones d’Amérique du Nord. En 1991, il a publié son premier ouvrage littéraire, Le Moineau domestique. De 1992 à 1996, il a animé en compagnie de Bernard Arcand l’émission Le Lieu commun sur Radio-Canada. Chroniqueur-anthropologue à l’émission de Marie-France Bazzo durant l’année 1996-1997, il a signé aussi une chronique régulière dans la revue L’Agora. Les Éditions du Boréal ont déjà publié sept volumes de lieux communs signés Bernard Arcand et Serge Bouchard, dont en 2003 un «Best-of» de ces textes, intitulé Les Meilleurs Lieux communs, peut être.
Serge Bouchard a participé à de nombreux documentaires et émissions de télévision et a donné régulièrement des entrevues sur sa vision anthropologique du monde.
Une belle incursion dans cet univers particulier des Truckeurs, spécialement ceux de la Baie James. Le livre est bien divisé selon différent sujets, et les liens anthropologiques sont intéressants.
Je recommande de l'écouter (disponible sur Ohdio), juste pour entendre Pierre Lebeau qui fait toutes les voix des camionneurs. Son "tabarnak!" est particulièrement savoureux.
Continuité de la traversée des livres disponibles sur OHdio.
J’ai repoussé la lecture de ce livre, en pensant qu’une vieille thèse était probablement trop académique, peut-être moins intéressante comme lecture légère. Et non. Chapeau à l’éditeur qui a réécrit le texte, mais surtout chapeau à Serge Bouchard d’avoir écrit un texte accessible, intéressant, savant à plusieurs égards et empreint d’humanité et d’authenticité.
Belle lecture de son ami et complice Jean-Philippe Pleau. Ajout plaisant de la trame narrative de Tire-le-coyote, mais qui coupait étrangement le texte dans la version accélérée à 1.25X en débuts de chapitre.
Une plongée intime et profonde dans une réalité qui semble si lointaine. Bouchard sympathise avec ses sujets, il se met au service de ceux qui se mettent au service de notre confort. L'oeuvre est tellement intelligente et sensible que c'est difficile de croire qu'elle fut écrite dans un contexte universitaire.
"Telle est la loi qui gouverne le camionneur : il existe pour se dépenser et non pour d'épargner."
Une pure pépite! Serge Bouchard arrive à nous décrire en profondeur le style de vie des camionneurs. Ses observations sont incroyables et peuvent définitivement s’appliquer à nos propres vies, camionneurs ou pas.
Il n’y a pas d’arrivée ; la vie n’est qu’un chemin continue qu’on se doit de toujours apprécier. Bref, une excellente lecture. Je vais certainement me procurer le livre pour retourner lire et encore plus profondément comprendre toute la sagesse qu’il renferme.
Sachant que le livre est basé sur la thèse de doctorat en sociologie de Serge Bouchard, on pouvait s'attendre à un livre plus analytique et formel. La mise en forme est toutefois réussit avec de courts chapitres thématiques intéressants et qui nourissent la réflexion sur le métier de "truckeur".
Ce n'était pas un mauvais livre, mais par la nature du sujet, les divers chapitres deviennent un peu redondants. On en apprend sur la culture particulière des camionneurs du Grand nord québécois à l'époque de la construction des barrages massifs de la série LG, ce qui est intéressant.
Toutefois, après avoir parlé des valeurs de courage et d'endurance et d'avoir souligné l'aspect introspectif du métier, on a fait le tour bien avant la dernière page du livre.
Bref, ce n'était pas un livre déplaisant, mais on a vu mieux aussi!
Une vraie déclaration d'amour pour les camionneurs du nord québécois par Serge Bouchard. Tout y est: la profondeur, les témoignages et une analyse anthropologique bien vulgarisée de cet univers méconnu...
J'ai écouté ce livre, lu par Jean-Phillipe Pleau, lors d'une longue route entre l'Alberta et le Québec. Bien que très enrichissant, ce n'était pas toujours une écoute facile. Particulièrement, le passage sur le sommeil, alors que je traversait un horizon infini de champs et qu'ils me restait encore au moins 5h de route.
Toute même, lorsque que ça fait plusieurs heures que tu fixe l'horizon, que ton corp est resté dans une position plus que stagnante et que tout les musiques n'ont plus vraiment d'intérêt, il es vrai que l'on atteind un stade de retrospection qui rarement accessible avec notre mode moderne.
Lors de ce voyage ma famille, mes amis et ma blonde m'a beaucoup manqué. À quoi bon voir les plus beaux paysages et les plus belles villes si je suis tout seul à en vivre l'expérience.
Quelle belle ride en gros camion que ce récit ethnographique ! On se sent assis dans le truck à regarder défiler les épinettes, on entend le moteur vrombir, on attend avec impatience l’arrêt au truck stop. C’est la première fois que je lis un livre de Serge Bouchard, et me voila déjà plongée dans un deuxième. Le ton est parfois un peu romantique à mon goût, mais on passe facilement outre tellement les mots sont évocateurs et remplis d’admiration pour la culture des routiers. L’analyse théorique prend peu de pages (l’avant-dernier chapitre uniquement), et c’est bien comme ça : la parole est vraiment laissée aux truckers, à l’expérience, aux kilomètres, aux rencontres, a la vie.
Quel ouvrage phare! À l'heure où l'on considère diminuer la semaine de travail à moins de 35 heures, les camionneurs du nord des années 70 en faisaient entre 108 et 125. Trois voyages en "haut" avec leur "riggin"...
Un ouvrage sur nos origines qui se veut tantôt un documentaire, tantôt un ouvrage philosophique. Une réflexion sur ceux qui, un kilomètre à la fois, ont bâti la société Québécoise.
"On ne devient pas truckeur pour demeurer en santé, mais pour maîtriser le rythme de sa vie, ce qui implique le calcul de sa propre perte" - S.B.
Immensément touchant, quand on a un papa camionneur et qu'on a "fait de la highway" avec le paternel. C'est un portrait très fidèle du métier et surtout très intelligent. Et comme toujours, de la grande poésie, par le biais des doux mot de Sergio.
Serge Bouchard nous permet une belle incursion au sein de la confrérie des Truckers. Il nous fait découvrir ces hommes forts et charismatiques pour qui la route est leur monde; un monde parallèle à celui des gens ordinaires, un monde où les camions ont une âme et la route devient le tracé d’une vie. Après avoir parcouru ce livre, on cherche sur la route ces camionneurs à qui elle appartient et on prend plaisir à tenter d’en reconnaître les couleurs et la personnalité propre à chacun. Ils ont désormais tout mon respect pour leur savoir-faire avec ces géants de fer et pour leur grande capacité d’introspection.
Serge Bouchard dépeint avec un amour à peine caché le mode de vie et la culture des "truckers" du nord du Québec des années 1970. Son style de narration, son amour pour son sujet ainsi que son ton demeurent transcendants et illuminent un métier qui, de prime à bord, peut sembler fort rébarbatif. Avec son application judicieuse de concepts anthropologiques, liée à une édition signée Mark Fortier, il en résulte un livre fort qui demeure un vibrant témoignage d'un Québec "fou de ses barrages" et d'une époque aujourd'hui révolue.
Ce livre est une adaptation de la thèse de doctorat de l’auteur. Ma perception est certainement teintée du fait que je l’ai lu tout de suite après Ordures. Force m’est d’admettre que j’ai été un peu déçue. Je pensais ici aussi retrouver des portraits attachants, une plongée plus profonde dans l’univers des camionneurs. Peut-être est-ce la distance d’avec le sujet, mais j’ai été moins prisé par l’irrésistible besoin de lire avec cet ouvrage. C’est intéressant, certes, mais ça n’a pas été aussi palpitant que j’y m’attendais.
Ce livre est une oeuvre qui peut intéresser un éventail de personnes. On y trouve un chapitre de l’histoire du Québec immortalisé sur papier, mais aussi une analyse sociologique des camionneurs.
Malgré que beaucoup pourraient se dire non affectés par ces derniers, dès qu’on est derrière un volant on les croise. On apprend comment les routes n’ont pas été créé pour eux malgré le rôle essentiel des camionneurs dans notre société actuelle. On apprend que certains accidents peuvent être causés par le fait que les conducteurs d’automobile ne comprennent pas (ou ne sont jamais enseignés) la dynamique d’un camion 🚛. Si ces sujets ou le chapitre de la construction d’Hydro-Québec vous intéresse, ce livre vous plaira certainement.
J'ai beaucoup aimé. À son habitude, Serge Bouchard décrit avec sympathie le quotidien de la confrérie des camionneurs, qui a tout donné sur la route de la Baie-James. J'ai beaucoup aimé les liens anthropologiques qu'il y fait et sa description de sa collecte de données sur le terrain (dont j'ai eu un aperçu en accompagnant mon père camionneur à quelques reprises). À lire, pour découvrir ce monde si peu connu et la façon dont Serge Bouchard en décrit la profondeur
Bien aimé ce texte de Serge Bouchard, aboutissement de sa thèse de doctorat faite durant les années 70. Ça m'a fait pensé à mes oncles, mon père pendant quelques années pour les Forces Armées Canadiennes et mon cousin aujourd'hui. Je lève mon chapeau à ces routiers infatigables qui sillonnent le pays!
Sur le sens du travail, sur arracher une solitude profonde, méditative et intime à la tâche ; la rendre vivante et signifiante. La sympathie est une posture anthropologique nécessaire et puissante. Ouvrage extrêmement touchant, vulgarisé avec grâce. Tout le monde peut enjoyer la durée de la route en réchauffant bien la machine du cœur.
Du grand Serge Bouchard, encore une fois. Un récit d'une autre époque, c'est passionnant.
Écoute de la version audio sur l'application RC OhDio, lue par Jean-Philippe Pleau. La lecture est très bien, mais les publicités entre chaque chapitre, qui coupent la lecture sans reprendre, sont extrêmement irritantes.
J’aime Serge Bouchard. Le monde des truckers et les grands espaces québécois m’ont toujours fascinée. J’ai eu beaucoup de plaisir à lire ce récit de la vie de truckers dans les années 70 qui empruntaient la route de la Baie James.
Livre incroyablement pertinent à tous les niveaux. Comme d’habitude, Serge Bouchard écrit de la philosophie à la portée et compréhension de toustes. Pas besoin de s’intéresser aux trucks ou aux truckeurs pour adorer ce livre, Serge vous créera une passion pour ces derniers.