L’enfer d’une fille de rue nous plonge dès les premiers mots dans la dure réalité d’une adolescente toxicomane et itinérante dans le centre-ville de Montréal. En fugue d’un Centre jeunesse, refusant l’autorité, le système et la réalité, à 16 ans, Isa-Belle est prête à mettre sa vie en péril pour obtenir sa prochaine dose… jusqu’à ce qu’elle risque d’y rester. Le chemin pour revenir d’entre les morts sera plus ardu qu’elle ne s’y attendait. Il ne s’agit pas simplement de ne pas s’injecter son prochain « hit » qui pourrait être fatal…* *« Mon parcours de junkie dans la rue jusqu’à la maîtrise en étude des pratiques psychosociales de l’UQAR est à tout le moins extraordinaire. Mais mon objectif ici n’est pas de produire du sensationnalisme ni d’obtenir une quête de reconnaissance sociale. J’espère inspirer de l’espoir à d’autres jeunes dans leur processus de rétablissement et de réinsertion sociale, de même que sensibiliser la population à la réalité de la rue, particulièrement à l’ampleur de la difficulté de s’en sortir.Bien sûr, il m’arrive encore de vivre des situations complètement absurdes… J’ai toujours peur de la réaction des gens vis-à-vis de mon statut sérologique, car je ne suis plus la junkie qui s’en foutait parce qu’elle voulait mourir. Je suis une mère de famille, une professionnelle, une citoyenne engagée dans ma communauté.Ma recherche à la maîtrise m’a plongée directement au cœur des pratiques en histoires de vie, à la suite de Gaston Pineau, et m’a permis de donner un sens à toutes les parties absurdes de ma vie, de me reconstruire identitairement.En offrant mon histoire, mon engagement est de lutter contre l’exclusion sociale et la sérophobie. Je veux donner une voix, un visage aux jeunes de la rue… et aider tous ceux et celles aux prises avec des dépendances. »
Je pense qu'il est très difficile de mettre sur papier les vécus de quelqu'un de la rue. J'aurais aimé en apprendre plus sur... tout. C'est quoi la vie de la rue? le manque de support général des multiples systèmes, la vie dans un centre comme NDL, de ses pairs, des sentiments vécus,etc. C’est un défi colossal, mais je pense qu’avoir une voix telle que celle de l’auteure devrait être poussée au maximum.
Néanmoins, je suis vraiment contente pour l'auteure et sa prise de conscience et sa croissance personnelle.
Roman : L’enfer d’une fille de rue Éditions : Béliveau Éditeur Auteure : Isa-belle St-sauveur
J’ai l’honneur de vous présenter une chronique concernant l’auteure québécoise Isa-Belle St-Sauveur. Elle nous présente un roman autobiographique sur une partie de sa vie bien particulière. L’enfer d’une fille de rue est une histoire vécue et est relatée avec humilité et sincérité.
Le roman débute avec une préface tout à fait sublime de part l’écrivaine Marilou Brousseau. Puis Isa-Belle entame son histoire, ou plutôt le périple houleux d’une partie de sa vie. Je tiens à vous informer que vous serez surpris par la qualité de l’écriture d’Isa-Belle. Elle a une plume soignée, magique et transparente.
Elle se livre avec humilité et dignité afin de mettre en lumière tout le chemin parcouru avec ses revers mais aussi ces beaux côtés. Sa manière bien singulière de raconter son vécu viendra vous secouer au plus profond de votre être.
Au fond de nous-mêmes nous désirons tous être aimés, acceptés, écoutés et surtout entendus. Or, ils existent des personnes dont ces besoins ne sont pas comblés. Plusieurs circonstances affectent ces personnes et celles-ci se retrouvent piégées dans une solitude infinie. Pour certains d’entre eux, ils trouveront de l’aide et pourront reprendre leurs vies en main. D’autres, malheureusement, n’ont pas cette chance et sont livrés à eux-mêmes. Or, ils s’engouffrent dans une noirceur qui les oppriment totalement. Ils existent plusieurs échappatoires dont la drogue. Pour un grand nombre d’entre eux, la rue devient l’ultime solution.
Isa-Belle nous présente cet aspect dans la 1ère partie de son roman en nous relatant son vécu. Elle met en évidence la solitude que la rue apporte mais aussi toute l’humanité des plus démunis. Elle remet en perspective un questionnement sociétal important quant à notre vision collective, et individuelle, de la vie dans la rue et des causes provoquant ce choix. Bien que ce type de vie soit un choix, il n’est pas de libre arbitre pour la plupart d’entre eux. Leurs marginalités et leurs dépendances les dirigent naturellement dans ce milieu. Malgré les nombreux organismes et intervenants, il est extrêmement difficile de sortir de la rue et de la dépendance. Plusieurs tentatives peuvent être nécessaires et certains n’y arrivent tout simplement pas.
Dans la 2e partie du livre, Isa-Belle nous partage les nombreuses thérapies et le point culminant qui la fait choisir de se sortir de ce milieu. Or, le travail est terriblement hasardeux et difficile. D’où le nombres de thérapies, qu’elle a fait. Or, avec l’aide de gens aimants et sincères, elle apprend tranquillement à se découvrir. Un cheminement personnel fait son bout de chemin et elle parvient à sortir de la rue. Cependant, les difficultés sont présentes. Elle développe d’autres dépendances qui seront autant éphémères. Étant séropositive, elle vit dans la peur constante de mourir. Puis, un miracle survient. Dans cette seconde partie, Isa-Belle met en évident les difficultés de la rue, de sortir et surtout de la vie après la rue. Elle témoigne à cœur ouvert des difficultés cumulés tout au long de son parcours. Son cheminement est extraordinaire mais elle n’arrive pas à être complètement heureuse. Après plusieurs revers, elle redescend dans l’abîme infernal. Or, un évènement majeur la force à se reprendre en main, définitivement. Puis un déclic se fait en elle. Elle apprend à se réapproprier sa personne mais aussi son corps. Elle n’a jamais écouté ce que ceux-ci désiraient vraiment. Elle aura de nombreuses prises de conscience qui la guideront vers une vive saine et épanouie.
En 3e partie, Isa-Belle transmet, par cette histoire, une grande leçon de résilience mais aussi d’acceptation, de transformation et d’espoir. Elle désire sensibiliser les organismes et les intervenants dans les interventions auprès des usagers. Bien que la chenille soit devenue papillon, son passé lui colle à la peau. Elle apprend à vivre avec la personne telle qu’elle est ( avec son passé, son présent et son futur). Elle a réussi à se sortir de la rue mais la rue ne sera jamais complètement sortie d’elle.
Les dépendances sont multiples et parfois sournoises. Si nous ne nous arrêtons pas pour comprendre les sentiments qui nous habitent, ces dépendances peuvent nous faire descendre dans les abîmes sombres. Il est important d’être conscient de qui nous sommes vraiment et de définir nos limites par amour et respect pour nous.
Cette lecture m’a fait prendre conscience que la vie est belle. Il faut de prime à bord se trouver soi-même. L’amour et la recherche de valorisation part de chacun de nous et non des autres. Tout part avant tout de nous. Si nous sommes bien avec notre personne et que nous nous aimons, cela se reflètent dans notre quotidien. Ainsi, notre vie prend un sens.
Prendre conscience, collectivement autant qu’individuellement, que nos schémas de pensées influencent nos vies. Certains sont bien, d’autres demandent un travail. L’auto-sabotage n’est pas qu’un phénomène personnel mais aussi communautaire. Nous pouvons tous faire la différence si nous le voulons vraiment.
La vraie gratitude n’égale aucun des meilleurs ‘’hits’’.
Sûrement un des livres les plus dure à noter selon moi…
Premièrement, ma critique négative s’adresse uniquement à la façon dont l’histoire est présentée. Son parcours demeure tout à fait remarquable! Autant qu’elle nous présente la pire version d’elle même au pire moment de sa vie, autant qu’elle nous montre la version complexe mais travailler d’elle après son long parcours vers la sobriété et la réussite.
J’ai donné ⭐️⭐️⭐️ puisque que son but principal: de partager son histoire, de redonner foi et confiance en ceux qui n’y croient plus est bien mis de l’avant. Par contre, je trouve que l’histoire devient à un moment « répétitive ». Que d’autres détails auraient pu venir complémenter son parcours dans la rue. Avec la couverture du livre, on s’attend entre autre comme sujet: violence, prostitution, fugue, etc… mais en réalité, ces sujets sont très subtils (encore une fois selon moi). J’aurai aimé entrer dans sa peau le temps d’un chapitre ou au moins le temps d’une page. Sauf que, souvent ce sont de court paragraphe qui raconte rapidement un mauvais souvenir de la narratrice.
Ce livre n’a pas rassasié ma soif de sujets « tabous », mais m’a quand même transmis un beau message! Elle nous imprègne en une lecture, de belles leçon de vie et de conseil plus que précieux. Je tiens à souligner son parcours scolaire rempli de haut et de bas mais qui tout de même reste remarquable! Sa persévérance est contagieuse et juste pour cela, je recommande ce livre à tous ceux qui on besoin de l’entendre.
L’enfer d’une fille de rue est une histoire vécu. Durant la lecture de ce roman, j’ai ressenti de la familiarité dans les régions nommées, les organismes partagés et le vocabulaire emprunté. C’est une histoire touchante, qui démontre une vulnérabilité et un rétablissement intense, sincère, courageux avec une mega résilience. La consommation, la violence, la prostitution, l’itinérance, l’évolution de soi, les relations toxiques et la responsabilisation sont des sujets abordés dans le roman dont j’affectionne particulièrement. C’est un roman qui démontre que l’espoir n’a pas de fin et que les échecs peuvent aussi être une motivation. Je met une note de 4/5, puisque j’ai moins accroché sur la plume de l’autrice.
Je pense qu'une histoire comme celle-ci ne se note pas. C'est atroce, triste et rempli de douleur.
J'ai trouvé l'écriture magnifique et j'ai beaucoup aimé suivre Isa-Belle dans son rétablissement. Il était également intéressant de voir comment les atrocités qu'elle a vécues ont teinté son quotidien pour le reste de sa vie.
J'ai trouvé bien que le livre soit séparé en deux parties : ce qu'Isa-Belle a vécu dans la rue, et son retour à la vie "normale" où elle ne se sentait pas à sa place et se sentait constamment jugée.
Je me suis plongée dans ma lecture sans attente, et j'ai été agréablement surprise.
Je n'ai pas aimé comment est présentée l'histoire de l'autrice. Alors qu'elle a vécu des tonnes de choses, l'histoire m'est apparue comme une longue plainte contre tout. La manière qu'est présenté le parcours de l'autrice rend difficile d'être empathique et de s'attacher à la narratrice.
Le fait que je n'ai pas aimé le livre n'enlève pas que je suis impressionnée par le cheminement de Mme St-Sauveur. Qu'elle ait réussi à s'en sortir, devenir clean et aller à l'école m'épate beaucoup et je la félicite de tous les efforts qu'elle a mis pour réussir à quitter ses mauvaises habitudes.
L'écriture de son parcours ne m'a simplement pas rejoint.
3.5⭐️ récit somme toute difficile à lire, mais marqué de moments de persévérance et d’espoir pour tous ceux et celles aux prises avec des problèmes de dépendances. Par contre, je perdais un peu le fil conducteur. J’aurais aimé en apprendre plus sur l’enfance de l’autrice et ce qui l’a mené dans la rue dès le départ. Je sentais qu’on restait parfois en surface, mais je suis convaincue que l’écriture n’était pas facile et ravivait des blessures profondes.
C’est un témoignage cru, sincère et poignant qui démontre les multiples facettes de la dépendance et à quel point le manque n’est jamais bien loin, même en rémission .🫶🏼