"The Master's Game" est l'un des moins bons livres que j'aurai lus cette année. L'idée de départ est bonne, la thématique du jeu/défi est bien abordée et on ne s'ennuie pas, seulement, cela ne me suffit pas à recommander ce roman.
Pour commencer, on a un personnage principal féminin qui se définit comme une fille sage, alors que dans son comportement, elle ne l'est clairement pas, et cela est d'autant plus flagrant qu'il y a une absence d'évolution entre un comportement réservé et un autre plus extraverti. Une vraie fille sage qui est en chemin vers une transformation personnelle remettrait le jeu du Master en question, dans le sens où sa prudence ne disparait pas du jour au lendemain, quelque chose qu'on retrouve dans les histoires de défis et de jeux et que j'aurais aimé voir dans ce roman. Un exemple qui pourrait illustrer cette idée de manière frappante est la manière avec laquelle Lydia effectue le tout premier gage : une fille sage ne défilerait pas en brassière de sport dans son établissement, du moins pas avant d'avoir réellement changé. Ce qui illustre aussi parfaitement l'absence d'un sens de progression dans certains éléments du livre.
Ensuite, le jeu du Master, s'il est présenté comme une expérience marquante, ne propose pas des challenges d'un niveau aussi élevé que ce à quoi un lecteur d'histoires de défis/jeux s'attend. L'auteur fait beaucoup de références à Gossip Girl et aux séries adolescentes qui mettent en scène des situations à hauts risques, mais ce que font ces séries et que le roman ne fait pas vraiment, c'est explorer en profondeur les conséquences NON SEULEMENT positives, MAIS AUSSI négatives de la participation à ce type de jeu au point où on pourrait s'attendre à ce que le roman passe d'une description de bons temps passés entre ados à un thriller. Il y a bien des gages qui relèvent de l'illégalité et font espérer au lecteur que quelque chose d'impactant va se passer, mais hormis la consommation de drogue, l'entrée par infraction dans le lycée une nuit ou le défilé avec des éléments dans l'apparence de chacun obtenus du second gage qui enfreindraient le règlement intérieur d'un lycée normal, l'harceleur des Menteuses n'a rien à envier au Master de Mansfield Town High School. A part disposer des photos prises à l'insu dans une maison en ruines avec l'inscription "Je vous vois", voler des affaires personnelles que les élus doivent récupérer et provoquer des scandales amoureux, l'instigateur du jeu fait plus passer du bon temps à ses victimes que les torturer.
Ce qui m'amène à expliquer le sentiment d'incompréhension ressenti lors du chapitre de la révélation de l'identité du Master - ou du moins, du Master de l'année qu'ont vécue nos personnages principaux - et de ses collaborateurs. A moins d'être dérangé, je ne saisis pas comment est - ce qu'un adulte, qui sait quels dangers peuvent provoquer un tel jeu à caractère malsain et qui a à cœur la santé des jeunes dont il s'occupe, peut entretenir une telle activité : ça ne fait pas sens. L'adulte sait comment est la vie et est celui qui a arrêté de jouer parce qu'il sait que cette attitude nuit à la maturation de tout être humain : c'est ce qui oppose les enfants, adolescents aux adultes. Je ne peux d'ailleurs pas comprendre comment est - ce que tous ceux qui ont participé à ce jeu depuis sa création ont pu le percevoir comme quelque chose de positif avec tout ce qui s'est passé, sachant que la punition du perdant est de prendre le rôle du Master pour l'année qui suit, ralentissant ainsi un processus de maturation et retardant d'un an pour certains le départ du lycée ...
Bref, "The Master's Game", c'est un roman né d'une bonne idée de départ, mais sur lequel l'auteur n'a pas réfléchi suffisamment.