Ce matin-là, Jacques Bonhomme n'est pas dans sa cuisine, pas sur son tracteur, pas auprès de ses vaches. Depuis la veille, le jeune homme est en cavale : il a quitté sa ferme et s'est enfui, pourchassé par les gendarmes comme un criminel. Que s'est-il passé ? D'autres voix que la sienne - la mère d'un ami, un vieux voisin, une soeur, un fonctionnaire - racontent les épisodes qui ont conduit à sa rébellion. Intelligent, travailleur, engagé pour une approche saine de la terre et des bêtes, l'éleveur a subi l'acharnement d'une administration qui pousse les paysans à la production de masse, à la déshumanisation de leurs pratiques et à la négation de leurs savoir-faire ancestraux. Désormais dépouillé de ses rêves et de sa dignité, Jacques oscille entre le désespoir et la révolte, entre le renoncement et la paradoxale euphorie de la cavale vécue comme une possible liberté, une autre réalité. Inspiré d'un fait divers dramatique, ce roman aussi psychologique que politique pointe les espérances confisquées et la fragilité des agriculteurs face aux aberrations d'un système dégradant notre rapport au vivant. De sa plume fervente et fraternelle, Corinne Royer célèbre une nature en sursis, témoigne de l'effondrement du monde paysan et interroge le chaos de nos sociétés contemporaines, qui semblent sourdes à la tragédie se jouant dans nos campagnes.
Cet été, Florence Aubenas avait fait paraitre dans le journal Le Monde une série sur Jérôme Laronze, cet agriculteur qui fut tuer en 2017 par les gendarmes.
Le roman de Corinne Royer part du même drame pour en faire un roman à l’écriture travaillée et poétique.
De longues phrases puisant dans la nature et le monde minéral pour décrire ce que vit son personnage Jacques Bonhomme pendant sa cavale.
A chaque jour une partie, entrecoupée de la parole des amis ou de l’une de ses soeur.
Des leitmotiv : le renard sauvé le second matin ; la petite Constance à qui Jacques parle dans sa tête et qui l’appelle en retour Le Colosse ; les ombres bleu marine pour désigner les gendarmes ; la petite Sioux la vache préférée de Jacques ; son copain Paulo qui s’est suicidé en se jetant dans une belle à lisier.
Parle aussi parfois Antoine, qui a tenté de se pendre, et qui est devenu handicapé. Un dindon de compagnie, Joe, le suit tout le temps.
Mais ce roman parle également de l’agriculture vouée à la productivité, de celle qui ne prend pas en compte les bêtes ni les hommes, mais les dates des déclarations de naissance.
Ce roman, c’est l’histoire d’un homme qui reprend la ferme familial, mais avec de Grandes Idées qui viendront mourir sur l’autel du productivisme.
L’image que je retiendrai :
Celle de la tasse de café souvent proposée par les paysans aux contrôleurs et qu’ils n’acceptent jamais : il n’y a aucune place à la discussion humaine.
"Ce matin-là, Jacques Bonhomme n'est pas dans sa cuisine, pas sur son tracteur, pas auprès de ses vaches. Depuis la veille, le jeune homme est en cavale : il a quitté sa ferme et s'est enfui, pourchassé par les gendarmes comme un criminel. Que s'est-il passé ? D'autres voix que la sienne - la mère d'un ami, un vieux voisin, une soeur, un fonctionnaire - racontent les épisodes qui ont conduit à sa rébellion. Intelligent, travailleur, engagé pour une approche saine de la terre et des bêtes, l'éleveur a subi l'acharnement d'une administration qui pousse les paysans à la production de masse, à la déshumanisation de leurs pratiques et à la négation de leurs savoir-faire ancestraux. Désormais dépouillé de ses rêves et de sa dignité, Jacques oscille entre le désespoir et la révolte, entre le renoncement et la paradoxale euphorie de la cavale vécue comme une possible liberté, une autre réalité. Inspiré d'un fait divers dramatique, ce roman aussi psychologique que politique pointe les espérances confisquées et la fragilité des agriculteurs face aux aberrations d'un système dégradant notre rapport au vivant. De sa plume fervente et fraternelle, Corinne Royer célèbre une nature en sursis, témoigne de l'effondrement du monde paysan et interroge le chaos de nos sociétés contemporaines, qui semblent sourdes à la tragédie se jouant dans nos campagnes."
Dans la lignée de Nature Humaine de Serge Joncour, Corinne Royer dépeint l'agriculture dans le monde d'aujourd'hui où tout est question de productivité, où l'état veut s'assurer de la provenance des animaux mais surtout pas de leur bien-être, où les animaux ne sont que des données avant de finir à l'abattoir. L'histoire se base sur une histoire vraie: celle de Jérôme Laronze qui fût abattu par la police à cause d'un retard dans ses papiers administratifs, l’élément déclencheur. Un roman qui fait réfléchir, et qui montre les aberrations de la bureaucratie française.
Hé bien ! Vraiment pas mal. C'est émouvant, révoltant et beau à la fois. C'est typiquement ce que j'aime dans les livres. Le fait que ce soit basé sur des faits réels rend l'histoire encore plus dramatique. La fin est très bien écrite.
Roman noir de disparitions programmées, roman social, c'est surtout un roman inspiré d'un fait divers. Je ne sais pas pour le coup si je n'en ai jamais entendu parler ou si j'ai ignoré après un bref coup d’œil. C'est pourtant l'histoire de Jérôme Laronze, un agriculteur de Saône-et-Loire abattu par des gendarmes en mai 2017 après trois années de harcèlement administratif et neuf jours de cavale. Il n'avait pas encore trente-sept ans.
Ce roman nous montre la situation dramatique de certains agriculteurs, poussés au désespoir à cause de la lourdeur et l'avalanche des obligations, réglementations des gouvernements qui poussent à la production de masse, « à la déshumanisation de leurs pratiques et à la négation de leurs savoir-faire ancestraux ». Le sujet est beau, la plume est belle, le message est important mais le personnage central m'a paru peu crédible, trop romanesque, voire romantique pour faire corps avec le sujet du roman. Trop de pathos tue parfois le pathos.