Je voudrais remettre de la chair et de la douleur dans cette tragédie qu’est le racisme. Je voudrais rappeler que, quand quelqu’un meurt de cette façon, je parle de véritables assassinats qui se passent, sous nos yeux, dans les rues américaines, et de petits meurtres aussi qui se passent dans les salons, rappeler donc que c’est un être humain qu’on a tué ou qu’on cherche à tuer, et non un concept. Il ne faut pas oublier tous ceux qu’on a poussés au suicide lent ou à la dépression. Tous ces crimes qui passent inaperçus parce qu’on a choisi de torturer un être faible, discret, et isolé. Il faudrait que quelqu’un parle en leur nom. Je n’aime pas parler au nom des gens mais puisqu’ils sont morts... D. L.
Né à Port-au-Prince en avril 1953, Dany Laferrière a grandi à Petit-Goâve. Il écrit pour le journal Le Petit Samedi soir et fait partie de l’équipe de Radio Haïti. Il quitte son pays natal à la suite de l’assassinat de son collègue et ami, le journaliste Gasner Raymond. Il s’installe au Québec où il occupe plusieurs emplois avant de commencer à écrire.
Son premier roman, Comment faire l’amour avec un nègre sans se fatiguer, paraît en 1985 (VLB). Le succès est immédiat et les réactions nombreuses. Laferrière devient alors l’un des principaux représentants d’une nouvelle génération d’écrivains dans le paysage littéraire québécois.
Dany Laferrière écrit ensuite Éroshima (1987), puis L’Odeur du café (VLB, 1991), qui est récompensé par le prix Carbet des Caraïbes. En 2000, près de vingt-cinq ans après son arrivée au Québec, il signe Le Cri des oiseaux fous (Lanctôt), roman dans lequel il témoigne des raisons qui l’ont poussé à quitter Haïti et qui remporte le prix Carbet des Lycéens. En 2006, le prix du Gouverneur général du Canada est décerné à son album jeunesse Je suis fou de Vava.
Habitant en alternance Montréal, New-York et Miami, l’auteur se considère avant tout comme un citoyen de l’Amérique. C’est dans cet esprit qu’il rédige ce qu’il appellera son Autobiographie américaine, un grand projet regroupant une dizaine de ses titres et qui dresse un portrait de l’Amérique, d’Haïti à Montréal, en passant par les États-Unis.
Dany Laferrière mène, parallèlement à ses activités littéraires, une carrière de journaliste et de chroniqueur, tout en faisant quelques apparitions à la télévision et au cinéma. Il a également scénarisé quelques longs-métrages, le plus souvent des adaptations cinématographiques de ses romans.
Édités en France chez Grasset, les livres de Dany Laferrière ont été traduits dans une douzaine de langues, dont le coréen et le polonais.
Laferrière a publié cinq romans aux Éditions du Boréal. Son plus récent livre, L'Énigme du retour, est en lice pour le prix France Télévision, le prix Wepler et le prix Décembre. En plus, il se trouve déjà en deuxième sélection pour le prix Médicis 2009 ainsi que pour le prix Fémina 2009.
Biographie tirée du site Internet des éditions Boréal.
Un autre excellent livre de Dany Laferrière. Un livre que j’ai trouvé plus personnel, plus émotif, j’ai ressenti, peut-être à tort, une émotivité, une colère même dans l’écriture. L’auteur avec son style bien à lui dresse l’état du racisme. Anecdotes, portraits biographiques de grands personnages positif ou négatif, soit de noirs célèbres ou de raciste notoires, réflexions, segments historiques. Je ne sais pas si Dany Laferrière à fait des recherches pour ce livre ou s’il avait déjà tout ce bagage en lui, mais si oui son érudition est encore plus impressionnante que je le croyais. Un livre pertinent, qui apporte un autre niveau de réflexion à un problème plus qu’évident dans notre société. J’ignore si je l’ai déjà écrit dans une précédente critique, mais j’ai eu la chance de rencontrer Dany Laferrière dans un salon du livre un peu avant la pandémie et j’ai été très troublé de voir à quel point l’homme demeure simple, sympathique, accessible, drôle et qui semble vraiment avoir un intérêt pour le lecteur, l’humain devant lui! Tout le contraire d’auteurs qui signe des autographes à la chaine parce qu’ils y sont obligés par leur éditeur comme on en voit souvent. De tous les auteurs que j’ai rencontré seul Dany Laferrière et Gilles Archambault m’ont laissé une réelle impression de conversation et d’échange. Cela ne change rien au livre, mais ça ajoute beaucoup à son auteur!
L'auteur le dit dès le départ, il s'est plutôt penché sur le racisme aux États-Unis pour ce livre, mais il y a bien quelques expériences personnelles au Canada aussi. J'ai aimé la forme, textes très courts, souvent une page, un peu façon poésie. Un mélange de moments qu'il a vécus mais beaucoup plus des réflexions, des faits et constatations sur de tragiques événements, ainsi qu'un sorte d'hommage aux personnalités publiques noires qui ont marqué l'histoire. Personnellement, j'ai préféré les moments " pensées poétiques" au "name dropping".
"J'entend dire depuis un moment que je ne suis pas objectif et que je ne regarde pas les deux côtés de l'histoire. J'ignorais que l'esclavage était une option."
Ce roman présente une réalité qu’encore beaucoup trop de gens vivent au quotidien. Le racisme est encore tellement ancré dans les sociétés que certains textes peuvent paraître anodin pour un individu Blanc alors qu’il fait ressurgir de douloureux souvenirs pour une personne Noire. Chaque personne de l’Occident devrait lire ce roman qui présente une réalité qu’encore beaucoup trop ignorent.
Le recueil présente plusieurs personnes qui ont marqué l’histoire des Noirs à leur façon et démontre par des exemple concrets comment plusieurs individus ont participer à la lutte contre le racisme.
Review en Français • en Español • in English C’est un petit traité simple et direct, qui parviens à faire une synthèse efficace du racisme en Amérique du Nord en particulier et, malgré la lourdeur du sujet, réussi à laisser briller la poésie de l’auteur. — This treatise is small, simple and direct. Despite its format, it manages to synthesize racism, in North America in particular, and despite the weight of the subject, it succeeds in letting the author's poetry shine. —
Este tratado es breve, sencillo y directo. A pesar de su formato, logra sintetizar el racismo, en particular en Norteamérica, y a pesar de la gravedad del tema, logra que la poesía del autor brille.
Toujours aussi talentueux et sympa, Dany Laferrière s’exprime ici dans de très courts textes, sans longues réflextions mais pertinents et souvent d’actualité.
Comme l’écrit Laferrière, « on écrit pour construire comme pour détruire. Il nous faut intervenir de manière durable et en profondeur. » Ce dernier ouvrage met poétiquement en lumière les expériences du racisme envers les personnes noires aux États-Unis et, parfois, au Canada. L’auteur nous transporte d’un moments historiques clés pour l’émancipation des noirs à un autre en présentant des penseurs afro-américains qui ont eu un impact fort sur les mentalités de leur époque, constituant par le fait même une liste d’ouvrages qu’ils et elles ont laissés derrière. Autant de cadeaux pour les esprits avides d’ouverture et d’égalité.
À tort peut-être, je m'attendais à beaucoup plus de cet essai de Laferrière. Le livre est très anecdotique. Il fait en gros une sorte de ligne du temps très impressionniste de la lutte pour les droits des noirs aux États-Unis. La mention de quelques-uns des canons de la littérature noire, Baldwin, Angelou et Morrison, ne suffisent pas à alimenter une réflexion pour moi. Mais tel n'était peut-être pas le but de ce livre non plus.
J’avais très hâte de lire ce recueil de textes de Dany Laferrière. Sur les tribunes, il le vendait très bien. Avec la passion et la verve qu’on lui connait. Le sujet brûlant le touchant de si près, comment l’auteur pourrait-il passer à côté? Eh bien, il le fait occasionnellement dans ce PETIT TRAITÉ SUR LE RACISME. Je dis « occasionnellement » en raison de l’inégalité de la proposition.
On est parfois dans la haute voltige. Dans le Laferrière à l’état pur. Celui qui commente et qui, par la force de quelques mots, de quelques phrases ramène le lecteur à la remise en question, à la perspective. Les phrases sont simples ―pas question de chercher à épater―, mais sont puissantes. Elles appellent le lecteur, parfois à l’empathie, parfois à l’indignation.
"Ils l'ont fait sortir de sa voiture et l'ont attaché à un arbre. Ils ont ensuite violé sa petite amie à tour de rôle ..."
Puis arrivent ces autres textes naïfs, simplistes et remplis de clichés, de formules mâchées maintes fois par les autres, beaucoup moins talentueux, l’ayant précédé.
La faiblesse de certains textes brise le rythme et prive les textes substantiels de l’importance qu’ils devraient refléter.
Dans ce livre, Dany Laferrière partage ses réflexions sur le racisme antinoir aux États-Unis. Ce faisant, il décrit dans de courts chapitres, souvent d’un seul paragraphe, les Noirs aux États-Unis qui ont fait avancer leur cause. Il note les contributions de militants comme Malcolm X et Martin Luther King, d’écrivains comme Langston Hughes et Toni Morrison, et de musiciens comme Miles Davis et Nina Simone. Il partage aussi quelques anecdotes sur ses propres expériences du racisme. D’autre part, il inclut soixante-dix poèmes d’une ou deux pages chacune. Par ces divers fragments, Laferrière aborde le racisme de manières variées.
Je crois que ce « petit traité » serait une bonne introduction au sujet pour le néophyte, et même l’expert appréciera certaines belles tournures de phrase. J’ajouterais cependant que, avec ses nombreux poèmes et ses courts chapitres, ce livre est moins long qu’il ne le paraît.
Excellente lecture qui rappelle beaucoup le premier roman de Laferrière à travers diverses références qui lui sont chères: le jazz, les auteurs noirs (Chester Himes, Baldwin, etc), la culpabilité judéo-chrétienne des Blancs, la complainte déchirante des chanteuses blues. Le ton est plus grave, toutefois, et cet hybride entre l'essai, la poésie, l'autobiographie et l'histoire ne contient pas l'humour et l'ironie assassine de "Comment faire l'amour..."
Un livre personnel, sensible. La colère est présente, mais souvent un peu tapie sous la poésie.
J’ai lu ce livre de Laferrière avec une certaine avidité. Le sujet est évidemment pertinent, traité avec beaucoup d’imagination, parfois de façon un peu inconoclaste, mais pas tant. Il y a surtout beaucoup de « names dropping », comme on le dit si bien chez le voisin linguistique. Un étalage de savoirs et d’expérience qui agace. C’est d’ailleurs le premier ouvrage de cet auteur que je réussis à terminer. Au fil de la lecture, je pensais traverser une oeuvre importante, mais au final, je regrette de ne pas l’avoir rencontrée. Dommage.
This entire review has been hidden because of spoilers.
Je ne sais pourquoi je m’attendais à quelque chose qui ressemble davantage à un essai. Une réflexion progressive, structurée, approfondie. Et puis en lisant le bouquin je me suis ramenée à l’ordre; de la part de Laferrière, à quoi s’attendre sinon à de pertinentes anecdotes, quelques digressions et beaucoup de réflexions, laissées à la liberté du lecteur, émergeant au travers les puissantes évocations de l’ouvrage?
Jusqu’à présent j’étais coupable de n’avoir jamais ouvert un livre de Dany Laferrière. On ne me verra plus faire cette erreur. Un livre profondément intime et touchant, où anecdotes personnelles et historiques se mêlent pour dresser un portrait sanglant du racisme américain.
J’ai aimé chaque page de ce magnifique livre. Retrouver ce grand écrivain sur ce sujet tellement important. Je rendrais cette lecture obligatoire pour les adolescents, pour ne jamais oublier de voir avec des yeux autres que les siens. J’aurais voulu un livre de mille pages.
Réflexions sur la question du racisme aux États-Unis. Textes intéressant, mais dispersés avec presque autant de pages que de brefs passages sur des sujets et personnages divers. Je trouve la somme décousue, en manque de travail d'édition.
Je dirais plutôt un ⭐️ 1/2. J’ai trouvé son essai un peu inégal, et quoiqu’il y avait des passages très touchants/instructifs, c’était une lecture somme toute monotone.
So je l'ai pas fini, mais je sais pas si je compte le finir mais je le considère pas comme un DNF pcq j'ai pas détesté ma lecture, c'est juste que my hold was running out. Maybe someday.
Beaucoup apprécié ma lecture de cet essai qui réuni plusieurs petits textes, pensées, poèmes, de façon un peu impressionniste. J'ai particulièrement aimé les portraits de plusieurs grands personnages de la communauté noire (Nina Simone, Maya Angelou, Miles Davis, James Baldwin, et j'en passe) qui les rendent vraiment humains et "relatable", dans leurs bons et mauvais côtés. Le livre donne une vision très personnelle du racisme aux États-Unis, qui ne peut pas manquer d'être touchant et dérangeant.
Beaucoup appris, beaucoup de nouvelles recommendations de lectures et découvert plusieurs personnes incroyablement inspirantes dont je n'avais jamais entendu parler avant