Ce polar est écrit sous une forme originale : on sait que Jim a disparu, et pourtant, on le suit à travers ses carnets et ses journées qu'il décrit dedans. L'intrigue se déroule pour essayer de comprendre pourquoi il a disparu, mais lui-même ne sachant pas qu'il va disparaître, on n'a pas vraiment d'informations dans ses récits. Bref, la structure est originale et la deuxième partie du roman prend une autre forme, une fois qu'il a disparu ! De plus, avec cette narration très intime du carnet, ses suppositions, son humour, son phrasé, nous sommes vraiment plongés à ses côtés.
L'autre originalité est ce chien qui joue un rôle important dans le récit, déclenchant certaines réactions et permettant à l'intrigue de prendre de nouvelles tournures. Un chien qui semble pataud, un peu bêbête, mais affectueux et fidèle à son maître, le genre de gros chien qui est une véritable crème d'amour, mais qui cristallise des peurs et des secrets. Je n'en dirai pas plus, mais même si le protagoniste principal est Jim Carlos, son chien Lebowski a beaucoup d'importance dans le déroulement des évènements !
Les relations qui se tissent entre ce couple bourgeois parfait, rêvant de permaculture dans sa villa avec piscine, et le jardinier sont embrouillées. Oscillant entre sympathie, domination sociale, séduction et menace, leurs dialogues et leurs réactions sont toujours suspectes, on décèle un je-ne-sais-quoi d'étrange qui n'a pas lieu d'être dans une relation professionnelle. Mais ce couple parfait cache de gros secrets, car rien n'est jamais parfait, n'est-ce pas ?