Le jour de ses dix-huit ans, Rebecca Bertrand a commis l’irréparable. Au couteau. Dans un déferlement de violence rien moins qu’effroyable. Rebecca Bertrand, fille de Stéphane Bertrand, ce génie des neurosciences en passe de révolutionner la biotechnologie à l’échelle du monde avec sa firme Neurotech. Que s’est-il passé dans la tête de Rebecca pour se livrer à une telle atrocité ? Le jour de sa majorité ? Sur sa propre mère ? C’est tout l’enjeu du procès en passe de s’ouvrir, et ce qu’Amélie Lua, charismatique ténor du barreau, devra découvrir. Et vite, si elle veut éviter la perpétuité à sa cliente. Car déjà la vox populi des réseaux sociaux omniprésents a rendu son verdict… et quelque part, dans les secrets du cerveau malade d’une jeune femme, entre la pianiste assassinée, le scientifique révolutionnaire et l’avocate en quête d’absolu, patiemment, une araignée tisse sa toile…
Né à Paris en 1978, Olivier Caruso vit aujourd’hui dans le sud de la France, où il enseigne l’anglais en classe préparatoire. Son œuvre encore jeune compte à ce jour une vingtaine de nouvelles, dont une bonne part publiée dans les pages de la revue Bifrost. Il y développe un univers et un style très personnels, où la science-fiction côtoie volontiers l’absurde et l’étrange, comme autant de révélateurs d’une nature humaine aussi trouble que paradoxale. Symposium Inc., techno-thriller enchâssé dans les problématiques cruciales de la bioéthique et des neurosciences, est sa première incursion dans la collection « Une heure-lumière ».
Symposium Inc se passe dans un futur où la technologie a fait des avancées considérables. L’histoire commence suite au meurtre sordide d’une pianiste de renom, commis par sa fille Rebecca le jour de ses 18 ans. Oui mais voilà, Rebecca souffre d’une anomalie cérébrale qui pourrait peut-être expliquer son geste. C’est en tout cas ce dont Stéphane Bertrand, son père et une pointure dans le domaine des neurosciences, est convaincu. Avec l’aide d’une ancienne amie avocate, il va chercher à défendre sa fille pour lui éviter la prison. ⠀ Mon avis va être assez succinct puisqu’il s’agit d’une novella très courte mais j’ai vraiment passé un très bon moment avec cette lecture. J’avoue que j’ai eu un peu de mal avec la narration que j’ai trouvé assez étrange, assez froide et clinique par moment, mais par contre j’ai complètement adhéré à l’histoire et aux messages portés par l’auteur. ⠀ Celui-ci nous propose une vraie réflexion sur notre société, sur les notions de culpabilité, de responsabilité et de prédisposition. On aborde des sujets comme le système judiciaire, les prophéties auto-réalisatrices, les dommages collatéraux, l’addiction, la vengeance… Un nombre incalculable de thématiques toutes plus intéressantes les unes que les autres, et que j’ai trouvées traitées avec justesse. ⠀ On est quand même sur une histoire qui peut être assez dure par moment de par ses thématiques et son ambiance assez glauque mais j’ai pris beaucoup de plaisir à la découvrir. ⠀ Mention spéciale aux personnages qui, faute d’être sympathiques, sont passionnants avec leurs failles, leurs défauts et leurs névroses. ⠀ Si vous aimez vous interroger sur notre société, et notamment sur tout ce qui relève de l’éthique ou de la moralité, je pense que vous devriez beaucoup apprécier cette lecture vous aussi !
Très belle novella d'un auteur français que je ne connaissais pas. L'écriture sèche est agréable, la mécanique du récit très précise. Même si j'ai eu un pressentiment partiel du twist final à mi parcours, tout est parfaitement amené et son exécution m'a beaucoup plu. Auteur à suivre !
Après plusieurs tests de nouvelles ratées, je commençais à me croire maudite avec le format cette année, c’était sans compter la découverte, certes tardive, du techno-thriller d’Olivier Caruso, un auteur français à l’oeuvre encore jeune mais que je ne demande qu’à découvrir !
La collection »Une heure lumière » est assez inégale pour moi. Elle recèle toujours de bonnes idées mais parfois leur mise en oeuvre est inaboutie. Ici, je le craignais un peu avec l’histoire de cette enfant retrouvée sur le lieu du meurtre de sa mère avec l’arme du crime et soupçonnée de l’avoir commis. Cela démarrait comme une histoire de procès assez classique en dehors du fait que son père était un génie des neurosciences qui clamait qu’elle ne pouvait être responsable de ses actes car elle avait une tumeur en forme d’araignée dans le cerveau.
Mais justement, ce fut grâce à cette accroche facile, classique pour les amateurs de thriller, que je suis de suite entrée dans le récit et que l’auteur a pu ensuite, à son tour, y déployer sa toile petit à petit au détour d’une narration fort classique mais accrocheuse, très prenante où on ne pouvait pas lâcher Rebecca. J’ai aimé plonger petit à petit dans les ressors de ce procès et cette enquête qui allait, bien sûr, nous entraîner dans la vie de la famille de Rebecca, et là, je suis allée de surprise en surprise avec des focus sur les relations de couple, l’eugénisme, la maladie mentale, la manipulation des masses, que j’ai adorés.
L’auteur maîtrise parfaitement ses classiques. Il a su mêler ici intelligemment un meurtre dans une cellule familiale remplie de secrets comme bien souvent, avec une évolution des sciences et des technologies sur le cerveau assez fascinante et surtout crédible. On se retrouve à suivre ce double fil narratif avec passion, notamment grâce aux personnalités troubles des personnages. Nous avons d’abord Rebecca, qui semble être une femme-enfant qui n’a pas toute sa tête. A-t-elle ou non commis ce meurtre ? Il y a ensuite son avocate, ancienne amie-amante de sa mère, qui va tenter de l’aider et en profiter pour enfoncer son père qu’elle déteste. Et enfin, ce père qui semble tout faire pour aider sa fille et qui est un scientifique de haut niveau. Ensemble, à tour de rôle, ils vont prendre la tête de l’histoire et nous mener par le bout du nez, ce qui est jouissif jusqu’au rebondissement et aux révélations finales !
Côté technologie, j’ai été fascinée par les possibilités révélées peu à peu du travail de Stéphane pour sa firme Neurotech, que ce soit les IRMa dont il parle dans un premier temps ou les découvertes que nous allons faire sur les possibilités proposées pour soigner les patients, sans oublier ce que lui-même en fait. Il y a ici une dimension critique de l’éthique et des limites de la science fascinante, mais peut-être encore plus du rôle des entreprises et de leurs dirigeants pour faire accepter cela et le faire passer dans la société pour le démocratiser. Il y a du génie chez Caruso quand il démontre le modèle choisi par l’entreprise pour se développer, les points d’accroche qu’elle choisit et l’oubli de toute morale dont elle fait preuve pour se rendre indispensable en un claquement de doigt sans qu’on s’en rende compte. Fascinant et crédible malheureusement.
Ainsi partant d’une simple enquête pour meurtre, le récit très malin de Caruso va venir interroger notre désir de changement pour devenir la version ultime de nous-même quitte à aller très loin, le tout avec des entreprises technologiques sans foi ni loi, et des hommes à leur tête glaçant par le psychopathe en eux qu’ils cachent. C’est prenant, fascinant, lourd de sens et poignant dans un sens, car c’est une enfant qui est au centre de toute cette agitation et qui subit tous ces méfaits pour que les puissants obtiennent ce qu’ils souhaitent. Un récit vraiment aussi fascinant que glaçant mais terriblement réaliste. J’ai frôlé le coup de coeur !
Une nouvelle de science-fiction qui fait passer une fille de 18 ans pour une matricide et qui vient révéler que le grand méchant de l'histoire est exactement celui auquel on pense dès la première page... La technologie abordée ici est quelque peu brouillonne. Le personnage de l'avocate ne rentre pas tout à fait dans l'histoire : ancienne amante, avocate, pseudo-détective. Son allié, pseudo-comédien hacker, est un peu too much et la jeune fille semble complètement à l'ouest et désintéressée de son sort. Bref, aucun personnage attachant, des éléments de SF très brouillons et peu de plaisir de lecture, car une intrigue très banale et attendue.