Hochelaga : dans les ruelles, les gros mots se mêlent aux cris d’enfants et à la sirène de la police. À travers ce tapage, est-il encore possible de s’entendre penser ?
Volière est une collection d’oiseaux un peu fous coincés dans une tête. La tête est coincée dans un appartement, sauf quand elle va au dépanneur. Par la fenêtre, il y a la lune, et devant la lune, un chat. C’est dans le glissement des perspectives que la poésie de Frédéric Dumont déploie sa douce bizarrerie.
Avec ses poèmes légers qui brusquement s’écrasent au sol, Volière invite à aiguiser le regard, à prendre les images pour la réalité et à prendre la réalité pour un terrain de jeu.
Frédéric Dumont a fait paraître quatre livres de poésie. Son plus récent, Chambre minimum, publié aux Herbes rouges, a été finaliste aux Prix littéraires du Gouverneur général ainsi qu'au prix Émile-Nelligan.
Il faut préciser d’emblée, pour ceux que cela pourraient indisposer, que Frédéric Dumont fait partie de ces jeunes auteurs qui utilisent leurs physiques avantageux pour attirer les feux des projecteurs (chez les prosateurs, on peut penser à Nelly Arcan et François Blais). D’ailleurs, le recueil contient une photo de monsieur Dumont prenant une pose ouvertement lascive. (Précisons que, contrairement à l’usage, la photo ne se trouve pas sur la quatrième de couverture, mais bien dissimulée à l’intérieur de l’ouvrage, là où elle risque moins de choquer.)
Bref, Frédéric Dumont mise sur le contenant – et on aurait tort de le lui reprocher −, mais qu’en est-il du contenu? À ce sujet, il nous faut faire preuve d’indulgence, monsieur Dumont n’étant pas un poète professionnel. La preuve en est qu’il apparaît sur Facebook en tant que « Frédéric Dumont » tout court, et non en tant que «Frédéric Dumont poète». De plus, il ne maîtrise pas encore l’art difficile de la rime. Enfin, il arrive effectivement que certains mots de son recueil riment avec certains autres. Par exemple, « vêtements » (page 36) rime bel et bien avec « dents » (page 51), mais les deux mots sont à mon avis trop éloignés l’un de l’autre pour que l’effet soit réussi. Si on compare avec des poètes aguerris comme monsieur Yvon Jean Poète ou encore Jeff G. Desnoyers Poète, qui font habilement rimer chaque vers avec le vers précédent (et qui, parfois, osent les rimes entrecroisés), l’on risque de rester sur sa faim avec Volière. Mais comme le recueil ne contient que peu de mots et qu’il est agrémenté de dessins, de la photo ci-haut mentionnée, du catalogue de la maison, d’une page de titre, d’une page « Du même auteur » et de quelques pages de garde, on est vite tiré d’affaire.
De toute façon, les poèmes de messieurs Yvon Jean Poète et Jeff G. Desnoyers n’étant pas disponibles en librairie (ce que je ne m’explique pas), le mieux est encore de se fier au judicieux proverbe « faute de grives on mange des merles » et de se rabattre sur Volière.
Ce recueil a définitivement quelque chose de particulier. J'ai accroché dès les premières lignes sur le choix des mots, leur froideur, leur distance. J’ai eu l’impression que j’entrais dans la tête de quelqu’un sans sa permission, et j’ai apprécié que ce malaise m’accompagne pendant toute ma lecture. Les textes surprennent, les chutes sont fortes, et on a envie d’en lire toujours plus, et finalement on est déjà arrivé à la fin, habité d’une espèce d'angoisse agréable, mais on en voudrait encore. À ce sujet, le recueil est trop court selon moi pour qu’on puisse vraiment ressentir pleinement qu’on est ailleurs. Mais malgré ça, wow, c’était troublant et bon.
« C'est le début d'un party Qui ne finira jamais Et personne n'a été invité. »
Je ne sait trop quoi dire. J’ai du le relire une seconde fois. Je me demandais si j’avais loupé quelque chose ou si ma santé mentale était parti dîner au McDo sans moi. C’est un degré de poésie qui me laisse quelque peu perplexe et à nager dans un énorme trou noir cul par-dessus tête.
On dirait des poèmes écrits en automatisme, pas retravaillés, publiés en rush. On dirait de la poésie écrite par quelqu’un de famous qui a eu le droit à beeeennnnn des passe-droits.
j'ai lu ce recueil d'une traite à mon partenaire, c'était presque l'aprem, mais on était encore couché dans mon lit. pis c'était une lecture drôle (genre tongue in cheek) et une parole touchante et lucide.
à chaque apparition de chats, j'aime encore plus la poésie de Frédéric Dumont.