Wow, magnifique!
Lecture tres douce, plus on avance et plus on plonge et comprend l'horreur ancestrale....
Depuis si longtemps je cherche à guérir, sauf que j'ignorais la route de la douleur, et je sais que je dois l'emprunter pour arriver de l'autre côté, laisser derrière ce qui persiste en moi: la colère.
Mais elle a changé de visage, de texture.
Ce n'est plus la colère qui m'a animée durant presque toute ma vie consciente, celle née de ne pas être aimée comme je le désirais, comme j'en avais besoin.
C'est la colère de savoir qu'on a créé des lieux pour effacer l'existence de mon peuple, de tous les Premiers Peuples. Les gens qui ont imaginé ce projet monstrueux n'ont pas réussi, mais, dans certains cas, ils sont parvenus à broyer des vies entières et combien d'autres encore. Combien étaient promises à l'amour, à la tendresse, et n'y ont pas eu droit?
Même si chez moi des liens sont brisés, j'ai trouvé ma grand-mère dans l'espace-temps. Quelque part dans le cosmos, mon lien avec elle a traversé les années, nos histoires, nos blessures, nos plaies. A traversé l'impossible.
Comme ce morceau de cuir que nous avions parsemé de filaments de couleur ensemble. Il a traversé les vingt ans qui me séparent d'elle pour me redonner une direction.
Émilie a été dans ma vie, juste assez pour une étincelle.
Il me reste, au fond du cœur, la question que je n'arrête pas de me poser depuis mes recherches du côté de Malio et de Sept-Îles: sans les pensionnats, serait-elle encore en vie?