Jimmy, "le plus grand menteur de la ville de Québec", fait l'apprentissage des livres auprès d'un vieil écrivain et libraire atteint de la maladie "d'Eisenhower".
Un livre à la fois mélancolique et porté par l'espoir. Jacques Poulin y parle avec un brin de folie ou de fantaisie de son amour de la littérature. Pour ce qu'elle porte de vrai et d'intime. Il nous offre une classe de maître de style. Un très beau roman par un grand.
Une belle réflexion sur la littérature, l'apport du voyage, le vieillissement, la passation... par contre, la relation ambigüe de Jimmy et de Mistassini m'a dérangée, je n'y ai pas vraiment vu l'intérêt. Tout de même intéressant.
Dans "Les yeux bleus de Mistassini", Jack Waterman l'alter égo de l'auteur pose la question: "Est-ce que mes livres se rassemblement trop?" La réponse est que oui. On aurait pu fort bien se passer de ce roman du réchauffé et du déjà vu. "Les yeux bleus de Mistassini" est finalement la suite ou l'image inversée de "Volkswagen Blues". Dans "Volkswagen Blues" Jack Waterman fait un voyage à travers les États-Unis à la recherche des ses racines québécoises. Dans "Les yeux bleus de Mistassini", un vieux Jack éteint de la maladie d'Eisenhower envoie Jimmy son héritier littéraire désigné à Paris pour vivre dans un Volkswagen et pour essayer de trouver ses racines américaines. C'est-à-dire, Jimmy va visiter les lieux fréquentés par Ernest Hemingway dans la capitale française. Le problème est que "Volkswagen Blues" (1984) qui exprimait extrêmement bien le zeitgeist du Québec de son époque n'avait pas besoin d'une suite. Quand "Les yeux bleus de Mistassini" (2002) est sortie, ce n'était plus la même époque et il n'existait aucune raison de poursuivre les discussions d'un temps révolu. Il faut reconnaitre cependant que pour les grands amateurs de Poulin, "Les yeux bleus de Mistassini" possède la vertu de revivre les bons moments de ses romans antérieures. Poulin fait partager le lecteur sa grande passion pour ses écrivains préférées, Ernest Hemingway, Jack Kerouac, Lawrence Ferlinghetti et surtout Gabrielle Roy. Aussi il rend brillamment le charme et l'ambiance de la ville de Québec. Ce qui gâte les choses considérablement, ce sont des descriptions de caresses et d'attouchements entre Jimmy est sa sœur qui manquent d'être vicieuses de très peu. S'il n y avait pas cette relation troublante, j'aurai plus de patience pour les autres faiblesses du roman. Il faut ajouter aussi que Poulin prend pour acquis que le lecteur a lu "Volkswagen Blues" et pour le lecteur qui n'a pas, il y aura bien des passages très confus. Bien que j'aie détesté le roman dans son ensemble, j'ai beaucoup aimé le chapitre "La closerie de Lilas" où Jimmy essaie de convaincre un grand critique littéraire francais de lire un roman de Jack. Avec un stratagème très compliqué, Jimmy réussit à mettre le livre dans les mains du critique. Pourtant, une fois que le critique comprend que c'est un roman québécois il le rend à Jimmy. Le passage illustre en même temps le manque systématique d'intérêt chez les francais pour la littérature québécoise et le chagrin que ça occasionne chez les Québécois. Je suis de l'avis cependant que les francais auraient plus d'intérêt pour la littérature québécoise il y avait moins de romans comme "Les yeux bleus de Mistassini".
Pas mon préféré de Poulin, même si on retrouve des thèmes que j'aime. L'amour fraternel quasi-incestueux n'est pas étranger à cette évaluation mi-figue, mi-raisin. L'écriture reste superbe, avec des personnages étonnamment naïfs et déconnectés.
J'ai beaucoup aimé l'univers créé par l'auteur, mais la relation entre Jimmy et sa soeur m'a dérangée et je n'ai pas compris ce que ça apportait... Par contre, le réalisme avec lequel la ville de Québec est décrite est incroyable :)
Very much enjoyed Sheila Fischman's masterful translation - I would like to read it in French now. A lyrical tale that is affectionate, sad and somehow hopeful.
Profondément marquant, pour une raison que j’ignore encore…Je pense souvent à ce livre dans am vie quotidienne.
La relation entre Jimmy et sa sœur par contre…d’une étrangeté presque dérangeante.
Ce livre témoigne néanmoins de toute l’aisance et de l’ingéniosité de Jacques Poulin quand il est question de mettre en place une ambiance qui habite le récit.
Pour moi, lire un roman de Jacques Poulin, c'est s'accorder un moment à soi dans un monde de zénitude et de chaleur. J'ai replongé dans son univers avec l'impression de n'être jamais parti, de connaître intrinsèquement ses personnages. Un beau moment que je me suis offerte en cadeau !
This was different from the previous 2 Poulin books I've read so far, although similar in writing style, I think. More of a literary criticism is evident as well. I'm not sure whether that's simply a reflection of his age/stage of life [which I'm sure is part of "Autumn Rounds (2004), the first book of his I read] and his stage in his writing career.
In "Blue Eyes". published in 2002, there are many references to Hemingway and "The Moveable Feast". I will now have to read that, although having read "The Paris Wife" was helpful. Having stayed a number of years ago in Quebec City in the area across from the Chateau Frontenac was also helpful in reading this book, since much of it takes place in the Vieux-Quebec area. Having taken the ferry across to Levis from Quebec City, even if I didn't go exploring, helped in reading/placing myself in parts of the journey of his "Autumn Rounds", and possibly at the beginning of "VB".
I would strongly recommend reading "Volkswagon Blues" (1984) before reading "Blue Eyes", since both feature Jack Waterman, but about 20 years apart, although in different roles. There were a few Hemingway refs. in the "VB" book, although far more to Kerouac's "On the Road". Most of his books have been translated into English by the same award winning translator, and they are all worth the search to find and read. I'm sure his books will all benefit from re-reading. I also noted when doing a search (could even have been in Good Reads when I looked for the author), there has been at least one book of literary criticism of Poulenc's work.
What I suspect are Poulin's political views, at least at the time he was writing it, are also reflected in this book in a few places, more strongly than in "Volkswagon Blues"(VB). There are many references within his books to other Quebec authors, some of whom I've heard of and perhaps read 1 or 2 of their books, but many years ago eg. Gabrielle Roy.
Un véritable roman-poésie où chaque chapitre, chaque paragraphe, chaque mot, nous transporte dans un univers poétique où l'amour fraternel, parfois "dérangeant", ainsi que l'amitié intergénérationnel, sont une véritable force contre la maladie et la différence. Une histoire qui ébranle et un bel hommage aux livres!