Intime, douloureuse et solidaire, la poésie d’Anick Arsenault ouvre une fenêtre, pour crier ou laisser une brise passer, joue avec parts d’ombres et de lumières, se déracine et souhaite s’ancrer de nouveau dans la terre ; mère, amie, amante, elle s’emmitoufle pour garder au chaud ses combats intérieurs mais sans refus d’ouvrir le manteau.
Habitantes c’est résilience de femme, trouver le beau dans des endroits improbables, chuter, se relever, déborder d’amour malgré tout, ne pas laisser de pernicieux ennemis fructifier jusqu’à l’algarade ; c’est la bise, forte et frette
lèche mon pelage fumé à la boucane de genévrier avale toutes les carapaces à dissoudre sous la langue laisse le souffle entrer par les portes grandes ouvertes
La poésie d’Arsenault fonctionne par logique d’accumulation. Les mots, les idées, les sensations se superposent les uns aux autres jusqu’à ce que les lecteurs•rices croulent sous leur poids à l’instar de la voix qui racontent les vers. Habitante fait l’éloge de la force au féminin en évoquant les violences dont trop de femmes doivent endurer.