Vingt mois ont passé depuis l'arrivée de Yuri en Keltia et le couronnement de Louis-Philippe en France. La tension n'a cessé de monter entre les deux pays, malgré les tentatives des Ambassadeurs japonais et ottomans pour calmer les velléités belliqueuses du jeune Roi d'un côté et la punition commerciale des Keltiens de l'autre. Lorsque la situation dérape, Yuri réalise qu'elle est la seule à pouvoir, peut-être, éviter au monde de basculer dans la guerre. Reste à savoir si elle est prête à en payer le prix...
Oui, chers lectrices et lecteurs, en deux tomes et un recueil bonus, je suis devenu dingue d’une œuvre publiée sous un label Young Adult avec pour héroïne une jeune princesse qu’on veut pousser au mariage : La dernière geste de Morgan of Glencoe. Oui, moi, l’ours amateur de fantasy adulte épico-bourrino-bastonneuse. Est-ce que je suis malade ? Non. Est-ce que je me suis un peu trop auto-caricaturé moi-même en 8 ans de blog au point que personne ne comprend rien à ce que j’aime ? Peut-être. Et j’en suis fier. Toujours est-il que, quand Ordalie est arrivé j’me suis jeté dessus.
Yuri vit maintenant en Keltia et se la coule douce dans son nouveau rôle, plus de protocole relou, plus de mariage politique arrangé, plus de soumission. Mais à Paris, le nouveau roi de France est tout énervé, il en a gros, comme disent les sages. Le jour où la situation dérape dans une altercation entre soldat français et une fourmi de la rame 5, l’équilibre diplomatique précaire entre la Triade et Keltia menace d’exploser. Les ambassadeurs et les traités commerciaux ne suffiront pas à calmer le jeu, Yuri réalise qu’elle est peut-être la plus apte à rétablir le dialogue entre les différentes puissances.
C’est toujours délicat de revenir vers une série « chorale » un an après avoir lu le tome précédent, il faut le temps de resituer tout le monde, de retrouver l’univers, de retomber sur ses grosses papattes. Bon, ici on a déjà le résumé des épisodes précédents, initiative toujours très bienvenue, merci. Puis Morgan of Glencoe y va progressivement, arrive à replacer les gens et le background avec brio, avant de démarrer vraiment son intrigue par un moment de tension extrême qui te scotche. Alors tu te remets un peu de la petite claque, et quand tu crois que ça se calme pour souffler un peu, tu te trompes. Ça se calme pas, Ordalie tient pendant plus de 400 pages sur une tension constante, une situation explosive aux multiples trames qui se croisent sans arrêt pour ne jamais nous lâcher.
Les personnages ont encore une fois une importance capitale dans l’univers de La dernière geste. Au cœur de cette crise diplomatique, ce sont eux qui vont sauter de drame en réussite, et entrainer l’adhésion du lecteur. L’évolution de Yuri qui avait pu paraitre abrupte dans le premier tome est ici très bien dosée, on voit tout le chemin qu’elle a parcouru et elle se dresse maintenant face à ses responsabilités et ses idéaux. Mais elle n’est qu’une des pièces de cet énorme puzzle que devient l’univers de la saga. C’est toute la richesse du casting qui lui donne sa nuance et sa force, le bondissant Pyro qui cherche sa place, la petite Roussette qui fonce dans le tas, Trente-chênes qui vole le show avec sa présence et son caractère, et tous les autres qui, ensemble, forment cette grande famille qu’on prend énormément de plaisir à retrouver à chaque fois.
Quel exploit d’arriver à écrire une histoire si rythmée et prenante, avec tant de points de vue et de fils scénaristiques qui se croisent. On saute d’un lieu à l’autre sans jamais perdre de vue l’enjeu central et comme chaque personnage est un régal à suivre on dévore le bouquin. L’univers est extrêmement solide dans son ensemble, tout est à sa place, l’équilibre politique et les évènements qui en découlent paraissent naturels et logiques. Evidemment ils amènent leur dose de sous-texte et de réflexions, juste assez pour donner de la profondeur et des thématiques à une aventure déjà très riche au premier degré.
Mais tout ce que j’ai raconté jusqu’ici ne suffit pas à rendre hommage à la qualité de ce bouquin, on va essayer comme ça. La dernière geste nous déroule une histoire fantastique, dans un univers travaillé, original et immersif, c’est dit. Mais surtout, l’autrice arrive à nous prendre au tripes dans une succession de moments, des scènes où ses personnages sont poussés par les circonstances à de petites actions qui, mises bout à bout, deviennent un exploit collégial. Le souffle collectif de cette partition devient un élan épique qui réveille les émotions dans un effet boule de neige magique. On en arrive à être ému aux larmes sur une scène qui n’a l’air de rien (cette haie d’honneur), exaltés pour les petites victoires en chemin, révoltés à vouloir bouffer certains personnages tout en comprenant d’où ils viennent, et ce que ces circonstances ont de fatalité. La concrétisation de cette qualité de construction, de cette rigueur d’exécution, et de ce talent qu’a Morgan of Glencoe, c’est ce niveau supérieur que très peu d’auteurs et d’autrices atteignent jamais, c’est le coup de poing au cœur.
Les esprits chagrins à l’âme sombre diront que l’univers est un peu trop bisounours, que ça dégouline de bienveillance et que Keltia est vraiment trop « Le pays des gentils ». Pourtant, c’est d’une part cette bienveillance et ces « bons sentiments » qui rendent l’œuvre si spéciale à mes yeux, parce que j’adore ça quand c’est bien fait. Donnez-moi plus de héros honorables et bienveillants, pitié, j’en ai marre des univers sombres aux protagonistes « ambigus ». Mes plus gros coups de cœurs littéraires ont ça en commun : des héros et des héroïnes bons, des valeurs positives, dans un univers qui sombre et les défie. De plus, ici on commence aussi à voir quelques travers de Keltia, sa suffisance, son isolement détaché, où tout cela va les mener dans un conflit ? Jusqu’à quels travers le sentiment de supériorité morale peut nous amener quand on nous pousse ?
Voilà, j’ai rien à ajouter, si j’ai pas réussi à vous convaincre de tenter cette aventure, c’est peut-être simplement pas pour vous. Si vous n’avez pas encore commencé La dernière geste et que ma chronique vous a parlé, foncez lire Dans l’ombre de Paris. Si vous êtes déjà acquis à la cause, vous savez, nous sachons, clin d’œil, clin d’œil. J’ai hâte de lire les tomes 4 et 5 de cette pentalogie commencée au hasard, qui m’a pris par surprise au premier tome et m’embarque plus loin à chaque épisode. Merci Morgan.
Ordalie est un immense coup de cœur, une lecture absolument inoubliable par l’intensité de son intrigue, la richesse de son univers, la diversité et le réalisme de ses nombreux personnages et la maîtrise indéniable de la construction narrative audacieuse de son autrice. C’est un troisième tome très abouti qui nous fait vivre un véritable ascenseur émotionnel, nous captive par sa tension qui monte crescendo et nous laisse le souffle coupé par son final. Si vous n’avez pas encore commencé à lire La dernière geste, qu’attendez-vous ?!
Après un premier tome qui ne m’avait pas convaincue mais un tome 2 excellent que j’avais dévoré, je pensais vraiment apprécier cette suite. Malheureusement j’y ai ressenti tout ce qui m’avait déplu dans le tome 1.
Avant tout, je tiens à rappeler tous les points forts de la saga à mes yeux : un worldbuilding riche qui crée des situations géopolitiques propices aux complots, certains personnages bien nuancés, une plume agréable et des thèmes inclusifs et militants. Bref, une très bonne recette pour un page turner de qualité 👌
Seulement, certains défauts m’ont fait sortir de ma lecture : des longueurs (il ne se passe pas grand chose dans ce tome 3) et une intrigue très prévisible semée de facilités peu crédibles. Je me suis donc beaucoup ennuyée 🤷♀️
Je ne vais pas épiloguer d’avantage car je sais que je ne suis pas bon public pour le registre YA. Au vu du succès de la saga et des notes excellentes qu’elle récolte, je pense que je ne suis tout simplement pas la cible :)
J'avais adoré le premier tome de la saga pour sa fraîcheur, et apprécié le second tome pour l'aventure. Malheureusement, j'ai moins apprécié le troisième, qui souffre, je trouve, des défauts des premiers sans en avoir les qualités. le monde qui nous est développé est extrêmement naïf, les gentils sont très gentils, très forts, très intelligents, et les méchants très méchants... Or ce troisième tome se concentre sur une aventure politique : cette absence de nuances se fait du coup cruellement ressentir. Et en centrant le récit sur Yuri (qui est tellement parfaite qu'elle m'agace) le livre a pour moi grandement perdu en intérêt, puisque les enjeux sont assez peu impactants : on se doute bien qu'ils seront balayés puisqu'elle est trop forte et qu'en face ils sont méchant bouuuh. Les messages sont charmants, font du bien. Les personnages secondaires sont toujours aussi enthousiasmant, et toute l'intrigue du Rail m'a charmée, mais malheureusement ça n'a pas suffit pour mon appréciation. Néanmoins, je suis quand même curieuse de la suite. C'est une saga assez doudou, que j'aurais adorée ado (car oui, je ne suis plus la cible de lecture depuis bien longtemps ^^).
Par rapport aux deux précédents tomes, Ordalie se concentre davantage sur l'aspect socio-politique de l'univers créé par l'auteure. En effet, les tensions entre la France et Keltia sont à leur paroxysme et il semble évident que Louis-Philippe veut déclencher une guerre. Nous assistons donc à toute la machinerie qu'il a mise en place pour parvenir à ses fins et aux efforts de Yuri et de ses amis pour le contrer.
4,5⭐️ • J’avoue j’ai eu un peu de mal à me mettre dedans au début : ça faisait longtemps que j’avais lu le tome 2 et y’a beaaaaaaucoup d’intrigues • Mais je continue, et petit à petit on se laisse embarquer ET ON KIFFE 🔥🔥 • C’est lent, ça prend son temps, y’a 1000 persos à suivre, j’adore avoir les méandres de chacun, les gentils comme les méchants, ET CE FINAL 😱 L’apothéose • J’espère que la suite sortira un jour 😭😭😭