Aller la rivière, second titre de Luz Volckmann après le succès des Chants du placard, donne à entendre un nouveau moment de combat : plutôt qu’être au creux de la vague, celle-ci vient maintenant s’écraser sur le silence. Organique et viscéral comme le premier, ce second ouvrage explore en revanche une écriture frontale et plurielle dans ses sujets comme dans sa forme : s’y font entendre les lgbtphobies, les violences institutionnelles et policières, l’enfermement et la mort, mais aussi la lutte et la solidarité.
Ce livre n’est pas un constat : c’est un appel politique par le sensible qui rend intelligibles mais surtout insupportables ces haines. Dans un élan libertaire, ce recueil hybride oeuvre à sortir des voix et des vies de l’invisibilité par le déferlement d’une langue de la riposte et de la fierté.
Véritable coup de coeur pour ce récit poétique qui se lit d’une seule traite dans ses flux et reflux, ou par bribes dans les contours des reliefs arpentés des préoccupations de l’auteur.
Ce recueil de poésie est une claque. On y parle transphobie, homophobie, violence policières, enfermement et solidarité queer le tout avec une écriture dure et douce à la fois qui vous prends aux tripes. Je ne connaissais pas l'autrice mais c'est toujours incroyable de découvrir des auteur.ices de notre communauté qui font clairement un boulot phénoménale. Ce recueil m'a fait ressentir de la tristesse pour nos adelphes parti.es trop tôt, m'a conforté dans notre soutien intra-communautaire mais il m'a surtout donné la rage, celle de se battre toujours plus pour nos droits et ceux de nos adelphes. De réclamer une intersectionnalité des luttes et de crier toujours plus fort.
Voice un petit (grand) florilège de mes citations préférées :
Grave beau, avec des fulgurances. Goût d'inachevé, hâte de voir l'écriture évoluer
des extraits
D'un bout de doigt hésitant, je plonge, palpe et triture une couche comme morte, c'est une terre vieille et lourde qui s'écoule de mon torse et de mon ventre. Je deviens l'opérée et la chirurgienne. (p.28)
Trop souvent, on aura acheté sa tombe avant sa maison. Nous n'en voulons à personne, le ressentiment n'a jamais fait de beaux assassinats.