"Chaque année avant les adieux, Nina organisait le partage des figues du mois d’août. Des dizaines de petits doigts s’agrippaient aux branches, tâtaient la pulpe molle des fruits avant de les arracher. Le sol se couvrait de violet. On rentrait à la maison avec de la sève blanche sur les doigts et, dans la bouche, ce goût sucré et granuleux qui marquait la fin de l’été." Dans la grande maison familiale au bord de la Méditerranée, Gaïa vient de mourir. May, sa petite-fille, qui a grandi en France, éprouve le besoin de passer quelques mois dans la maison avant sa mise en vente, en dehors de la belle saison. Elle y découvre, en même temps que la réalité d’un pays qu’elle croyait familier, le passé des femmes de sa lignée. En particulier celui de Nina, la fille adoptive de Gaïa, tenue écartée de l’héritage. Le paradis de son enfance se révèle rempli de blessures gardées secrètes.Derrière la sensualité du décor, Hajar Azell fait apparaître l’extrême violence des rapports familiaux et des interdits sociaux qui pèsent principalement sur les femmes. Elle décrit aussi les coulisses du bonheur, les parenthèses ensoleillées des vacances en famille qui laisseront au cœur de ceux qui repartent une profonde nostalgie et chez ceux qui restent une douleur lancinante.
La lecture et les livres nous offrent une chance de plonger dans le monde d'autrui et de se faufiler à travers les lignes de chaque événement décrit par son auteur. Parfois, c'est l'envers; Le livre nous attire avec ses lettres et ses personnages.
*Pour ne pas gâcher l'expérience de lecture, je vais me contenter de citer les choses que j'ai bien aimé dans l'histoire*.
Le livre nous invoque dans le monde d'une famille qui vit dans un petit village qui s'appelle 'Tefl'. La description du village (à travers les yeux des personnages) m'a immédiatement fait rappelé un village marocain qui s'appelle 'Moulay Bousselham'. A travers les événements de ce livre, nous s'introduisant (en tant que lecteurs) dans le perspective d'un personnage qui s'appelle May, et d'autres, qui se mettent à découvrir une réalité cachée sur leur famille et ses membres, une réalité qu'on a caché par peur de la société et ses jugements (principalement ceux pointés sur la femme et ses choix).
Le style utilisé dans le livre est tellement 'tactile' : Les mots et les expressions utilisés sont bien choisis pour stimuler les sens des lecteurs et les aider à sentir l'intensité des émotions vécues par les personnages.
Même si le village 'tefl' n'existe pas en réalité, j'ai senti que ce livre lui a donné vie. Comme un endroit tant oublié par l'humanité qui a cessé d'exister sur nos cartes mais qui a toujours une trace, une histoire, des empreintes qui nous disent tant de choses.
Sans oublier le développement des personnages au cours de l'histoire qui a été un aspect qui m'a capté depuis les premiers moments. J'ai bien aimé l'évolution de chaque personnage et le dévoilement de la réalité à travers leurs yeux.
Les allers et retours entre les personnages, le temps et les lieux de l'histoire n'a affecté en aucun cas la bonne compréhension des événements du livre et la situation des personnages.
Ce que je considère le plus important durant cette lecture ce livre est la représentation de la réalité à travers le vécu des personnages. Sans doute, les préjugées et les idées préétablis qui sont appliqués par la société sur ses membres ne cessent de limiter la convivialité et la communication entre nous. Le fait qui peut briser des relations et débâtir une communauté.
Enfin, L'envers de l'été était une bonne lecture et je le recommande vivement aux jeunes surtout. Bonne lecture