Sadie a quitté Montréal, jadis, elle fait partie de ces gens qui peuvent tout laisser derrière pour trouver du nouveau. Chercheure dans un laboratoire de Marseille, elle passe la majorité de son temps auprès de créatures qui lui transmettent une méthode pour vivre en parasite. Arriver à dire ce qui dépasse l’intelligence humaine, penser l’inconnu radical qui défait toutes nos catégories, voilà la vocation de Sadie. Le jour, elle s’outrepasse dans le génie de Régnier, le professeur qui lui a fait découvrir le monde bourdonnant du vivant microscopique, et qui lui a appris que, pour étudier les virus, il faut penser infectieux, se laisser contaminer par des idées dangereuses. La nuit, elle s’encanaille au Scum, le bar de Veronica, elle se dissout dans les playlistes de Molly, se défait dans le corps nombreux de la danse.
Jusqu’à ce que le passé lui donne un coup de fil. Un numéro de Montréal, qu’elle n’a pas revu depuis vingt-cinq ans. Son virus la rappelle de l’autre côté de l’Atlantique pour lui poser une nouvelle énigme, dans cette ville et dans cette famille où le temps a pris un cours imprévu. Sadie suit l’étrange spécimen au cœur d’une histoire qu’elle ne comprend plus, suit son désir de connaître jusqu’à la déformation de soi. Quand se casser n’est plus une option, il ne reste plus qu’à se couler dans l’inconnu, et risquer que la pensée s’incarne.
J'en ai lu la moitié et j'ai pas encore compris ce que le livre essaye de faire. Si c'est ce que vend le 4e de couverture, c'est à dire une réflexion sur les virus et le parasitage, un sujet d'or s'il en est un, on ne le fait que de manière superficielle. Le livre commence en s'inspirant d'une véritable découverte scientifique d'un virus qui changerait la manière dont on conçoit les virus. Comment? Pourquoi? On s'attend que le roman nous l'explique, mais à part le fait que c'est un vraiment gros virus, on n'apprend pas grand chose, comme on n'apprend pas grand chose sur le personnage principal. Oh, on connait son travail, ses relations, ses amies, mais elle manque totalement d'agentivité (comme un virus? je sais pas, et encore ce serait le seul rapprochement assez vague que je puisse faire entre le thème du roman et son protagoniste), ce qui n'est pas nécessairement une mauvaise chose chez un personnage, mais là, on a vraiment l'impression que le personnage fait des choses parce que le narrateur/narratrice l'a décidé. Peut-être que ça devient plus clair et plus conséquent dans la 2e moitié du livre, mais mon intérêt n'est plus là et la vie est trop courte pour lire des livres qui ne nous intéressent plus.
"Dans cette réduction immédiate [du virus] au statut de parasite, on manque quelque chose : ce que c'est d'habiter le monde par association, d'évoluer sur la planète en se donnant la peine de comprendre - et de l'intérieur - qui sont ceux qu'on y croise."
Voilà, résumée en une phrase, l'essence du personnage principal dont la psyché évolue en parallèle et en phase avec ses recherches sur le virus. On comprend au fil du livre que la personnalité de Sadie X se vit "par procuration", qu'elle n'existe qu'en relation avec des gens à l'individualité forte, voire excessive (manies compulsives, style vestimentaire extravagant, goûts musicaux uniques, etc.).
Sadie X, peu attachante dans la 1ère partie du livre (qui m'a d'ailleurs semblée froide et conceptuelle à outrance), se révèle alors qu'elle est lentement poussée dans ses derniers retranchements. Les 2e et 3e parties du livre, dont le style d'écriture devient (légèrement) plus sensuel et sensoriel, dévoilent l'origine de sa rigidité, de ses mécanismes de défense psychologiques. Le personnage n'est alors plus cette coquille vide qui "s'approprie" les autres, mais un être profondément coupé d'elle-même.
Le crescendo est réussi et la "psychose" vécue vers la fin semble avoir créé une brèche dans cette rigidité obsessive; j'aime d'ailleurs que, dans la finale, cette brèche ne soit ni entièrement fermée, ni pleinement ouverte en une renaissance qui m'eût semblé un peu niaise ou simpliste.
Bref, un roman très bien écrit, inconfortable par moments (c'est certainement voulu), et dont j'ai sous-estimé la capacité à me surprendre. Chapeau!
L’écriture de Clara Dupuis Morency est très resserrée, travaillée, précise. Elle sait écrire, pas de doutes là-dessus. Mais je n’ai jamais réussi à entrer dans l’histoire. Je voulais beaucoup, parce que je sentais qu’il y avait quelque chose de très différent, original, dans ce roman, mais malheureusement la fin du livre est arrivée avant que je m’exclame: ah oui, voilà, c’était ça!
Let's just say I'm not the reader for this book...
I will also note that I find this to be really sad because the author - and I guess equally the credit goes to the translator, Aimee Wall - really has a way with words. There were times when I read and re-read a sentence multiple times just to savour the way she puts words together.
But I just couldn’t care enough to stick with this.
4 1/2 ⭐️ (j'enlève une demie étoile pour les répétitions qui auraient pu être sautées... peut-être un travail de l'édition...)
J'ai adoré ce parallèle fait entre la science, la méthode scientifique (l'étude du virus) et la compréhension de la vie humaine (nos rapports entre humains).
Les concepts du temps (sujet de la thèse de l'autrice, sur Proust entre autre, que je suis curieuse de lire maintenant) et de la filiation y sont abordés et remis en question en quelques sortes pendant que l'on apprend à connaître Sadie et les virus qu'elle étudie.
J'y ai aussi vu un certain parallèle avec La Métamorphose de Kafka où dans un délire Sadie devient/agit/ essaie de penser comme le virus.
Roman qui peut être apprécié davantage si on est nerd et intello selon moi ;-)
L'écriture de ce roman est sublime. L'autrice maîtrise la langue avec tellement d'aise que ça rend jalouse d'avoir trouvé cette tournure, d'avoir mis ces mots ensemble. Les phrases sont riches et harmonieuses, c'était un réel plaisir à lire. L'histoire ne m'a pas du tout captivée et j'ai eu beaucoup de misère à terminer le livre. Je me suis demandé assez souvent si j'allais le terminer. Les digressions vers la vie privée de Sadie ne servaient pas le récit et ne se découpaient pas avec le nouveau virus. Je suis sûrement à côté de la plaque, mais je n'ai pas trouvé d'intérêt dans l'histoire. Je me déçois lorsque ça arrive.
"Il est là, le plaisir insoupçonné de la défonce, ce moment de transport dans lequel l'idée nous échappe, perd sa consistance et morphe en autre chose, laisser aller cela, ce qu'on tenait et qui nous semblait si vrai, qui a redéfini, pour un temps, les catégories du réel, qui enfin nous faisait voir autrement."
C’est plutôt un essai philosophique. J’ai de la difficulté à saisir le lien entre la vie organisée de Sadie et celles des virus. La lecture était parfois laborieuse. J’ai tout de même appris sur les virus!
I must maintain my focus. I am about to embark on a perplexing journey.
A monumental virus is discovered. Sadie is a researcher in a patriarchal realm, guided by a virologist with an immense ego that borders on god-like. Sadie is valuable, but she is also subservient.
In Clara Dupuis-Morency's “Sadie X,” readers will be compelled to question how life can be reduced to fragments.
Similar to the virus, the past, the specters that haunt us, our desires and fears, and even Sadie’s struggles within a male-dominated society all come under scrutiny.
The goal is to understand how we evolve and to examine the aspects that shape us, both positive and negative, with the precision of a microscope. Perhaps, in doing so, we can transform these fragments into something more manageable.
“Sadie X” challenges readers to reflect on the complexities of existence, the dynamics of power and mentorship, and the significance of pivotal moments in one’s life. It seems to encourage readers to look beneath the surface of life to uncover the more profound meaning and significance of our experiences.