en 1959 j'avais 16 ans, et je venais de tomber folle amoureuse du Diable sous les traits de Gérard Philipe, dans la Beauté du Diable que j'avais vu dans le gymnase du lycée, et je suppose que toutes les adolescentes présentes avaient dû en faire autant ! Je me suis mis a collectionner les Ciné-revues, Cinémondes de l'époque et mon rêve était Avignon, la cour du palais des papes et lui, sur scène... Et un jour mon frère est entré en courant "Gérard Philipe" est mort!" (tout le monde se moquait de mon engouement...) et j'ai pleuré, pleuré... Eh bien 60 ans après, en lisant le beau livre de Jérôme Garcin consacré aux derniers jours du Cid, j'ai pleuré, encore... C'est tout le kaléidoscope des grands noms du théâtre et du cinéma, de la culture, plutôt, de cette époque de cette époque qui défilent sous la plume de Jérôme Garcin, qui recrée ainsi l'environnement de cette année 1959 en écrin aux derniers jours de celui qui fut une star mondiale, car partout dans le monde, "pas une scène de Moscou à Tokyo, de New York à Pékin n'a omis de rendre hommage à cet acteur par une minute de silence avant le lever du rideau;" Jérôme Garcin nous fait vivre jours après jours (il y en a eu si peu !) les derniers projets, les dernières envies que cet homme avait, et le parallèle entre cette passion de vie et la fin si proche et si inévitable rend les dernières pages du livre bouleversantes.