Dans les bureaux du journal L’Union nationale, Charles rêve d’influencer l’Histoire et de participer à renverser ce maudit projet de Confédération canadienne. Mais que peut donc faire un apprenti typographe qui passe le balai et vomit sa soupe aux pois lorsque les puissants mettent le destin en marche?
Un siècle et demi plus tard, Édouard se complaît quant à lui dans son avachissement. Traducteur désenchanté depuis l’échec référendaire de 1995, il est devenu un éternel ambigu qui nuance, tergiverse... jusqu’à ce que sa belle voisine et une formidable découverte fassent souffler un vent fou sur sa vie apathique.
Entre Charles et Édouard, un même mystère à résoudre : Louis-Joseph Papineau a-t-il rencontré Alexis de Tocqueville lors de son passage à Montréal en 1831? Le voyage du philosophe français cachait-il quelque chose d’inconnu jusqu’à aujourd’hui?
Des révoltes des Patriotes aux manifestations du printemps érable, ce roman détricote l’Histoire et y ajoute quelques chatoyants brins de laine. Toutes les révolutions n’ont pas été tranquilles au pays de ceux dont on ne redoute rien.
L'écriture. Grande force de ce roman. C'est fluide, facile à lire et malgré les thématiques principales complètement hors de mes préférences, j'ai réussi à terminer ce livre. Je ne pense pas que cela aurait pu être possible sans la force de la plume.
Les thématiques sont assez pointues et poussées. Ce roman va plaire à un public friant de politique, d'histoire et de l'enjeu de l'indépendance du Québec autour des années 1831-1860. Il y a un petit intérêt romantique. Je suis encore mitigée à savoir si c'était simplement non pertinent ou si ça a apporté un peu de légèreté au sujet principal qui est plutôt chargé.
L'alternance entre le présent et le passé est un procédé que j'aime bien. J'aurais pris la date avant les chapitres simplement pour mieux me situer et pour m'éviter d'avoir à chercher (lectrice paresseuse ici, je le sais). Le présent rendait encore une fois le roman un peu plus léger puisqu'on suivait Édouard dans ses relations familiales, amicales et amoureuses. Un petit bémol par rapport aux deux perspectives c'est qu'il m'est arrivé à quelques reprises de ne plus savoir si j'étais avec Charles (1860) ou avec Édouard (2012). Comme les deux protagonistes recherchent les mêmes informations au sujet de Papineau, Tocqueville et Beaumont, ça devenait mélangeant.
Bien sûr, vous comprendrez entre les lignes que ce roman n'a pas comme public cible, moi. La politique est une source de charabia et d'ennui (je sais, j'ai honte) pour moi, donc je n'avais pas vraiment de plaisir à savoir si la rencontre entre les trois hommes c'était vraiment passée ou non.
Je dois aussi avouer que dans ce type de romans (historique ou politique) j'ai besoin de m'attacher à un personnage et de ressentir un investissement dans son développement personnel. Dans ce roman, j'ai plutôt l'impression que les faits historiques et politiques sont l'aspect le plus important. Par conséquent, lors de passages ou l'on relatait faits sur faits, mon intérêt était difficile à garder.
Dans ce roman, l'auteur donne vie à bon nombre de personnages historiques québécois, moins connus que Papineau ou Laurier, et construit sa trame narrative à l'époque charnière de la Confédération canadienne. L'uchronie au coeur de l'intrigue intéressera certainement les férus d'histoire politique, mais c'est la plume habile, drôle et attachante de l'auteur qui rend l'histoire réellement captivante. La qualité de la recherche derrière ce roman est par ailleurs impressionnante et donne lieu à une réflexion sur le mouvement d'indépendance du Québec et l'apathie souvent sous-jacente à son histoire.
Excellent premier roman. L’histoire se déroule sur deux époques et s’insère dans un contexte historico politique vraiment bien documenté. Si vous êtes férus d’histoire et/ou de politique, je vous le recommande chaleureusement. Si vous êtes bibliothécaires, un must à lire.
Bon livre, bien écrit. On doit être au fait de l'histoire du Québec/Canada (particulièrement de l'indépendance et des patriotes) pour savourer à juste titre.
Okay, j’ai totally geeké-out sur ce livre-ci. (Excusez mon chiac, c’est comme ça que ça veut sortir aujourd’hui. J’ai mes moods. Et bon, c’est dimanche et je suis chez moi, lol.) C’est dire que j’ai trippé raide. Du début à la fin, je me suis follement amusé. I mean, c’est quasiment comme si ce livre avait été écrit pour des gens comme moi, amateurs d’Histoire et d’idées politiques. On trouve ici une intrigue racontée en trois périodes distinctes réunissant, au travers du temps, le « Printemps érable » de 2012 (et le retour des souverainistes au pouvoir), les combats entre libéraux et catholiques ultramontains des années 1860 (sur fond de débats autour de la Confédération) et le voyage au Bas-Canada d’Alexis de Tocqueville, cet aristocrate théoricien de la démocratie, peu de temps avant les Rébellions de 1837-8. Tocqueville est transformé, pour la cause du roman, en agent secret du gouvernement français. Y’a certainement de quoi là-dedans pour me plaire longtemps! Peut-on adapter ça en une télésérie de 8 saisons s’il-vous-plait? 😊
Vous vous dites peut-être que c’est une histoire un peu « genrée ». Effectivement, je ne suis pas certain si ce roman plairait à tous. Cela dit, Mathieu Thomas, qui signe ici sa première fiction, fait une bonne job côté écriture et construction du récit. Bien que ça tourne autour de questions politiques, les personnages sont bien développés et ne sont pas bidimensionnels. On vit avec eux leurs frustrations au boulot (voire leurs crises de carrière existentielles), leurs amourettes, leurs amitiés, etc. Je crois donc que le livre pourrait possiblement plaire au-delà du cercle des geeks d’histoire politique. Mais vous me le direz.
Vous voulez savoir si l’ouvrage est trop engagé? Si c’est un pamphlet souverainiste déguisé? Eh bien, moi je dirais que non, que ce serait simplifier les choses que de dire ça. C’est vrai que les personnages importants– de toutes les trois périodes – sont nationalistes. Mais le personnages principal et narrateur, lui, est d’une grande ambivalence face à la question nationale. Au travers de ses pensées, on explore donc le thème de manière plus tâtonnante et globale que lourde et idéologique. Et quand une perspective nationaliste est présentée clairement, c’est le plus souvent pour faire le contre-poids d’une opinion publique maussade, résignée ou hostile. De toute façon, les questions politiques sont selon moi trop souvent peu présente dans notre littérature, alors moi j’ai trouvé ça rafraîchissant.
Dans tous les cas, je ne peux que recommander chaudement ce livre tout neuf, surtout à mes amis qui s’intéressent un tant soit peu à l’histoire. Voilà ce qui prouve qu’on peut nous aussi, au Canada, mettre notre histoire en fiction avec succès, comme les Américains et les Français le font déjà depuis longtemps.
J'hésitais entre trois et quatre étoiles pour ce livre qui est somme toute assez niché. L'intrigue en deux époques parallèles est intéressante et il y a une recherche de faits historiques impressionnante pour supporter l'histoire, mais on finit le roman en ayant encore un peu faim.
Le fonds de l'histoire est très pointu et pas forcément captivant puisqu'on sent très peu l'urgence qui anime le déroulement de l'intrigue. Au fond, est-ce que c'est si exceptionnel de découvrir si Alexandre de Tocqueville a rencontré Louis-Joseph Papineau lors de son passage au Bas-Canada? Dans la vraie vie, probablement, mais dans le cadre d'une fiction, on est loin d'un Dan Brown.
Le but principal du livre est plutôt de discuter du sentiment nationaliste et de l'appartenance à plus grand que soi, pour les Québécois d'aujourd'hui et celui de l'époque de la Confédération. La trame politique moderne incluant Option nationale est un peu moche, mais sert bien l'intrigue au final.
Bref, ce n'est pas un mauvais livre en soit, j'ai apprécié, mais il faut être plus en mode ''je lis de la doctrine sur fond d'une intrigue modérée'' que ''je veux lire un roman d'aventures''.
"J’ai commencé à me le répéter : les Canadiens, c’était nous. C’était nous, mais c’est fini, les Canadiens, c’est maintenant eux. Est-ce qu’on a déjà vu, dans l’histoire du monde, un autre exemple de peuple se faisant voler son nom comme ça ?"
"Le Canada doit être un des seuls endroits au monde où le français n’est pas une langue de prestige, ai-je soupiré."
Ce roman m'a vraiment marqué. C'est dommage qu'il ne soit lu par aucun de mes amis canadiens-anglais, qui normalement dévoreraient ce genre de littérature.
"Ceux dont on ne redoute rien" a réveillé quelque chose en moi. J'ai vécu le "printemps érable" et j'ai été témoin de l'effacement progressif de ce qui s'est passé en 2012. Mathieu Thomas m'a fait revivre cela, mais a exprimé des choses sur notre culture d'une manière qui me touchait. Son style d'écriture est rafraîchissant et baroque, mais familier.
Surprenant! Habituellement j’adore les romans historiques sauf ceux du Québec; car j’y retrouve trop de romance quétaine. Mais là, dans ce 1er roman de Mathieu Thomas, on a un roman historique, un vrai, comme je les aime. L’auteur, et c’est évident à la lecture, a beaucoup fait de recherches et de lectures historiques. Nous sommes donc au Québec. L’univers est surtout centré sur Montréal. Tout au long du roman, on se promène entre 2 époques; celles « d’aujourd’hui » en 2012 (avec le Printemps érable en toile de fond, sans en être le sujet), puis celle vers la mi-XIXe siècle (1831-1864). Il y a un léger suspense dans le roman mais pas majeur. Les protagonistes parlent évidemment de politique. Un roman québécois extrêmement rafraîchissant. Vous aurez devinez, ce sera une oeuvre que je recommanderai à mon entourage et dans plusieurs conversations littéraires.
Roman historique mais avec une quête, du suspense, des opinions tranchées sur l'indépendance du Québec. J'ai appris plusieurs choses, visiblement mes notions sur l'histoire du Québec sont lacunaires. Bonne idée d'intrigue, on a rarement eu affaire à ce type de récit en roman québécois. J'ai trouvé plusieurs passages très long et banals, dans leurs dialogues et descriptions. J'ai aussi trouvé que les histoires d'amour étaient pourvues de clichés, dont l'histoire n'avait pas besoin. Je n'aurais pas été attirée par ce livre si je n'avais pas eu à le lire via le club de lecture des premiers romans. Je suis contente de lavoir essayé, ça a fait changement.
Excellente construction du récit entre le printemps érable, la période pré-rébellion 37-38 et la période 1860. Un rare roman sur les enjeux politiques modernes du Québec.