Au départ, il y a un lutin qui hurle « Vous avez niqué la fantasy ! » alors qu’il retient en otage plusieurs personnes dans une bibliothèque. Et puis il y a le coup d’un soir d’Olga qui se met à déconner et à foutre le feu à son appartement, avant d’aller brouter les pissenlits par la racine. Et il y a aussi les trois punks Jex, Skrook et Pils qui doivent jouer au Festival du Gouffre tandis qu’il se passe de drôles de trucs dans la forêt d’à côté.
Karim Berrouka, auteur du Club des Punks contre l’apocalypse zombie (prix Julia Verlanger) revient avec Le jour où l’humanité a niqué la fantasy. Membre émérite de la World Grouilleux Academy of Fariboles et professeur de fantasy appliquée à Normal Sub, livre ici un récit autobiographique indispensable pour la compréhension de l’univers et le salut de l’humanité.
La sortie d’un roman de Karim Berrouka se remarque, rien que par le titre, ça percute dans la tête. Le jour où l’humanité a niqué la fantasy ! Non mais évidemment que j’ai envie de lire un bouquin qui s’appelle comme ça, et si c’est l’auteur du Club des punks contre l’apocalypse zombie qui signe, j’y vais les yeux fermés.
Une prise d’otage dans une bibliothèque par un lutin qui gueule « vous avez niqué la fantasy ! », c’est déjà un peu bizarre. Le coup d’un soir d’Olga qui termine debout à poil sur le lit à foutre le feu à l’appartement avec sa bite, c’est pas banal non plus. Jex, Skrook et Pils qui vont jouer au Festival du gouffre et tous les locaux sont super-accueillants envers l’armée de punks qui envahit leurs prés pour faire la fête, c’est trop, y’a vraiment un truc qui tourne pas rond dans cette histoire. Et j’en resterai là pour l’histoire qui réserve tellement de petites surprises qu’il faut absolument le découvrir par soi-même.
Le jour où l’humanité a niqué la fantasy démarre ainsi avec plusieurs petits arcs narratifs fort loufoques. Le ton est donné, on retrouve avec plaisir la plume de Karim Berrouka, toujours merveilleuse de malice et de vannes bien senties. L’humour et la SFFF pour moi c’est compliqué, je suis pas très bon public, imaginez : j’aime pas les romans de Terry Pratchett (ooouuuuh, le nuuuul). Mais après Le club des punks et Le jour où l’humanité a niqué la fantasy, j’ai bien l’impression que cet écrivain tape pile dans ma zone de rigolage. Oui, ça existe, chut. L’humour vise juste, que ce soit les vannes frontales, les détails de l’univers, le sous-texte métarigolo où les clins d’œil au lecteur, tout fonctionne (chez moi) et je me suis régalé.
Mais tout comme son livre précédent, ce bouquin-là ne se contente pas d’aligner les blagues pour amuser le lectorat. Il y a ici un vrai effort sur la construction de l’intrigue pour que le lecteur reconstitue ce puzzle narratif au fil des pages et élucide cette grande énigme. Ça part vraiment dans tous les sens au début mais tout se met en place et on apprécie la construction de l’ensemble, plus fine qu’il n’y parait. On peut en plus y trouver en sous-texte un commentaire sur les littératures de l’imaginaire, on s’en doutait un peu, qui nous parlera des libertés créatives face aux dogmes et aux coincés du cul qui aiment « garder des portes ». Mais il n’y a pas que ça, parce qu’on peut trouver une petite réflexion derrière pas mal de passages, et c’est le lecteur qui picorera ce qui lui parle et en tirera quelque-chose.
J’aime aussi ces personnages joyeusement bourrins, fonceurs, qui passent pas 100 ans à pleurnicher où à se demander « qu’est-ce qu’on va devenir ?! ». Olga et Margo rentrent dans le lard, nos 3 amis punks foncent dans les problèmes la tête baissée quand il s’agit d’aider leurs amis, avec une désinvolture classieuse qui force l’admiration. Ils sont tous tellement funs ! C’est génial ! On a aussi un couple « d’inspecteurs de l’étrange » en Mulder & Scully timbrés sauce new-age. Et vous apprécierez certainement les quelques guests qui font leur apparition, mais gardons quelques surprises… On a plein de détails amusants dans cette galerie de personnages, comme le langage perché des non-humains (qui font penser à un Alain Damasio sous cacheton dans le texte).
Globalement, Le jour où l’humanité a niqué la fantasy fait dans l’Urban fantasy déjantée, ou peut-être dans le New Weird qui aurait fait une grosse soirée « cigarette qui fait rire » ? Je sais pas trop, faudra demander aux experts d’étiquetage. J’ai pensé à un Neil Gaiman complétement barré en tous cas. Tout ce que je sais c’est que c’est fort rigolo, c’est très rythmé et j’ai passé un excellent moment. Et derrière chaque blague, chaque situation absurde, chaque moment de joyeuse folie, il y a du fond.
Roman reçu en Service Presse de la part de l’éditeur ActuSF, merci à eux
Attention c'est un livre qui ne plaira pas à tous les lecteurs Soit on aime soit on n'adhère absolument pas Pour moi, j'adore le travail d'écriture sur les mots, leurs sens et leurs non sens J'adore les personnages tous plus ou moins déjantés, loufoques, marginaux mais fortement attachants ; j'adore ces délires imaginatifs sans censure ni barrière ... Une lecture jubilatoire qui tranche dans le lard de la fantaisie habituelle comme l'avait déjà fait l'auteur avec la mode zombies dans Le Club des punks contre l'apocalypse zombie Il n'y a certes pas de grands débats d'idées (encore que...) mais une écriture jouissive et débridée qui fait passer un bon moment de lecture dans un contexte actuel tendu et anxiogène C'est assez rare pour être appréciable et apprécié A lire lentement pour en savourer toutes les trouvailles ! Grand Merci donc à M. BERROUKA et à son éditeur ActuSF qui a osé le publier
After the dark/depressing 'Les Derniers Hommes' (my review) by Pierre Bordage, I was in need of something lighter, something more cheerful, no matter how much I like Bordage's stories. But cheerful and Bordage don't match. After going through my TBR-pile, I noticed Karim Berrouka's before-last novel, 'Le Jour où l'humanité a niqué la fantasy' (transl.: The day when humanity screwed fantasy), published in 2021 by Éditions ActuSF. The book was to be reissued in pocket format this autumn (2023), but as ActuSF had to halt all activities since the summer... They've been taken over in October, so that reissue might see the light of day anyway, but then in 2024, I reckon.
As you can imagine, especially with such a title, this is not your typical fantasy novel. On the contrary, as Karim Berrouka has the tendency to add humour and mirth to his stories. Just check out the titles of his other stories, mainly his novels, and you'll see what I mean. You could compare him, in a way, with Terry Pratchett. As I wrote in my review of 'Pam Pam...': Terry Pratchett's 'Discworld' stories, Walter Moers's 'Die Stadt der Träumenden Bücher', and even a little of 'The Twelve Tasks of Asterix'. It's not different here, the same authors, books, ... popped up in my mind when reading this thick brick. By the way, Berrouka's style is quite accessible and thanks to the short chapters, you just sliiiiide through the book.
It starts with an elf holding people hostage in a library and screaming that they "screwed fantasy!". Indeed, fantasy and its wide range of magical creatures will be the topic around which everything revolves. Well, not all creatures, of course. Mainly elves, faeries/fairies, and a few others. Real people, from solitary humans to a group of punks, will live extraordinary adventures, visit parallel worlds (), and meet a variety of creatures one only meets in books. Not in one's imagination, for these creatures will teach/show them (the humans) what fantasy really is. Not the stuff they've been imagining or promoting all those decades. Like this, it sounds serious, but like Berrouka describes it, it's pure fun.
There are also some cameos. The chosen few are Jérôme Vincent (chief editor of Éditions ActuSF), Stefan Platteay (author), Li-Cam (author), and Élisabeth Ébory (author). They too will be put to the test of what fantasy really is. Though not all of them write stories with dragons, faeries, elves, gnomes, ... And that will also influence the flow and events, also for some people in the audience at the biggest festival in France: Les Imaginales in Épinal. It must be noted, however, that if you are unfamiliar with the French SFFF-scene (its authors, the books, the publishers, ...), a lot may go over your head. If you are, on the other hand, familiar with all this, and of course Berrouka's stories, then you can enjoy to the fullest the crazy trip Karim Berrouka has reserved for you here.
I guess a novel like this had to be written at some point. There aren't that many authors who could/can pull it off, in my humble opinion and what I "know" about the French SFFF-scene, but Karim Berrouka. There are various Berrouka's in the Anglo-Saxon SFFF-scene and thus many fantasy books where humour is a key ingredient. Karim Berrouka certainly tries his best to show French humour should be more present in the world of fantasy.
Oh yes, be prepared to unlearn what you were taught about those typical fantasy creatures. They don't (always) come in the shape, size or colour you've always taught they come in. Fantasy is large, is everywhere, is subtle and in-your-face.
'Le Jour où l'humanité a niqué la fantasy' is nothing less than highly recommended, funny, and an excellent medicine in these dark(er) days/times. Plus a personal reminder that I have to read the rest of my Platteau TBR-pile.
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Previously read, in order of reading: * Le truc qui ressemble à une machine (in the anthology Utopiales 2016) (my review) * Pourquoi dans les grands bois aimé-je à m'égarer? (my review) * Les ballons dirigeables rêvent-ils de poupées gonflables? (my review) * Pam Pam au pays des merveilles (my review) * La bande se métamorphose (in the anthology Utopiales 2021) (my review)
Read by Li-Cam: * La Map d'Iris (in the anthology 'Nos Futurs Solidaires') (my review) * Monade Incarnate (in the anthology Utopiales 2018) (my review)
Read by Élisabeth Ébory: * Fichy chaudron (my review) * La Fée, la pie et le printemps (my review)
Read by Stefan Platteau, so far: * Dévoreur / Dévoreur, précédé du Roi cornu (my review) * Manesh (Les Sentiers des astres, #1) (my review) * Shakti (Les Sentiers des astres, #2) (my review) * Meijo (Les Sentiers des astres, #3) (my review) * Les Enfants d'Inanna (in the anthology 'Nature - Anthologie des Imaginales 2019') (my review) * Énéide des faés (in the anthology 'SOS Terre & Mer') (my review)
Le jour où l'humanité a niqué la fantasy est un vrai régal. Un roman déjanté qui nous projette dans un joyeux bordel halluciné qui utilise et détourne les clichés de la fantasy pour mieux nous faire marrer. C'est fou, c'est hilarant et c'est aussi bien acéré côté critique sur le genre et la société dans son ensemble. Voilà un très bon Karim Berrouka pour les amateurs d'imaginaire ou non, pour les âmes punks et pour les lutins d'1m80, qu'ils soient complètement abrutis ou juste incompris! Fulgurance, fulgurance!
Mon premier Karim Berrouka, et c'était une découverte assez intéressante ! J'ai reçu ce livre en cadeau d'une amie et je n'avais aucune attente, je ne savais pas dans quoi je m'embarquais. Alors là, je n'avais jamais lu un truc aussi décalé, c'était complètement perché, mais tellement drôle et super réfléchi à la fois.
Un bon moment de lecture : c'était léger, drôle et intelligent. J'ai aussi aimé l'écriture imaginative de Berrouka même si, à certain moment c'était un peu too much au niveau envolées lyriques d'abrutins et autres créatures loufoques. Un tout petit lourd parfois donc. Mais c'était vraiment sympa d'avoir un livre, qui, sans se prendre au sérieux, m'a fais mine de rien, vivre quelques aventures épiques et déjantées. Mon premier Berrouka donc, mais certainement pas le dernier !
Le titre était hyper intéressant, la vulgarité banalisé aussi mais pour le reste je n'ai pas vraiment apprécié, trop long, trop de points de vu a certains moments
"Atypique", c'est le mot, mais c'est pas le seul, on y reviendra un peu plus loin.
J'avais déjà lu un roman de "Karim Berrouka" (membre du groupe Punk "Ludwig von 88") avec "Le club des punks contre l'apocalypse zombie" et ce fût un gros coup de cœur. Ici c'est pire XD c'est une grosse claque dans ma tête d'humain que je me suis manger, ce livre est génial !
Déjà la première chose c'est cet humour bien badass, présent en permanence et pour lequel j'ai ri seul comme un débile à chaque page ou presque, imparable pour se retrouver catapulté dans "L'affre-monde" sans vouloir en ressortir.
C'est donc un roman de fantasy atypique mais aussi rempli d'action, ambitieux, fou, original, drôle, intéressant et 100% punk !
J'ai bien kiffé les personnages, les 3 punks déglinguos, les deux copines (Margot et son humour qui tue), l'enfant schizo, les auteurs de fantasy des "Imaginales", et les autres (on a un paquet de chelous qui passent dans le livre).
Le texte est doté d'un language propre, entre l'argot Punk et le parlé de L'affre-monde, on est servi, et bien !!
Le scénario qui malgré l'humour, est superbement travaillé et pointu, et cela on s'en rend compte lors d'une fin assez épique où tu te dis "ah mais oui, voilà le pourquoi du comment", puis tu refermes le bouquin, un peu triste que ce soit fini, en te disant que t'en aurais bien repris un ptit peu.
C'est donc un bon gros coup de docks dans le... Enfin un gros coup de cœur quoi, de ceux qui vous invitent à venir pogoter entre ces pages.
Petite déception que ce roman en ce qui me concerne. J'avais laissé Karim Berrouka suite à la lecture de l'excellent Le club des punks contre l'apocalypse zombie et après avoir fait l'impasse sur La fille qui n'avait pas peur de Chtulhu.
Comme on le voit, Karim Berrouka aime les titres à rallonge et accrocheurs, et je dois bien reconnaître que je suis plutôt client moi-même. Du coup, toutes les conditions étaient réunies pour que je me penche sur ce Jour où l'Humanité a niqué la fantasy.
Outre le titre, le premier chapitre lance le roman tambour battant, avec une prise d'otage dans une bibliothèque par quelqu'un prétendant être un lutin, dont les revendications portent sur une littérature de l'Imaginaire dépeignant les créatures du bestiaire de fantasy avec d'avantage de justesse.
Le ton est lancé, pensais-je, on va se retrouver face à un roman truculents et déjantés où la fantasy va se retrouvé malmenée ou plutôt, pour rester dans le ton, réhabilitée par les principaux intéressés. Sauf que pas seulement.
Car le récit part rapidement dans plusieurs directions différentes et perd de sa force dans l'opération de mon point de vue. Car le récit en ressort un brin bancal. Même si ces différents arcs narratifs finissent par se rejoindre, c'est un peu au forceps, et au prix d'une narration parfois foutraque (dans le mauvais sens du terme).
L'impression qui ressort à la lecture, c'est que Karim Berrouka avait des idées pleins sa musette, et qu'il en a trop mis d'un coup, quitte à créer trop de sous-intrigues.
Une trame narrative inutilement chargée donc, qui nuit au final à l'expérience de lecture. D'autant plus que l'idée de départ de créatures de fantasy souhaitant être représentée de manière plus exacte passe vite au second plan pour ne devenir qu'un vague arrière-plan.
J'aurais adoré que ce soit au contraire le centre de tout et avoir un roman fourmillant de contre-exemples et de "vérités rétablies", mais ce n'est pas l'option finalement retenue. Tant pis pour moi.
L'ensemble se lit tout de même avec plaisir et bénéficie de quelques passages bien ciselés, mais je ne peux m'empêcher de penser qu'on est passé à côté d'une œuvre beaucoup plus drôle.
Pour la fantasy, sans fantaisie On était habitués aux interprétations loufoques de Berrouka, mais cette fois l’auteur s’est laissé emporter par les envolées baroques de son même style et nous présente un roman sans queue ni tête. Trop de personnages et trop de sauts de narrations (y compris un saut temporel, qui ne fait qu’ajouter de la confusion) pour les suivre tous, une tentative de dénonce méta-narrative qui n’est pas très justifié dans le panorama énormément varié de la fantasy du XXIème siècle, un langage volontairement difficile, qui perturbe la lecture au lieu de créer une ambiance… trop d'éléments négatifs gâchent un livre qui, pourtant, partait d’un sujet fort intéressant. La chose à sauver absolument: les noms des cinq lutins qui m’on fait découvrir les lieds de Schubert correspondants: - Puckdermusensohn - Puckamspinnrade - Puckaufdemwasser - Puckimfrühling - Puckderelkönig
J'ai beaucoup apprécié ce roman. L'on suit l'histoire de plusieurs personnages qui vont s'entremêler au fil des pages. Les auteurs ont fait n'importe quoi avec la fantasy : les lutins et autres créatures propres à ce genre comptent bien foutre au maximum le bordel sur terre pour réparer les torts faits à la sfff. L'humour est présent du début à la fin, certains passages m'ont arraché plus d'un fou rire. Les codes de la fantasy sont habilement détournés, pour notre plus grand plaisir. Les personnages se retrouvent sans arrêt dans des situations rocambolesques, toutes plus hilarantes les unes que les autres. De plus, si au départ les personnages ne semblent pas avoir de liens les uns avec les autres, ils vont se retrouver au fil de l'histoire jusqu'au dénouement final qui, pour ma part était très innatendu. Si vous aimez les romans de fantasy décalés, foncez.
Après « Fées, weed et guillotines », Karim Berrouka revient vers la fantasy et nous propose un roman atypique comme il sait si bien les faire : drôle, absurde, punk, acerbe et critique. Les créatures magiques en ont marre qu’on les parodie et viennent rétablir la vérité… à leurs risques et périls !
Une tuerie à l'exploplop ! On est sur du ficelé serré, mêlant des tas de points de vue, tous aussi zarbes les uns que les autres, et même différentes temporalités. Tout est décalé et irrévérencieux, du concept-même à l'écriture en passant par les personnages. On est sur du très grand burlesque qui retire à l'heroic fantasy tout ce qu'elle a d'heroic. J'ai adoré de la première à la dernière page.
J'ai découvert cet auteur au FLIP. J'ai beaucoup aimé le début. J'ai même rigolé ce qui est assez rare quand je lis. J'ai cependant trouvé le milieu du roman moins accrochant, un peu trop brouillon pour moi. L'auteur m'y a perdu. J'ai raccroché les wagons en fin de lecture mais j'ai un petit goût de déception quand même.