Dans les siècles des siècles, les Princes Démons Lucifer et Pazuzu s’affrontent en un jeu cruel et le monde est leur échiquier. Leurs pions vivent ou meurent, rient ou pleurent au gré de leur fantaisie démoniaque. Ainsi, Haagendorf, empereur de Lhynn, s’est vu prédire la fin de son règne lorsque l’Archer Chien de métal viendrait. En attendant, il tente de préserver ce qui peut l’être de son empire en s’alliant avec un ordre religieux qui ne rêve que de le détrôner : les Chevaliers de la Lumière, menés par leur retors commandeur : Frater Sinister. Mais c’est sans compter La lune Noire et l’archimage Haazel Thorn. Ou bien, peut-être que la rencontre fortuite du jeune elfe voleur Pile-ou-face, armé de ses deux épées bavardes, et d’un demi-elfe sans nom à la lame flamboyante pourrait renverser le jeu, la table et les joueurs…
Jeanne-A Debats est née en Aquitaine. Elle y est retournée récemment, après trente-cinq ans en région parisienne qu’elle n’est jamais arrivée à quitter réellement pour autant. La preuve ? Elle vient de revenir à Paris ! Elle y élève ses enfants, ses chats et ses chiens, à moins que ce ne soit le contraire. Écrivain par nécessité, professeur par vocation, elle enseigne le latin et le français. Jeanne-A Debats est venue à la SF parce que tombée dedans quand elle était petite, grâce aux efforts conjugués des grands auteurs américains Arthur C. Clarke et Robert Heinlein (qui n’en surent jamais rien). Beaucoup plus tard, dans les années 2000, la rencontre avec un éditeur de fantasy renommé scelle son sort : si le roman qu’elle lui présente n’est pas mature, et ne sera donc pas retenu, le directeur de collection l’encourage vivement à persévérer. En attendant, comme beaucoup d’auteurs d’imaginaire, Jeanne A. Debats se fait connaître en publiant des nouvelles. On citera par exemple L’Ogre de Ciment, dans l’anthologie « Les Ogres » d’Anne Fakhouri (Les Trois Souhaits, 2007), ou Fata Organa et Parfum d’Etoile dans les anthologies de Magali Duez (Griffe d’Encre). Le texte qui l’a propulsée sur la scène littéraire, La Vieille Anglaise et le continent, est un vrai choc : la critique est enthousiaste, le public suit et ce superbe récit écologiste, qui se refuse à toute mièvrerie, truste quatre prix littéraires ! On comprend pourquoi Jeanne-A Debats fait aujourd’hui partie du club très fermé des auteurs que tous les anthologistes sollicitent (elle est, par exemple, au sommaire de Victimes & Bourreaux, l’anthologie 2011 du festival). Défenseuse ardente de la littérature de jeunesse en classe, il a semblé logique à cette touche-à-tout de s’y essayer avec un succès insolent – EdeN en sursis a fait partie de la sélection 2010 du Prix Imaginales des Collégiens – comme elle a tâté et tâtera encore de la fantasy et de tous les autres genres de l’imaginaire. Plagueurs, son dernier roman de SF, pour adultes cette fois, a fait l’événement. Jeanne-A Debats n’a pas fini de surprendre !
La quatrième de couverture donne un résumé assez large de la saga en parlant de jeux de pouvoirs entre deux Princes Démons qui jouent avec la vie des habitants de la planète, pour ma part je serai plus factuel. Dans ce roman, on suit avant tout Wismerhill, un demi elfe qui ignore presque tout de son passé et qui apprend petit à petit à maîtriser des pouvoirs qu’il ne comprend pas vraiment. Au fur et à mesure de ses rencontres, il va en apprendre un peu plus sur ses origines, mais il va surtout se retrouver mêlé malgré lui à pas mal de problèmes. ⠀ J’ai vraiment passé un bon moment avec ce roman, malgré quelques inquiétudes avant de me lancer. Il faut dire que je n’ai jamais vraiment lu d’heroïc fantasy avant ça et que j’avais pas mal d’aprioris sur ce genre. Je mentirais en disant que tous mes aprioris étaient faux mais ça ne m’a finalement pas tant gêné que ça. Et si j’ai eu quelques soucis, ils ne viennent pas de cette novellisation et du travail de l’autrice mais plutôt, je pense, de l’œuvre originale. ⠀ Par exemple, j’ai trouvé qu’il y avait quand même pas mal de sexisme dans le roman (notamment un peu d’hypersexualisation et beaucoup de nudité féminine complètement gratuite), même si on sent que l’autrice a fait tout ce qu’elle pouvait pour gommer ce défaut au maximum tout en respectant le ton de l’œuvre de base. ⠀ Au-delà de ça, la lecture a été plaisante : la plume de Jeanne-A Debats est très agréable, et j’ai beaucoup aimé découvrir les différents personnages que j’ai trouvé attachants dans l’ensemble (surtout Goum !). On a vraiment un sentiment de camaraderie entre les différents personnages, surtout dans la première partie, et cet aspect m’a beaucoup plu. ⠀ Le ton est finalement bien plus léger que j’aurais imaginé, parfois un peu absurde, même s’il y aussi pas mal de violence plus ou moins gratuite comme on peut l’attendre dans ce genre littéraire. Le rythme est bien maîtrisé même s’il faut quand même signaler que cette novellisation regroupe trois tomes de la BD d’origine, et qu’on se rend quand même compte quand on passe d’une histoire à l’autre. Rien de bien gênant cependant ! ⠀ Par contre, je regrette un peu l’apparente toute puissance de Wismerhill. De par ses pouvoirs et grâce à l’aide des vents qui lui parlent depuis toujours et qui ont pour habitude de le mettre en garde contre les dangers, on ne s’inquiète jamais vraiment pour Wis. Il n’est pas entièrement épargné par les événements (ce serait vraiment mentir de dire ça), mais on n’a en tout cas jamais d’inquiétude concernant sa survie ou même son intégrité physique. ⠀ Quoiqu’il en soit, j’ai bien apprécié ma lecture et je serais curieux de voir ce que le destin réserve à Wis et ses alliés. D’autant qu’on finit sur un petit cliffhanger !
Une version "roman" particulièrement mauvaise d'une série qui à la base ne tient que grâce à sa démesure graphique. Quand en plus le style ne colle pas du tout... Drôle de projet dès le départ et résultat final plus que décevant.
Du vent et des dragons Adaptant (presque à la lettre!) les premiers trois tomes en BéDé de la série Les Chroniques de la Lune Noire, ce premier volume n’a pas l’espace, ni peut-être la prétention, de construire quelque chose de surprenant et original pour les “anciens” (la publication des trois tomes date du 1989-91) lecteurs de Wismerill et ses compagnons. La lecture du roman reste quand même agréable et le support de la prose permet de s’offrir des petits aperçus sur les motivations et les sentiments des personnages, donnant donc une identité propre à cette publication, qui finalement mérite une place sur l'étagère à côté des planches dessinées par Ledroit.