De prime abord, j’ai bien aimé ce roman. Plus mûr et accompli, Khadra revient au genre policier qu’il avait exploré il y a trois décennies.
L’histoire est ordinaire et réaliste. Les événements se développent à un rythme qui s’accélère au fil des pages. Les suspects se multiplient, puis se disqualifient les uns après les autres pour finalement laisser le lecteur surpris par l’identité du coupable et les véritables circonstances du crime.
Cependant, Khadra continue à traîner quelques caractéristiques qui me déplaisent dans son style d’écriture (la recherche effrénée d’un vocabulaire peu usité, sans valeur esthétique ou littéraire; Son background militaire trop prononcé surtout dans ses métaphores; des situations peu réalistes comme le fait qu’on puisse cacher à Chorafa, influent haut gradé de la police, que sa propre fille fût violée et non pas cambriolée ou encore le fait que le même Chorafa ne parle à son gendre de sa relation privilégiée avec le supérieur de ce dernier que plusieurs mois après son affection auprès de lui, en sus des raccourcis qu’il fait prendre à ses personnages prétextant toujours « X, sans savoir comment, a fait ceci ou a dit cela » un manque d’imagination ou un échec à parfaire le récit qui débouche souvent sur des tournures forcées des événements ne cadrant pas avec le naturel du récit.
résumé.
1- Le brigadier Farid retrouve le lieutenant Driss Ikker dans un état comateux dans un hôtel malfamé, et le conduisît chez le commissaire Rachid Baaz qui le cherchait depuis quelques jours. Ce dernier expédia Ikker chez le médecin, sur suggestion de son secrétaire Slimane, et chargea Farid de guetter le retour de l’épouse d’Ikker, Sarah.
2- Slimane, un crapuleux magouilleur, se rendit à la clinique de son imposture médecin,El Fassi, où il retrouva un Ikker, encore sous sédatif, gardé par Farid. Slimane chassa le brigadier qui vantait l’intégrité de son lieutenant ami avant d’expliquer à El Fassi que la dépression d’Ikker est causée par un grand choc qu’il venait de subir. Sa femme, Sarah, a été violée.
3- Dans le commissariat central de la police de Tanger, le lieutenant Alal pressait un vielleur de nuit pour confirmer que Arslène Lebben, un voyou multirécidiviste, était bel et bien l’agresseur qu’il déclarait l’avoir vu fuir dans le quartier de Sarah. le témoin n’était pas sûr que Lebben fût l’homme qu’il avait vu. Alors, Alal et ses agents redoublent leur pression mentale sur le pauvre témoin qui finit par affirmer que Lebben est, sans doute, le coupable.
Toujours convalescent, Driss rencontre un patient qui lui raconta comment il est devenu fou quand son chef brigadier s’est suicidé à cause de l’ennui qu’ils éprouvaient dans une localité perdue mais aussi à cause la hogra de la hiérarchie. Farid passa le voir et l’informa de l’arrestation de Lebben provoquant une vive agitation chez Driss. Le lieutenant força, par son tapage, El Fassi à le libérer sous sa seule responsabilité.
4- Lebben clama à nouveau son innocence et l’invita Driss à vérifier son alibi. Driss quitta le commissariat en ordonnant à l’incompétent lieutenant Alal d’utiliser cervelle cerveau un peu plus que sa matraque, avant d’aller vérifier par lui même les dires du suspect notamment auprès du veilleur de nuit. Ikker rentra ensuite chez lui mais ne parvînt pas à y entrer préférant l’hôtel à sa maison. Face aux objections de Farid qui lui conseillait d’aller chercher sa femme, Driss rétorqua par des propos mystérieux qui laissent penser à l’existence d’un secret non encore avoué dans ce qui s’est passé avec Sarah. Le lendemain, et à la stupéfaction de Alal, Driss relâcha Lebben.
5- retour sur les événements du jour de l’agression de Sarah. C’était un week-end ordinaire que Driss s’apprêtait à passer avec des potes, sa femme étant invitée chez la diva Wafa. Mais Slimane demanda à Driss de représenter le patron, alité, à une réception de la famille royale. Driss accepta son hésitation, et arrivant à Casa il tomba sur son beau-père lui aussi un haut gradé de la police et invité de la famille royale. Ce dernier lui raconta comment il a sauvé le commissaire Baaz, alors un de ses éléments, du fond de trou pour lui offrir une belle carrière dans la police.
On refusa à Driss l’accès à la réception les invitations étant nominatives et, fou furieux, il regagna chez lui sans tarder. Il y trouva sa femme nue sur le lit, menottée, les yeux bandés, se faire violer et avant de pouvoir réagir Driss fut assommé.
6- A cause de sa disparition prolongée consécutive au viol de sa femme, Driss affronta l’ire de Baaz. Puis il lui réclama la direction de l’enquête, Baaz, naturellement, refusa. Driss pointa les défaillances du travail de Alal mais Baaz le rassura qu’ils coinceront le coupable et lui conseilla d’aller aider sa femme à se remettre. Driss rejoignît sa maison qu’il inspecta minutieusement en compagnie de Farid. Il y trouva un bouton de manchettes ornées de pierres précieuses qu’il pensait l’avoir déjà vu et décida de le garder. Il soupçonna aussi un résidu laiteux au fond d’un verre et demanda au brigadier de le faire analyser discrètement.
7- Prenant une semaine de congé, Driss alla voir son beau-père. Chorafa était content de revoir son gendre disparu mais ne semblait pas savoir que sa fille avait été violée et non pas cambriolée. Ikker déclina l’hospitalité de sa belle-famille et dit vouloir emmener sa femme loin du monde.
8- Retour sur la vie antérieure du lieutenant Driss. Fils de berger du Rif, il étudia avec hargne pour conjurer le sort et devenir un magistrat. Mais, victime des agissements de la police locale et sans les contacts appropriés pour intégrer la magistrature, Driss fut obligé, malgré son aversion du métier, à rejoindre la police.
Alors que Driss se dirigeait vers une sortie sans diplôme ni honneur de son stage d’admission, le hasard lui arrangea une rencontre avec la fille du directeur de l’école de police, Sarah. Sarah l’aida à passer son stage et, se sentant vielle fille, lui proposa de fonder une famille. Leur brève amourette accoucha d’un mariage. Épaulé par son influent beau-père, Driss obtînt les mutations qu’il souhaitait jusqu’à se trouver à Tanger. Le premier jour, le superstitieux Driss fut accueilli par Farid et la nouvelle du suicide d’un lieutenant collègue. Baaz ne le verra que plusieurs jours plus tard où, à l’occasion d’une réception, il reconnu Sarah et appris l’identité de son nouveau lieutenant. C’était le début d’une douce sinécure pour les Ikkers jusqu’au jour du drame.
9- Driss emmena Sarah à Marrakech. Elle était en colère contre lui car il l’avait abonnée après son viol. La maladresse de Driss avec elle depuis leur arrivée à Marrakech installa entre eux un climat malsain. Il ne pensait qu’à son malheur oubliant la véritable victime, elle. En plus Driss refusa de s’ouvrir à sa femme la laissant seule et martyrisée.
10- les Ikker revinrent chez eux à Tanger. Là Driss demanda à Sarah si elle portait ses bijoux lorsqu’elle s’était rendue chez Wafa, le jour du drame. Sarah répondu par l’affirmative sans comprendre où il voulait en venir.
Au commissariat, Driss chercha Farid mais ne le trouva pas. Alal lui rendu visite, le provoqua et il se bagarrèrent avant que Baaz n’intervienne. Le commissariat invita Driss à quitter Tanger, pour son bien disait-il. Driss trouva la suggestion bonne mais après avoir élucider l’affaire de Sarah. Il erra dans les rues de la ville, agressa un client dans un bar qui voulait se faire la femme de son patron. Quand il alla retrouver Farid chez lui, ce dernier l’informa que son épouse avait, par inadvertance, lavé le verre qu’il lui a demandé d’analyser.
11- A la maison, Driss évitait Sarah. Ne pouvant plus, elle l’affronta et lui réclama des explications sur son attitude et sa question sur les bijoux. Il lui rétorqua que c’étaient les chargés de l’enquête qui le dégoûtaient pas elle. Il lui confia pourquoi il pensait que l’agresseur avait prémédité son acte et qu’il n’était pas un cambrioleur. Puis, il la questionna sur ses médicaments. Trouvant ses questions louches Sarah le quitta et alla dormir seule.
Le lendemain Driss se lança sur la piste du bouton à manchettes, sans grandes avancées, avant de demander à voir Brick, l’inspecteur de permanence le jour du drame.
Brik confirma à Driss que c’était bien lui qui avait alerté la police et qu’il a, bel et bien, accompagné sa femme à l’hôpital. Driss lui demanda alors de lui procuré le relevé d’appels de son fixe. Farid le rejoignit au bar, ayant reconnu sa voiture garée dehors, prétendait-il. Driss, parano, lui ordonna d’arrêter de le filer.
12- La police découvrit le cadavre d’une jeune malienne violée et égorgée. Alal, reliant ce meurtre à l’affaire Ikker, pensait avoir affaire à un tueur en série. Brik se garda de créditer les raccourcis hâtifs de son chef. Driss aussi ne partagea point cette analyse.
Le frère de la victime déclara à la police que sa sœur aurait été tuée par son concubin burkinabé parce qu’elle refusait de se prostituer pour son compte et allait même le dénoncer. Le signalement qu’il fît du coupable coïncidait avec celui de l’agresseur de Sarah.
L’assassin fût arrêté, il avoua le meurtre de la malienne pas le viol sur Sarah.
13- Décidée à l’aider remonter la pente, l’épouse du commissaire, Narimène, passa voir celle du lieutenant, Sarah. Elles parlèrent de l’agression, de Driss, de sexe conjugal, des hommes et de la condition féminine au Maroc.
À son retour chez lui, Driss craignait le pire en ne trouvant pas sa femme avant de lire le mot qu’elle lui a laissé. Elle était sorti avec Narimène se changer les idées. Lorsqu’ils se retrouvèrent, un peu plus tard, Sarah chercha à l’exciter. Il l’a pris comme s’il cherchait à la violer. Elle endura les larmes sur les joues.
14- La diva Wafa convoqua Baaz, mais n’a reçu que son secrétaire Slimane. Elle l’informa que Driss l’importunait depuis quelques jours. Il lui rendait visite pour la bombarder d’interrogations au sujet de la présence de sa femme à la fête qu’elle avait donné le jour du viol. Il exigea même la liste des invités masculins. Compatissante au début, l’influente diva n’en pouvait plus des intrusions répétées du lieutenant. Baaz se devait de corriger cet énergumène insista-t-elle.
15- Alors que Slimane tentait de retourner Baaz contre son protégé, le commissaire s’intéressa à l’idée de Driss que le coupable aurait été l’un des invités de la Diva. Alal cherchait à discréditer cette hypothèse mais réussit juste à se couvrir de ridicule. Baaz leur ordonna de surveiller Ikker, de prêt.
Chez lui, Driss se réfugiait encore dans un mutisme de mort. Sarah n’en pouvait plus, l’affronta pour crever l’abcès. Elle lui relata sa journée du jour de son agression. Sans bronché, Driss l’a laissa clouée et regagna sa chambre.
16- Brik alla tiré son chef Alal d’un restaurant huppé, où ivre mort il faisait un grand tapage. Alal se confia en Brik, Baaz lui fout une pression insoutenable pour arrêter, coûte que coûte, le violeur de Sarah, l’allumeuse disait-il. Alal voulait savoir qui a alerté Slimane au sujet d’un deuxième suspect que Alal cherchait à lui faire porté le forfait. Brik avoua que c’était lui, que c’était pour son bien et que de toute façon ça ne pouvait marcher. Alal l’attaqua et manqua de les faire tuer alors qu’ils roulèrent en voiture.
17- Driss déprimait et son nouvel ami Malik Bahri ne se décourageait pas à le réveiller à lui même. Il l’invita à consulter, à changer d’idée, à se reprendre. Rien ne marchait pour Driss. Il confia même à son ami qu’il aurait préféré retrouvé sa femme morte ce jour là.
18- Grâce au bijoutier qui a réparé le bouton de manchette, Driss réussi à tracer le bijou à une certaine Layla Jellad.
La richissime Layla reçut Driss avec dédain et condescendance. Lorsqu’il lui montra le bijou et lui prouva qu’elle était ou du moins fût la propriétaire, Layla resta imperturbable. Mais, dès qu’elle a appris la nature du crime sur la scène duquel le bouton fût trouvé elle griffonna un nom et une adresse sur un papier, le donna au Lieutenant.
Driss alla voir le célèbre chanteur Rai, Zahi. Celui-ci lui raconta que Layla lui a effectivement offert le bijou mais comme en échange elle voulait des faveurs sexuelles, il le lui a rendu. Furieuse de ce rejet, Layla l’avait insulté et menacé, et lui, dégoûté et excédé, piétina les boutons en face d’elle cassant l’un d’eux.
19- Pendant ce temps, Layla alla affronter son amant Abdel à qui elle a offert les bijoux. Ce dernier l’informa qu’ils les avait perdus au poker pour un certain Naël. Layla appela aussitôt le commissariat de Police et ne pouvant joindre Driss, réclama à parler à son supérieur. De retour chez elle Layla trouva Driss entrain de l’attendre. Elle lui expliqua qu’elle l’avait cherché pour lui faire part de son erreur sur le compte de Zahi, qu’elle s’était souvenue qu’un de ses domestiques avait perdu le bijou au poker et elle communiqua au lieutenant nom et adresse de Naël.
20- Brik fît parvenir à Driss le relevé des appels téléphoniques demandé. Il y trouva le supposé appel d’alerte du jour du drame. Mais, il y trouva également une quantité d’appels échangés avec le commissariat qu’il ne se souvint pas avoir passé ou reçu.
Naël informa Driss qu’il avait filait le bijou à un certain Ben Amar, un voyou notoire.
Le lieutenant alla donc à la recherche de ce Ben, ne le trouva pas dans son magasin mais remarqua qu’il était suivi. En quittant la maison de son ami, un chauffard manqua de le renverser.
Driss ne lâcha pas prise et retourna chercher Ben. Trois hommes se disant les frères de Ben lui parlèrent. Ils l’informèrent que Ben avait réglé son affaire avec la police et qu’il se tenait désormais bien à carreaux. Ils suggérèrent qu’il doit y avoir un mal entendu avec le lieutenant Driss et que leur frères n’a plus rien à se reprocher. Driss, menaçant, leur demanda de ramener leur frère devant lui. Le soir même, de retour dans leur quartier, Driss fût agressé à coup de couteau par deux individus. Chanceux, l’intervention des riverains lui sauva la vie.
Malik accusa Driss de se laisser aller. Hier il allait se faire tué par un chauffard et aujourd’hui il se laissa se faire agresser par des voleurs. Driss lui expliqua que les deux incidents étaient des tentatives préméditées pour se débarrasser de lui. Il récusa, le conseil de Malik, d’impliquer ses collègues dans son enquête et annonça lui qu’il commençait à se faire une idée sur celui qui veut le neutraliser.
21- Driss rentra dans une maison où Sarah s’enfonçait dans l’abîme chaque jour un peu plus. Il dormit bien après un bref échange électrique avec sa femme. Le lendemain, elle le surprît emportant son arme. Il lui expliqua que c’est pour l’entretien réglementaire mentît-il. A sa demande, il l’embrassa violemment et sortît laissant la plus enfoncée dans ses tourmentes qu’elle ne l’était déjà.
22- Persévérant, Driss trouva l’adresse des frères de Ben. Il les convînt qu’il ne s’intéressait pas à leur magouille du foncier comme ils le pensaient mais qu’il s’agissait d’une affaire de viol. Convaincus que leur Ben n’est pas un homme à femme, l’aîné conduisît Driss jusqu’à lui.
Ben ne pouvait être le coupable. Petit de taille, maigre et bossu, il n’avait rien d’un séducteur que Driss recherchait. A la vue du bouton de manchette, Ben demanda à Driss de traiter avec son aîné car c’était lui qui a usé du bijou pour régler le problème du foncier de la famille Amar. L’ainé, Wahid, relata à Driss leur problème avec un escroc qui s’est frauduleusement approprié le terrain de leur famille. Ils avaient dû graisser la patte à beaucoup d’officiels. C’est ainsi que Wahid avait livré le bijou en question à un certain Slimane. Slimane Rechgoune!! Driss tomba des nus.
Tiraillé par ses démons et la tournure des événements un après-midi durant, il se résout à contacter Slimane, pour lui demander conseil sur une opportunité rare mentît-il. Slimane accepta de le recevoir chez lui.
23- Alors que Slimane s’attendait à écouter les détails de la belle affaire promise par Driss, ce dernier lui raconta combien il aime sa femme. Comment un mariage par ambition s’est mué en mariage d’amour. Slimane s’impatientait à mesure que le récit de son hôte s’allongeait. Il lui demanda alors de lui épargner ses histoires de couples chagrinés. Driss poursuivait ses lamentations. Il confia à Slimane que les quelques secondes passées dans sa chambre avant que ne l’on assomme, lui ont permis de tout comprendre. Sa femme n’a pas été violée. Sarah le trompait. Les menottes, le bandeau et autres gadgets faisaient partie d’un jeu de séduction, ils n’étaient pas les instruments d’un crime. Slimane invita Driss à lui épargner ses divagations ou d’aller les raconter, plutôt, au chargé de l’enquête. Driss alors l’accusa d’être l’amant de Sarah. Slimane nia énergiquement, traita le lieutenant de cinglé et le somma de quitter sa demeure. Alors, Ikker lui montra le bouton de manchette et le relevé des appels téléphoniques du fixe de sa maison retraçant des échanges lors de dattes coïncidant bizarrement avec ses missions loin de chez lui. Driss expliqua ensuite comment l’appel de Layla Jellad l’a convaincu que le coupable n’est autre que lui, Slimane Rechgoune. Slimane nia que le bijou lui appartenait ou qu’il ai jamais adressé une seule parole à Sarah. Furieux, Driss l’attaqua et le laissa pour mort en quittant la maison. Avec le peu d’énergie qui lui resta, Slimane appela Baaz, l’informa que Driss avait trouvé le bouton de manchette, qu’il l’accusait de s’envolait sa femme puis il supplia de lui dépêcher une ambulance.
24- Driss rentra chez lui, contourna sa femme plantée au milieu du vestibule pour se défaire de son arme, ses habits et prendre une douche. Alors qu’il se préparait à sortir à nouveau pas seulement de la maison mais de la vie de Sarah aussi, sa femme lui dit que Baaz lui a raconté ce qu’il avait fait à Slimane et lui a demandé de fuir la maison illico. Driss lui demanda alors quant est-ce que son affaire avec Slimane avait commencé. Sarah lui rectifia, c’était avec Baaz qu’elle le trompa et elle ne connaissait aucun Slimane Rechgoune. Driss fût abasourdi et l’accusa de manipulation, Baaz ne pouvant jamais souiller l’honneur de son bienfaiteur. Sarah lui dit qu’il se trompait et que c’était Baaz. Elle lui raconta comment le Commissaire avait cherché à la séduire dès leur arrivée à Tanger, comment, prétextant son dévouement envers son père, il s’est rapproché d’elle. Comment il s’est arrangé à se trouver seul avec elle sur son voilier alors qu’elle pensait que sa femme serait avec eux. Elle lui relata comment il l’a séduit et comment, dans un moment de faiblesse et d’inconscience elle s’est donnée à lui. Consentante. Driss fut anéanti par ce dernier aveux.
Sarah lui expliqua ensuite comment elle a tout fait pour signifier à Baaz que ce que c’était passé entre eux n’était qu’une erreur terrible, regrettable, et sans lendemain. Baaz, lui, n’a rien ménagé pour qu’ils poursuivent leur affaire et, se heurtant au refus catégorique de Sarah lui proposa de disposer d’elle une seule et dernière fois. Elle refusa avant de céder sous ses menaces. C’était lui qui avait insisté pour la prendre dans sa propre chambre conjugale et qui, sadiquement, avait tout fait pour l’humilier et la violenter. Driss était présent pour le dernier acte de leur trahison. Elle lui demanda pardon et Driss lui répondît que c’était à son père qu’elle devait demander ce pardon car pour lui elle était comme déjà morte.
Effrayée, Sarah le supplia de ne pas mortifier ses parents, mais Driss, avec un cœur noirci par le désir de vengeance, l’a assurée de tout déballer à son père. La détermination pleine de haine qu’elle lu dans le regard de son mari lui retînt tout espoir de le dissuader. Elle courut hors de la chambre, hors de la maison, et avant que Driss ne constata que son arme n’était plus dans son étui, Sarah courut hors de la vie toute entière.
À suivre.