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Lorsque Les Orientales paraissent en 1829, le romantisme français s’est déjà tourné vers l’Orient que la guerre d’indépendance grecque a rendu plus présent encore. Mais si Hugo n’est pas ici un précurseur, la nouveauté de son recueil éclate pourtant dans la couleur, l’étrangeté luxuriante des mots, la puissance d’images concrètes et toute la virtuosité du vers. Ainsi se compose la somptueuse image d’un monde désarrimé comme un fantasme, mais un monde ardent et sensuel, plein de désir et d’énergie. Deux ans plus tard, Les Feuilles d’automne sont d’une tonalité tout autre, ouvertes à ce lyrisme intime où Lamartine s’est imposé. Dans cette poésie « de la famille, du foyer domestique, de la vie privée » qui évoque les joies fugaces et les tristesses diffuses, une sorte d’autobiographie s’écrit, mais qui s’ouvre aussi bien à l’identité collective du siècle et à la plénitude du monde sensible. La voix que nous entendons ici, c’est bien celle que Hugo imposera désormais comme la sienne.
After Napoleon III seized power in 1851, French writer Victor Marie Hugo went into exile and in 1870 returned to France; his novels include The Hunchback of Notre Dame (1831) and Les Misérables (1862).
This poet, playwright, novelist, dramatist, essayist, visual artist, statesman, and perhaps the most influential, important exponent of the Romantic movement in France, campaigned for human rights. People in France regard him as one of greatest poets of that country and know him better abroad.
Les Djinns: Walls, town And port, Refuge From death, Grey sea Where the wind Breaks, All sleep. In the plain A sound is born. It is the breathing Of the night. It roars Like a soul That a flame Pursues. The higher voice Seems a shiver. It is the gallop Of a leaping dwarf. He flees, he springs, Then dances rhythmically On one foot At the end of a billow. The murmur draws near, The echo repeats it, It’s like the bell Of a cursed convent, Like the noise of a crowd That thunders and rolls And sometimes crumbles And sometimes swells. God! The sepulchral voices Of the Jinn! The noise they make! We flee down the long Spiral staircase! My lamp has already died, And the shadow of the ramp, Which crawls along the wall, Ascends to the ceiling. It’s the swarming Jinn passing by, Whirling and hissing, Yew trees, stirred by their flight, Crackle like burning pine. Their herd, heavy and swift, Flying in the void, Seems like a livid cloud, Ringed with lightning. They are so near! – Let us keep closed This room is where we flout them. What a din outside! Hideous army Of vampires and dragons! The beam of the crumbling ceiling Sags like drenched grass, And the old rusted door Trembles, as though its hinges would snap. Cries from hell! A voice that roars and weeps! The horrible swarm, driven by the north wind, Must now, O heavens, be assailing my home! The walls sag beneath the black battalion. The house cries out, staggers, and lists, As though, ripped from the soil, The wind was rolling and swirling it along, Chasing a desiccated leaf. Prophet, if your hand saves me From these impure demons of the night, I would prostrate my bald pate Before your sacred incense burners! Make their breath of sparks Die on these faithful doors, And make the talons of their wings Scrape and screech in vain at these black windows! They have passed! – Their cohort Takes flight and flee, and their feet Cease beating at my door With their multiple blows. The air is filled with the sound of chains, And in the nearby forests All the great oaks quiver, Bent beneath their fiery flight! The beating of their wings Fades into the distance, So indistinct in the plains, So faint, that you believe You hear the grasshopper Cry with a shrill voice Or the hail crackling On the lead of an old roof. Strange syllables Keep approaching us, And when the horn sounds, It’s like the chant Of Arabs on the shore Rising up at moments, And the dreaming child Dreaming of gold. The funereal Jinn, Threads of death In the dark Accelerate their approach; Their swarm snarls; Like the rumbling Of a deep wave One does not see. This vague sound That falls asleep, It is the wave On the rim; It is the moan, Almost extinct, Of a saint For a death. One doubts The night . . . I listen: - All flee, All fades; Space Erases Sound.
Very lucky to have found an old copy at one of the old book sales at Parc Georges-Brassens. Every time I read Hugo's writing, I rememberer why he is my favorite author. This collection of poetry is exquisite, precise, and just breathtaking. Also conceptually fascinating: I never imagined that Hugo played a such an important role in the French 19th century Orientalist movement. This work simultaneously felt so different from anything else I've read by him, and yet poems like "La Captive" and "L'Enfant" (about the 1822 massacre of Chios) are actually very much within his realm of concern. He poses such great ethical questions about war and identity that I'm sure I'll return to this one again and again. Was also taken aback by the poem about Napoleon. I loved the haunting beginning: "Toujours lui ! Lui partout ! – Ou brûlante ou glacée, Son image sans cesse ébranle ma pensée."
La réunion de deux recueils d'Hugo (son troisième et son quatrième).
Les Orientales : Ce qui étonne d'abord c'est que l'Orient d'Hugo est vaste. Il recouvre tant l'empire Ottoman ou l'Arabie que la Grèce, l'Espagne et même l'Ukraine. L'Orient n'est donc pas vraiment géographique, mais plutôt le signe d'un "ailleurs" en général, où le soleil fait tourner la tête. C'est évidemment un Orient fantasmé, qui évoque la chaleur, la magie (avec le célèbre "Les Djins"), la tyrannie. C'est un Orient qui n'est pas géographiquement très éloigné de l'Occident, mais qui l'est beaucoup plus sentimentalement. Les romantiques vont chercher en Orient la magie qui n'existe plus en Occident.
Les poèmes abordent des thèmes divers. On trouve des poèmes engagés sur la guerre d'indépendance de Grèce, des poèmes évocateurs sur le harem, d'autres sur des souvenirs d'enfance d'Hugo en Espagne. Mon préféré reste le premier poème du recueil ("Le feu du ciel") où Hugo narre la destruction de Sodome et Gomorrhe.
Les feuilles d'automne : Si les Orientales étant le recueil de l'ailleurs, les Feuilles d'automne est le recueil de l'ici. Beaucoup de poèmes sont ici autobiographiques (dont le célèbre "Ce siècle avait deux ans") : Hugo parle de l’épreuve du vieillissement (bien qu'il n'ait que 30 ans), de la joie que lui procurent ses enfants, de l'amour pas encore complètement fané qui a pour sa femme. C'est une poésie de l'intimité.
Mais Hugo n'est pas pour autant refermé sur lui-même, et thématise aussi la manière dont la religion (avec "La prière pour tous") ou la poésie (avec le poème "Pan") ouvre sur le monde.
Le poème qui m'a le plus tapé dans l'oeil est le 25ème, qui aurait d'ailleurs pu être dans les Orientales. Hugo parle d'amour, mais c'est plutôt la construction du poème qui m'a frappé. Hugo fait régulièrement commencer ses vers par un verbe à l'infinitif, ce qui donne un rythme assez cadencé.
J'écris ici la dernière strophe (qui brise la structure, mais c'est la plus belle) :
Non, tout ce qu'a la destinée De biens réels ou fabuleux N'est rien pour mon âme enchaînée Quand tu regardes inclinée Mes yeux noirs avec tes yeux bleus !
Le XXIème siècle connaît mal la jeunesse fulgurante de Victor Hugo. On dit trop peu qu’après Les Orientales, sa renommée dépassait déjà de loin celle de tous les auteurs français qui l’ont précédé, atteignant, grâce aux hugolâtres, les sommets que Picasso ou les Beatles connurent au XXème siècle.
Seules, ces deux œuvres définissent le romantisme. Elles règnent sans ombre pendant vingt-cinq ans. Et si Hugo était mort après Les Feuilles d’automne, il siègerait encore au Panthéon comme père de la nation. Aucun poète n’incarne mieux le courage et la justice : tôt dans sa vie, Hugo a compris que nous sommes tous coupables et victimes d’une faute, et que nous subissons tous le châtiment et la grâce de Dieu. Ces hauteurs vertigineuses, Hugo les dévoile dans la psychologie intime des oubliés de l’histoire faisant face au doute et à l’espoir. L’issue est toujours tragique, mais la mort est douce, car Hugo a une foi inébranlable en la justesse de Dieu, en Son pardon qui sanctifie les martyrs.
Il est impossible de lire ces deux recueils, et de ne pas y trouver le poème de notre vie. Il décrit le mieux les joies que nous connaissons, et les peines que nous souffrons. Deux cents ans avant nous, Hugo nous connaît déjà.
I’ll be honest and say I didn’t actually read all the poems in this volume, some were boring. However, Hugo is a very interesting character and writer and the theme of ‘the orient’ from a historical perspective is fascinating. From a language perspective however, a dictionary was used frequently, because my old fashioned French is obviously not great.
Ce siècle avait trente ans ; le roi régnait encor ; Déjà le père Hugo perçait dessous Victor...
Blague à part, cette édition de deux des premiers recueils importants de Hugo donne l'impression d'une veillée d'armes. Dans "Les Orientales", le poète a déjà trouvé son vers, et se livre aux expériences les plus flamboyantes ("Les Djinns" !...). A sa disposition, une rhétorique ; et l'on a l'impression d'un soldat à l'exercice. Si le prétexte du recueil est philhellénique, on sent Hugo bien plus intéressé par le pittoresque de la turquerie que par l'analyse politique ou même l'éloge des héros grecs. Lui-même d'ailleurs semble dégonfler son "Enthousiasme" et réduire délibérément la portée de l'ensemble : "mais quoi, pauvre poète, // Où m'emporte moi-même un accès belliqueux ?" Dans "Les Feuilles d'automne" se développe au contraire (apparemment) une poésie du moi. Il s'agit de sentiments, des proches de l'auteur, notamment des artistes, et bien sûr de la mission du poète lui-même. Or c'est de là que naîtra au fond la grande poésie politique de Hugo, car le moi du poète est nécessairement dans le siècle (ce fameux siècle qui avait deux ans) et c'est à raison qu'il promet finalement des "vers d'airain". Au-delà de la virtuosité formelle de Hugo, toute sa poésie part du lyrisme.
“Veux-tu, pour me sourire, un bel oiseau des bois, Qui chante avec un chant plus doux que le hautbois, Plus éclatant que les cymbales ? Que veux-tu ? fleur, beau fruit, ou l’oiseau merveilleux ? – Ami, dit l’enfant grec, dit l’enfant aux yeux bleus, Je veux de la poudre et des balles.”
rien que pour ça c’est 5 étoiles……… après j’ai lu que les orientales les feuilles d’automne ça me dit rien comme ça
(a lire tard le soir dans son lit en été la fenêtre ouverte)