Avec ce cinquième tome s'achève le projet de l'Histoire Alliancielle de l'Église dans le Monde. En effet, les luttes dont cet ouvrage fait la chronique, s'articulent autour d'un constat: Une civilisation et une Église qui ont tourné le dos à Dieu et aux universaux établis par Lui, c'est à dire, qui rejettent la capacité même de formuler la vérité, ne peut que sombrer dans le néant. Ce néant des hommes et de leur culture fut révélé, sans effort, comme en un clin d'oeil, par la crise grippale qui en un instant de panique mortel a détruit d'un trait nos repères! Les berges se sont dissoutes: l'Église et le Monde ne sont plus qu'un marécage.
Le livre commence par trois paroles vertueuses -Merle d'Aubigné, Guassen, Ursin- pour nous rappeler des clartés doctrinales récentes, aujourd'hui étouffées par d'épaisses ténèbres. La suite du livre renferme une critique serrée des écrits que l'on peut nommer les fossoyeurs de l'Église et de la civilisation chrétienne. Rendons-leur l'hommage qu'ils méritent! Karl Barth, et Jacques Ellul. Les papes Paul VI, Benoît XVI et François sans chiffre. Billy Graham, Eugène Nida et N.T. Wright ; Adolf Schlatter, Alvin Platinga et Daniel Marguerat. Cette litanie de désastres est entrecoupée de l'évocation de figures lumineuses: Vladimir Dimitrjevic et Marcel Regamey.
Tout cela accompagné d'analyses qui opèrent des percées théologiques et philosophiques: une théologie des nations; l'homme, image et ressemblance de dieu ; le rétablissement des rapport d'harmonie entre la grâce et la loi. Puis l'analyse de fléaux divers: l'évolutionnisme théiste, le Judéo-christianisme, la critique irrationnelle de la Bible et de la méthode de traduction prétendue "d'équivalent dynamique".
L'abandon d'une pensée doctrinale, pensée chrétienne armée d'universaux établis par Dieu, l'abandon nominaliste de l'unité entre l'universel et le particulier, est à la racine du chaos actuel.
Une telle séparation de ce que Dieu a uni ne peut que livrer l'Église de Jésus-Christ et le monde qu'elle doit éclairer par sa doctrine céleste à la puissance dissolvante dde l'anarchie, du néant et de la mort.
Né en 1939 en Afrique du Sud de parents missionnaires, Jean-Marc Berthoud est diplômé de l'Université de Witwatersrand à Johannesburg en littérature et histoire anglaise. De 1960 à 1964, il poursuit des recherches en histoire coloniale à la Sorbonne et à Londres.
Président de l'Association vaudoise de parents chrétiens, il est l'auteur de nombreux livres sur la défense de la foi chrétienne face à la montée de la sécularisation et du modernisme.
Éditeur de la revue Résister et Construire et Documentation chrétienne, il vit à Lausanne.
L'histoire alliancielle de l'Eglise tome 5 est un recueil de conférences, lettres, essais et commentaires de Jean-Marc Berthoud, théologien suisse contemporain. Il a pour objet différents auteurs et courants de la théologie contemporaine.
Il traite notamment d'auteurs comme Karl Barth ou Jacques Ellul, et le Pape François ou bien de pratiques comme la philosophie de traduction "à équivalence dynamique", quelques traités comme une théologie des nations, sur l'imago dei, ou l'évolutionnisme théiste, une défense du principe de la chrétienté etc.
Le livre est très divers, mais garde une solide charpente et une grande cohérence. Les thèmes sont bien traités, une fois que l'on prend en compte la nature "épistolaire" du livre. Jean-Marc Berthoud a des convictions fortes et rares, mais solidement ancrées que j'ai eu plaisir à découvrir.