Face à la crise climatique, Martine Delvaux refuse l’abattement et choisit le combat, celui que mène la génération de sa fille, qui tient tête aux décideurs et réclame avec force la protection de la vie sur Terre. Solidaire, elle offre ici un livre-collage tissé de catastrophes, mais surtout d’espoir, où le feu occupe une place centrale. Feu sacré des militant.es, bûchers où tant de femmes ont péri, feux follets, feux de forêt dévastateurs, rage incendiaire et feux de joie : certaines flammes nous détruisent, quand d’autres nous éclairent. Les pompières pyromanes qui habitent ce livre savent lesquelles entretenir amoureusement.
Ces pages sont nées de ma fascination pour le feu. Elles sont remplies de souvenirs brûlants, de scènes incendiées, de flammes qui ont marqué l’histoire des femmes. J’ai voulu établir une filiation de femmes qui portent le feu, rendre hommage à celles qui ont joué avec le feu. Qui ont résisté à l’injustice avec détermination, constance et patience, parfois au prix de leur vie. Toutes celles qui ont fait oeuvre de feu pour la suite du monde.
Martine Delvaux est née en 1968. Romancière et essayiste, elle a publié à ce jour chez Héliotrope trois romans remarqués : C’est quand le bonheur ? (2007), Rose amer (2009) et Les cascadeurs de l'amour n'ont pas droit au doublage (2012).
Oh j’ai tellement aimé. J’adore la forme de ces essais. J’ai aimé lire Pompières et Pyromanes après Le Monde est à toi, y trouver une continuité chronologique, toujours cette adresse à Élie comme une ancre pour dire ce qui compte.
Dans ce livre, il y a beaucoup d’amour et d’espoir. Et c’est une vision de la crise climatique que je n’avais encore pas entraperçue, et qui me donne envie d’y croire. Je ne suis pas atteinte d’éco-anxiété (même si bien sûr je m’inquiète), mais je suis un peu défaitiste, et je suis contente d’avoir trouvé en ce texte des phrases pour me secouer les puces. Il y a le devoir de l’espoir, je veux bien l’endosser quand je peux.
Encore une fois, beaucoup de références, de citations, de trivia sur le feu, les incendies, sous des jours multiples : le rapport des populations autochtones au feu, les suffragistes et leurs attentats, les immolations, Jeanne d’Arc… un livre qui rend plus intelligent·e mais aussi plus sensible, et moi en ce moment, j’ai sacrément besoin de ça.
(Officiellement en capacité de dire que plus tard, je veux bien être comme Martine Delvaux : passionnante, limpide, sans jamais faire l’impasse sur l’émotion.)
Un essai sous forme de journal qui aide à cultiver son feu intérieur. C’était un récit puissant, une mine d’or de références et bouillant d’actualité.
Encore une fois, j’ai adoré ma lecture. Au grand damne de certain.e.s, j’ai corné plusieurs pages! Je voulais que ma lecture laisse des traces comme les incendies qui se trouvent au travers des pages. Qu’il reste marqué par le feu qui s’y retrouve. Je recommande chaudement!
"Je veux nous imaginer, jeunes filles et vieilles femmes, comme des revenantes futuristes debout et droites devant l'avenir. Je veux nous voir mélancoliques, anxieuses, furieuses, amoureuses, rabat-joie, désobéissantes et féministes, liées les unes aux autres et avançant d'un même pas avec l'énergie férocement créatrice du désespoir. Je veux nous penser, toi et moi, comme faisant partie d'une communauté dansante de lucioles qui se disent oui en clignotant dans la nuit. Parce qu'il faut continuer à résister. Parce qu'il faut, à tout prix, continuer à aimer."
Martine est en feu!!! Un livre qui instille le feu en soi ou qui nourrit celui qui y brule déjà. Beaucoup d'apprentissages à travers ce livre, super accessible et franchement nécessaire pour toute personne voulant en apprendre davantage sur les luttes féministes et leurs liens avec le réchauffement climatique. Tout est lié.
Un essaie écologique, féministe avec beaucoup de référence saphique, évidement cela avait tout pour me plaire! Sous le thème du feu, l’autrice écrit une lettre d’urgence à sa fille par l’état de notre monde, de l’humanité ou même de la planète. Elle parle du feu qui ravage les forêts, les demeures, du feu qui brules les corps, mais aussi les cœurs. Elle utilise ses mots au service des femmes et des flemmes, en évoquant des fortes personnalités du passé parfois oublié qui se sont battu pour l’avenir, qui se sont battu pour entretenir leur flamme. Elle expose tout ceux qui sont prête à tout pour aller au bout de leur conviction et même jusqu’à s’immoler par le feu pour symboliser quelque chose dans la mort. Elle évoque le drame écologique qui se passe et la fatalité que cela représente pour sa fille, tout cela dans une beauté littéraire féministe pleinement assumé. Je ne lis pas énormément de non-fiction, le fait que cela soit une lecture déconstruite a peut-être nuit à ma lecture n’ayant pas l’habitude de se genre de lecture, mais c’était tellement bien écrit et enrichissant que j’en ai quand même apprécier chaque ligne. Sous forme de court paragraphe épisode, un peu anecdotique et très informatif, j’ai pu apprendre beaucoup de chose sur beaucoup de personnalité que je ne connaissais pas et beaucoup de femme queer que je ne savais pas qu’elle l’était. C’était une lecture percutante et enrichissante, mais sans lien directrice entre les pages ni chapitre pour guider ma lecture créant une certaine lourdeur et difficulté de lecture. Mais c’était malgré tout une lecture différente sur une thème qu’est le feu moins abordé apportant une originalité.
À lire. C’était vraiment une lecture intéressante. L’auteure a fait un immense travail de recherche pour nous sensibiliser à divers enjeux importants tels que la crise climatique, le féministe, le capitalisme et l’activisme. Le tout est finement articuler autour de la thématique du feu et c’est un bijou à lire. L’ensemble de l’œuvre est très riche. Cet ouvrage est une sorte d’offrande faite par l’auteure pour éveillé les consciences.
On passe un bon moment à le lire, quoiqu’on le referme avec un niveau d’anxiété pas mal plus élevé qu’au début. 😬
NB: N’allez pas voir la pièce de théâtre. J’ai trouvé qu’elle passait vraiment à côté du message qu’il y avait à livrer. Et en plus, ça donne vrm mauvaise presse aux wokes et je trouve ça bien dommage.
L'autrice souffle sur mon tison écoféministe et avive ma flamme de sorcière-guerrière grâce au regard franc qu’elle porte sur notre monde en péril. Superbe ouvrage.
Sous une formule de type journal , Martine Delvaux nous offre la suite logique de son œuvre : le monde est à toi. Écrit pour sa fille qui vient d’avoir 18 ans avec la trame de fond du feu, de l’incendie. Le feu qui détruit, qui tue , qui blesse, qui torture, le feu qui est aussi source de chaleur, de renouveau, de transition, de renaissance. La fin du monde, la crise climatique, la justice sociale, le rôle proéminent des femmes plus spécifiquement des jeunes femmes comme protagoniste de changement dans la société contemporaine, Greta thunberg, Jeanne D’arc, etc. Des citations, des petits bout du processus historique, des humains, des poèmes, des chansons, des prises de positions , des réflexions, des pensées philosophiques, des dilemmes moraux, etc. Vraiment une formule et une structure différentes et originale de ce que je suis habitué de lire comme essaie ( j’avais la même impressions pour le boys club ). Je le recommande, encore une fois Martine Delvaux nous offre un livre magistral. Lu pour un club de lecture pendant le festival frye 2022.
J'ai bien aimé cet ouvrage de Martine Delvaux. Un essai habilement écrit de type livre-collage qui s'adresse à sa fille et à sa génération confrontés à la menace climatique et à un avenir incertain. On y retrouve une mine de références dont le fil conducteur est le feu, dans tout son champ lexical. Des références portant autant sur le féminisme, le militantisme, la culture populaire, l'histoire, etc.... L'autrice y aborde astucieusement la crise climatique, l'écoanxiété et l'avenir si rien n'est fait et si les décideurs publics continuent de nier l'évidence.
« L’anxiété apparaît souvent au moment d’un deuil important ou d’une peine d’amour. Comme si le corps soudainement ne savait plus vivre. Comme s’il voulait suivre la personne disparue dans la mort, ou rester à jamais dans l’attente épouvantable de l’amour perdu. Tes ami·es et toi, vous êtes en deuil de l’avenir. Vous vous tenez debout devant un horizon non seulement incertain, flou, mais, par moments, carrément inexistant ».
Ce livre m'a remis en plein visage ce dont j'avais besoin pour être encore plus soucieuse de l'environnement. Le fait que ce soit déconstruit mais que chaque histoire soit liée au feu apporte un état d'urgence dans lequel on est plongés, comme celui de l'urgence climatique. J'ai toutefois eu quelques difficultés à me retrouver avec les nombreuses références, ce qui me faisait décrocher à quelques reprises.
J'ai toutefois beaucoup apprécié les événements historiques et d'actualité, le fait que l'autrice parle beaucoup de Greta Thunberg et de l'image qu'elle représente pour notre société. Une belle lecture qui se lit d'une traite!
Oeuvre très bouleversante qui m'a fait remettre en question mon rapport au monde. Chaque paragraphe résume une histoire et/ou des éléments se ramenant au feu et aux changements climatiques. Ça rend la lecture plus légère et je trouve que cette méthode nous permet de créer nos propres conclusions. Fait énormément réfléchir, tout en nous rendant encore plus humain. Je recommande fortement.
"Je me demande souvent de quelle couleur sera la fin du monde."
"Le problème, c'est notre incapacité à imaginer une autre façon de faire."
Martine Delvaux a compris que si elle veut pouvoir espérer un avenir pour sa fille, elle devra participer à modifier ce que ce monde devient. Cet essai tourne autour du feu, un des signes criants du réchauffement climatique, un élément qui a inspiré des oeuvres et continue de servir de muse à plusieurs combats, parfois une arme ayant causé bien des drames, mais aussi ce feu qui brûle en elle de changer les mentalités et de réveiller les gens. C'est un appel à la mobilisation. Un cri du coeur d'une mère, pour qu'on cesse d'ignorer le danger qui fait rage dans nos maisons.
"L'avenir nous regarde en face, patiemment. Reste à nous présenter au rendez-vous qu'il a fixé pour nous il y a déjà trop longtemps."
Les pensées recueillies par l'autrice sont parfois touchantes, souvent instructives et bien écrites. On en retient cependant surtout les récurrences : suffragettes, Portrait de la jeune fille en feu. C'est le genre de livre qu'il me faudrait lire une seconde ou une troisième fois tant le style en petits paragraphe rend la lecture saccadée et moins fluide qu'on le voudrait. Je n'ai pas particulièrement été touché par le format "lettre d'une mère à sa fille", mais j'imagine que c'est parce que je suis loin de pouvoir m'y identifier et je peut très bien imaginer qu'on puisse s'y reconnaître.
« Je veux nous imaginer, jeunes filles et vieilles femmes, comme des revenantes futuristes debout et droites devant l'avenir. Je veux nous voir mélancoliques, anxieuses, furieuses, amoureuses, rabat-joie, désobéissantes et féministes, liées les unes aux autres et avançant d'un même pas avec l'énergie férocement créatrice du désespoir. Je veux nous penser, toi et moi, comme faisant partie d'une communauté dansante de lucioles qui se disent oui en clignotant dans la nuit. Parce qu'il faut continuer à résister. Parce qu'il faut, à tout prix, continuer à aimer »
3.5 : sujet tellement intéressant, mais la forme me dérangeait parfois…
J’ai peu aimé son écriture et son idée de rapporter toutes ces mini-histoires en lien avec le feu. Ouf! une lecture qui ne m’a pas épargnée en revanche, moi la femme positive! Face à la crise climatique, Martine Delvaux refuse l’abattement et choisit le combat, celui que mène la génération de sa fille, qui tient tête aux décideurs et réclame avec force la protection de la vie sur Terre. Cet essai m’oblige à regarder courageusement les lendemains qui nous attendent, et à aider la génération combative qui arrive. Je réalise qu’il m’est de plus en plus difficile d’être rassurante avec mes fils, maintenant adultes, lorsque ça concerne l’environnement, les changements climatiques et le gros bon sens. Je soutiens vos combats les gars car je souhaite rencontrer un jour mes petits-enfants dans un monde plus équilibré sur une terre en meilleure santé.
Excellent livre qui donne envie de tout crisser en feu. « Le réchauffement climatique est un enfer créé à l’intérieur du paradis, mais il y a aussi des paradis qui prennent forme dans cet enfer : ce sont les communautés, les alliances nées de la compassion des gens, de leur inventivité, de leurs élans de survie. » Ce livre regroupe une multitude de textes écoféministes qui redonnent espoir et qui font du bien à lire. Livre idéal pour nous faire prendre actions, et nous mobiliser pour les générations futures.
"On préfère les femmes quand elles sont les actrices passives d'un scénario qu'elles n'ont pas choisi, nues, immobiles, muettes, offertes au regard. On les aime moins quand leur visage est tordu ou défait, quand leur poings sont levés, quand leur bouches sont ouvertes sur un cri ou qu'elles tapent du pied. Quand elles s'opposent, refusent, se rebiffent, crient, hurlent. Quand leurs joues, leur langue, leur tête, leur corps sont le foyer d'une rage incendiaire."
J'ai bien aimé cet essai de Martine Delvaux, qui explore les thèmes du feu, de l'urgence climatique et de la parentalité comme un tout qui interagit ensemble.
J'ai toutefois décroché à quelques reprises pour ces raisons : le manque de continuité dans l'écriture inclusive (elle n'était pas toujours respectée) et le nombre important de références et de personnalités citées (j'aurais pris davantage de réflexions de l'autrice).
Ok j’ai mis 4 étoiles parce que je voulais pas trop fuck up les ratings de Martine, mais j’ai pas tant aimé ça 🥺
La structure est un peu pêle-mêle et des fois elle s’adresse au « tu » ce qui semble être sa fille, mais genre c’pas vraiment sa fille parce que plus loin le « tu » dans son histoire concorde pas tant??? Fou travail de recherche tho.
3.5 Plusieurs passages sont puissants, très beaux et même émouvants. La nature fragmentée de l’essai est à la fois une force et une faiblesse. Certains passages peuvent paraître quelque peu hors sujet et parachutés dans le texte.