« Chez les Dugast, mourir en famille est un vrai sport d'équipe. » Jean-Paul Dubois
Au sein de la famille Dugast, la vie est régie par les habitudes et… les suicides. Depuis plusieurs années les Dugast se donnent la mort les uns après les autres. Coïncidence ? Peu probable. Tradition farfelue ? Peut-être. Art de mourir ? Certainement. Il y a d’abord le grand-père retrouvé pendu dans la grange, puis la grand-mère qui a foncé dans un arbre en voiture, et ainsi de suite. Tous passent à l’acte, du plus vieux au plus jeune, avec en bout de file : Christophe, le fils de dix-huit ans. Contrairement à sa famille, lui a choisi de vivre. Il rêve d’échapper à ce déterminisme. Mais où aller lorsque l’on ne connaît que le giron familial ? Faut-il vraiment fuir son milieu pour réussir à exister ?
j'ai adoré le début du roman qui etait noir, cynique tout en gardant un côté comique. la seconde partie m'a déçu, on revient dans un schéma plus classique mais tout aussi bien écrit.
#Leschiensdefaïence #NetGalleyFrance Avant tout merci à NetGalley et aux Editions de la Martinière pour m'avoir permis de lire ce livre. La 4 ième de couverture avait aiguisé ma curiosité, et je n'ai pas été déçue. L'histoire d'une famille dans un hameau, trois maisons au fond d'une rue. Soudain, un vent de suicide va souffler sur cette famille et les membres vont l'un derrière l'autre plier comme fétus de paille. Christophe, le fils âgé de 17 ans environ au début de la tourmente n'a qu'une envie fuir, pour échapper à la "malédiction" qui touche sa famille. Le style est beau et riche, emprunt de dérision, et de cynisme. Les thèmes abordés avec cette feinte légèreté le passage de l'adolescence à l'âge adulte, la communication au sein de la famille, surtout face à la mort, la campagne reculée face à la grande ville. Un roman qui continue à poser des questions, une fois la dernière page tournée.
# Leschiensdefaïence #NetGalleyFrance First of all, thank you to NetGalley and Editions de la Martinière for allowing me to read this book. The back cover had aroused my curiosity, and I was not disappointed. The story of a family in a hamlet, three houses at the end of a street. Suddenly, a wind of suicide will blow over this family and the members will bend one behind the other like a straw. Christophe, the son of around 17 years old at the start of the turmoil, has only one desire to flee, to escape the "curse" affecting his family. The style is beautiful and rich, full of derision and cynicism. The themes approached with this feigned lightness the passage from adolescence to adulthood, communication within the family, especially in the face of death, the remote countryside facing the big city. A novel that continues to ask questions, once the last page has been turned.
Prenant et bien écrit! Le déroulement de l’intrigue, à travers l’évolution du jeune personnage principal, tient en haleine et remplit le lecteur de questions jusqu’à la fin, et même au-delà.
Le postulat de départ m'a beaucoup intrigué : La famille Dugast est victime de ce qui semblerait être une malédiction. Eh oui, si chaque membre a des habitudes banales comme tout le monde, ils ont aussi la manie de se suicider. L'un après l'autre, sans aucun rythme particulier, sans que le geste ne semble prédictible, les membres disparaissent resserrant l'étau autour des plus jeunes, Christophe et Emma.
Face à ce déterminisme familial, Christophe décide de réagir pour contrer cette fatalité. Il va changer les habitudes de vie et comme ça ne suffit pas, prend la porte et fuit à Paris, persuadé que cela l'empêchera de suivre la même triste destinée. Parce que oui, Christophe veut vivre et pour ça, il est prêt à tout.
Je n'ai pas vu les pages passer, la lecture est agréable et les mots utilisés sont justes. Des phrases courtes face à la situation incompréhensible : comme si chaque phrase était un petit pas vers la résolution ou du moins la compréhension.
Je ne m'attendais pas du tout à la fin. Un vrai retournement de situation et dans tous les sens du terme : une fin pas attendue et un retournement de la malédiction. Franchement, on ne pouvait pas mieux terminer cette histoire.
3 mots caractérisent ce roman : détachement, déterminisme, construction
En lisant l'histoire, j'y ai ressenti du détachement, de l'anesthésie face à un tragique déterminisme que rien ne semble contrer. J'y ai vu une réaction engourdie face à la mort où l'on préfère faire abstraction de la douleur. Le manque de communication, le manque de liens émotionnels entre les membres de la famille agissent comme une barrière face à cette douleur. On le voit bien puisque Christophe appelle ses parents : "la mère", "le père" et surtout ne se parle pas réellement et n'échange pas. Si des larmes coulent à chaque mort, c'est plus comme un mécanisme physiologique, comme si notre vie était régit par autre chose que nous. Un mort, c'est triste. La tristesse on la voit par les larmes. Il faut pleurer.
j'ai vu un personnage qui essaye de fuir ce vers quoi il est destiné. Si dans un premier temps il essaye de changer les choses directement sur place, très vite l'idée de sortir de cette écluse familiale et partir loin lui apparait comme la meilleure des solutions. Fuir et tout laisser derrière soi, ne pas penser à ce qu'on laisse : famille, une destinée toute tracée où le bonheur et ses envies ne sont pas prit en compte et où faire semblant d'être quelqu'un régit la vie.
Certaines phrases sont également remplies d'humour noir mais subtile. Une notamment que j'ai retenu : "Il allait devoir pactiser avec le diable, se servir de sa main gauche pour manger, écrire."p.147. Il y a également des métaphores originales qui me plaisent beaucoup par leur originalité et leur côté loufoque.
Cette lecture est étrangement addictive. Il n'y a pas vraiment d'action, pas vraiment d'émotion mais on veut aller jusqu'au bout de cette histoire. Peut-être pour avoir une explication à cette malédiction ? La vraie raison est que l'on ne sait pas et pourtant on lit. Et finalement, on se rend compte que nous aussi, lecteurs, sommes des chiens de faïence : on est là à regarder sans broncher, sans aider cette famille être décimée. On se sent presque comme des voyeurs.
Pour terminer et à la lumière des mots de l'auteur : ce roman est l'illustration même de la question philosophique "Faut-il oublier son passé pour construire son avenir ?" Et la principale période où on se pose cette question n'est autre que l'entrée à l'âge adulte. Peut-on évoluer librement avec tout le background familial, émotionnel et tout simplement le déterminisme social. Nous mettons-nous nos propres barrières ? Difficile de faire abstraction de nous-même (finalement) pour avancer. Est-ce qu'à notre naissance, tout est déjà écrit ? Peut-on défier les pronostics ? Cette lecture m'a bien remué les méninges, plus que ce que je pensais.
Cet avis est déjà bien assez long et un poil confus, je vais m'arrêter là.