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L’homme qui voulait être vieux

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Dépressif et se croyant inadapté au monde actuel, Théodore veut rejoindre un ehpad en simulant les symptômes de la maladie d’Alzheimer. Théodore n’en peut plus, il veut échapper à la vie actuelle. Rien ne se passera comme prévu, il tombera amoureux d’une jolie aide-soignante.

144 pages, Paperback

Published September 1, 2021

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Displaying 1 - 2 of 2 reviews
Profile Image for Sassenach.
560 reviews13 followers
December 31, 2022
Théodore Perrier travaille dans un grand groupe dans le quartier parisien de La Défense. Il a quarante-cinq ans, est célibataire et vit en appartement au dernier étage d’un petit immeuble où il rend de menus services à son voisin octogénaire. Mais au décès de ce dernier, Théodore a une révélation : il démissionne et déclare avoir des problèmes de mémoire. Après de multiples examens médicaux, il finit par parvenir à ses fins : se faire admettre en institution en tant que malade Alzheimer. Il va donc rejoindre les résidents des Mimosas, une maison de retraite médicalisée haut de gamme dans le Sud de la France. Mais les personnes âgées sont méfiantes et ont du mal à accepter ce nouveau venu bien jeune …
Je n’avais jamais vu ni entendu parler de cet album avant de tomber dessus en médiathèque mais j’ai bien aimé la couverture (qui fait quand même un peu macho !) et le titre. Je me suis demandée de quoi aller parler cette histoire, imaginant plusieurs pistes possibles mais j’avoue que je n’avais pas pensé à celle exploitée par les auteurs (pourtant, elle parait logique). On plonge donc dans le quotidien de Théodore, qui bien que quadragénaire, vit déjà comme un petit vieux et où qu’il aille, il se retrouve entouré de personnes âgées qui lui demandent de les aider ! Le coup du supermarché envahi par les seniors le matin m’a paru très juste et c’est d’ailleurs une des raisons pour lesquelles je ne vais jamais faire mes courses le matin (la principale étant quand même que je me lève tard … vu que je me couche très très tard !) car ils se connaissent tous et bloquent souvent les allées pour bavarder entre eux ! Le début augure donc une certaine justesse de ton, piqueté d’une dose d’humour. On ne connait pas bien Théodore mais avec le peu qu’on a découvert de lui, je n’ai pas eu de mal à l’imaginer vouloir intégrer une maison de retraite pour vivre loin du monde moderne et de son agitation (le séminaire de cohésion auquel assiste Théodore est particulièrement horrible … ça me donnerait envie moi aussi de fuir cette entreprise !). Mais les choses vont devenir plus savoureuses à l’arrivée aux Mimosas : la suspicion des résidents envers ce nouvel arrivant bien trop jeune, puis les relations qui commencent à se tisser, on découvre le quotidien avec les visites familiales, les liens entre résidents, les occupations pour faire passer les journées, jusqu’à ce le sujet du récit se mette en place. La résidence des Mimosas est-elle vraiment ce qu’elle affirme être ? Théodore va se propulser enquêteur et le suspense et le mystère vont pointer leur nez ! L’ensemble mélange alors chronique (voire critique)sociétale et histoire policière, sans oublier l’humour et une certaine tendresse pour ces résidents qui se sentent isolés de la vie et qui, tout à coup, retrouvent presque une seconde jeunesse ! Le dessin crayonné est simple et réaliste, avec juste une petite pointe de caricature et les couleurs sont agréables, évoquant souvent l’automne (en tout cas, c’est l’impression qui m’en est restée alors qu’en le feuilletant pour la rédaction de ce billet, je ne comprends pas pourquoi j’ai ressenti ça car il n’y a pas que des tons orangés … on balaie toute la palette des tons tout en restant dans la douceur !). Les personnages sont tous bien différenciés, ce qui aurait pu être difficile car la vieillesse et les rides ont tendance à faire disparaitre nos différences. Sans attente particulière, j’ai donc lu cet album avec curiosité et plaisir car sous couvert d’une histoire distrayante, il permet aussi de réfléchir sur les conditions de vie de nos anciens ! 
Profile Image for Sonia Pupier Goetz.
851 reviews35 followers
December 5, 2025
Ce roman graphique propose une réflexion à la fois drôle, mélancolique et profondément humaine sur notre rapport au temps, à la société et à la vieillesse.

Une intrigue originale et décalée

Théodore, 45 ans, est un homme en rupture avec son époque. Dépressif, persuadé qu’il n’est pas adapté au monde actuel, il cherche un refuge. Et quel meilleur endroit, pense-t-il, qu’un EHPAD, où la vie semble réglée, où les journées se ressemblent et où l’on échappe à la pression du quotidien ? Pour y parvenir, il simule les symptômes de la maladie d’Alzheimer. Mais évidemment, rien ne va se passer comme prévu… Ce point de départ insolite ouvre la voie à un récit qui jongle entre satire et tendresse.

Un récit entre humour et gravité

Les auteurs osent aborder des sujets difficiles (la dépression, le mal-être, la fuite en avant) par le biais d’un humour absurde et décalé. Derrière les situations cocasses et les dialogues qui font sourire, se cachent des questions plus profondes : qu’est-ce que vieillir ? Qu’est-ce que « réussir sa vie » ? Peut-on trouver le bonheur en se mettant volontairement en retrait du monde ?
Le récit offre un ton léger qui permet de réfléchir sans lourdeur. On rit parfois de bon cœur, puis, l’instant d’après, une réplique ou une situation nous ramène à une vérité plus sombre.

Théodore et ses rencontres improbables

Théodore, bien qu’agaçant dans sa volonté de fuir le monde, est terriblement humain. On reconnaît en lui les doutes et les fragilités que chacun peut ressentir face à un monde qui semble aller trop vite. Son parcours est ponctué de rencontres qui, chacune à leur manière, vont bousculer son plan et lui montrer qu’il existe d’autres manières d’exister. Les personnages secondaires, souvent hauts en couleur, apportent du relief et une dose bienvenue de tendresse.

Un style fluide et une mise en images percutante

Le duo d’auteurs maîtrise parfaitement l’art du dialogue. Les répliques sont vives, percutantes et souvent savoureuses. Le rythme du récit est bien équilibré : ni trop lent, ni trop précipité.
Mais ce qui donne toute sa singularité à ce livre, ce sont les illustrations de Christophe Girard.

Son trait à la fois vif et un peu brouillon donne une impression d’authenticité et de spontanéité. On est loin des lignes trop lisses ou formatées : ici, chaque coup de pinceau respire la vie.

Les couleurs, très présentes, oscillent entre des teintes chaleureuses (ocre, jaune, rouge brique) et des nuances plus ternes qui traduisent la mélancolie du récit. Elles renforcent le contraste entre les moments absurdes, presque burlesques, et les instants de solitude ou de doute.

Le découpage des planches est dynamique : tantôt foisonnant, avec plusieurs petites cases qui font jaillir les dialogues et les situations cocasses (comme les discussions autour de la table ou les scènes de foule), tantôt plus aéré, pour souligner une émotion ou un silence. Cette alternance donne un vrai rythme à la lecture, comme une respiration entre deux éclats de rire.

Un autre atout est l’expressivité des personnages : les visages sont marqués, caricaturaux parfois, mais toujours justes. Un simple froncement de sourcils ou un sourire de travers suffit à rendre palpable une émotion, et cela rend Théodore et les pensionnaires de l’EHPAD encore plus attachants.

Le dessin n’est pas seulement un habillage du texte : il devient un véritable partenaire de l’histoire, en soulignant tantôt la tendresse, tantôt l’absurde, et en offrant au lecteur un spectacle visuel aussi riche que le propos.

Vieillir ou fuir le monde ?

Au-delà de son intrigue décalée, « L’homme qui voulait être vieux » soulève de vraies questions existentielles : le rapport au vieillissement et à la mort, le rejet d’une société où tout va trop vite, où l’on se sent parfois étranger, le besoin d’appartenance et de lien humain, et enfin, la frontière ténue entre fuite et quête de sens.

Ce que j’en ai pensé

Ce livre m’a surprise par sa capacité à faire rire tout en touchant des cordes sensibles. J’ai apprécié ce mélange de burlesque et de mélancolie, ce ton faussement léger qui amène à une réflexion profonde. C’est une lecture atypique, qui bouscule et fait réfléchir, tout en restant accessible et divertissante.
Une lecture douce-amère qui surprend

« L’homme qui voulait être vieux » est un petit bijou d’originalité qui aborde, avec humour et tendresse, des thèmes aussi universels que la dépression, la fuite et le vieillissement. Derrière l’absurde se cache une réflexion profonde sur notre société et sur nos propres contradictions. Une lecture qui fait sourire autant qu’elle pousse à s’interroger.

#Lhommequivoulaitêtrevieux #ThomasGaudin #OlivierDomec #ChristopheGirard #Marabulles
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