Un livre dense... vraiment dense. Pas dans le sens négatif du terme, mais dans le sens "tellement riche qu'on ne sait pas trop par où commencer pour l'utiliser concrètement" : ce qui peut être frustrant (comme d'autres commentateur'ice's l'ont remarqué).
Ce n’est pas un manuel pratique (et il ne prétend pas l’être, comme le souligne le dernier chapitre), ce n’est pas qu'une simple boîte à outils non plus, mais plutôt une fresque vivante de la rhétorique : de son histoire, de ses usages, de ses pièges et surtout, son pouvoir.
Je ne savais presque rien du sujet en ouvrant le livre. J'ai trouvé la découverte passionnante !
Pour ce qu'il en est du contenu...
- Des exemples concrets (j'en conclus que cela est essentiel quand il s'agit de ce domaine), tirés de notre époque et au delà, des discours familiers qui prennent une tout autre dimension/interprétation.
- L’idée centrale, celle qui m’a convaincu de l’importance du sujet et qui m’a fait mesurer l’étendue de mon ignorance : la rhétorique est partout.
Bien entendu : dans les débats officiels. Mais aussi, notamment, elle est dans nos discussions de tous les jours, nos échanges digitals, nos disputes lors de repas de famille ou encore dans des publications sur les réseaux. Elle [la rhétorique] n’appartient pas qu’aux politiques ou aux expert'es de la parole : elle est aussi la nôtre. Et surtout, nôtre à discerner, pour éviter d'y tomber dans ses pièges.
Par conséquent, l'auteur met en avant un point essentiel : nous devrions tou'te's connaître ces techniques — non pas pour devenir de grand'es orateur'ices, mais pour reconnaître l’incohérence, la manipulation, la mauvaise foi, les ruses quand elles se glissent dans les discours et conversations qui nous entourent.
Alors oui, ce n’est pas une lecture légère. Mais c’est une lecture nécessaire, pour qui veut résister à l’influence. Pour qui veut, peut-être, mieux se faire entendre.
C’est un livre qu’on ne survole pas. C’est un livre qu’on annote, qu’on relit, qu’on mâche lentement. Un livre à pratiquer plus qu’à consommer. Je salue l’effort colossal de Clément Viktorovitch : condenser quinze ans de recherches dans un ouvrage à la fois exigeant et accessible, c’est une prouesse.
De toute évidence, je ne prétends absolument pas avoir tout retenu, ni d'avoir les armes nécéssaire pour pouvoir donner un avis assez construit, loin de là. Le livre est si dense que certaines notions m’échappent encore, que certains outils sont déjà flous tant l’abondance d’informations est grande. Je ne peux pas dire que je ne sois pas le public visé — au contraire, car comme dit précemment le sujet du livre s’adresse à tou'te's.
Mais peut-être aurais-je dû l’aborder de façon plus scolaire, prendre des notes plus rigoureuses, y consacrer davantage de concentration... car c’est le prix à payer pour tirer pleinement profit d’une œuvre aussi riche.
Bravo, je suis dans l'incapacité d'y donner une note plus basse que que 4: un 3,5 pour l'exigence que la lecture m'a demandé et un arrondis au dessus pour le taff colosal effectué.