Entre une mère à l’amour brutal, son amie fidèle et des amoureux·ses qui voudraient la sauver, Naïma suit le mouvement sans savoir ce que signifierait vivre une vie qu’elle pourrait dire sienne. Traquant sans relâche la lumière dans le viseur de son appareil photo, elle se demande si la création reste une réponse légitime devant la lente destruction de la planète. Autour de Naïma se déploie une communauté qui rêve, elle aussi, d’un monde habitable. Roman choral porté par la poésie et le passage du temps, Sans refuge est le premier livre de Maryse Andraos.
Maryse Andraos est autrice et réviseure linguistique. Elle a fait paraître en 2021 un premier roman, Sans refuge, finaliste aux Prix littéraires du Gouverneur général. Son écriture explore l’identité, la guérison, l’amour et l’amitié entre femmes, dans un dialogue entre subjectivité et communauté. Tombée de la nuit est son second livre.
Ce petit livre est d’une étonnante beauté. Les phrases sont brillantes et chaque mot, placé au bon endroit. En paragraphes courts, comme des tranches de vie, le roman relate l’histoire d’une jeune femme un peu perdue entre ses amitiés chambranlantes, ses relations amoureuses bancales et ses ambitions déçues. Ce roman marque également la jeunesse, ses révolutions et de ses idéaux, et ceux qui, en vieillissant, finissent par se plier aux dictats de la société. Une belle réflexion sur les choix et les décisions qui modèlent notre vie. À ne pas manquer!
« Tu voulais épargner le spectacle de votre affection à Ariane, mais son visage se ferme, et en suivant Nathan vers la poissonnerie, tu te demandes ce qu’il t’en coûterait de la rattraper, d’affronter ses yeux de saint-bernard, d’oser lui dire, Sais-tu combien je t’ai aimée, comment j’aurais voulu t’aimer toujours. » ♥️
Une des lectures les plus touchantes, brillantes, profondément humaine et vibrante que j’ai lu dans les dernières années. Je suis reconnaissante d’avoir rencontré cette histoire qui est celle d’un nombre incalculable de militant.e.s transformé.e.s par les grèves et les idées de révolution, qui finissent par se caser et remplacer leurs rêves par des rêves insoupçonnés il y a quelques années.
J’ai lu ce livre en deux jours, entraînée par l’histoire. J’ai aimé me reconnaître dans cette transition de vie de lutte à vie « d’adulte », de reconnaître les lieux. J’ai aimé l’écriture fluide, parfois surprenante par les tournures poétiques. P. 31 : « Oui, statue Nathan, voilà où on en est, à concentrer les petits gestes d’une lutte qui nous a foudroyés par son ampleur. Et qu’est-ce que je fais, moi, de différent, si ce n’est de croire que la musique peut encore nous sauver ? »
Vous avez répondu à l’appel de la guérison- au mythe voulant qu’on ne puisse sortir de ce pays sans en être transformée. C’est un appel semblable qui vous guide lorsque vous revenez à votre appareil photo, à vos tubes de peinture, à vos manuscrits - un mirage qui aussitôt atteint de dissout. Mais peut-être que la véritable maladie réside dans l’illusion selon laquelle on sera, un jour, réparée ; peut-être faut-il moins guérir de la souffrance que l’idée de la guérison (p.155-156).
Il est assez fascinant d’avoir lu «Tombée de la nuit», où l’autrice assume à 100% l’aspect autofictionnel de son livre, avant ce premier effort. Dans «Sans refuge», on suit au fil des ans les pérégrinations d’une bande d’amis, passant des idéaux de la fin de l’adolescence aux réalités de la vie adulte. On devine facilement quel personnage représente l’autrice et ses préoccupations. Les chapitres sont courts, les sauts temporels multiples, mais on ne s’y perd pas. Le thème principal que j’ai cru déceler est celui de ne jamais se sentir totalement à sa place, jusqu’à ce qu’on se déplace vers l’Islande pour une résidence d’écriture, périple qui nous permettra de lire les plus belles pages de l’ouvrage, et de connaître une certaine paix d’esprit après les tourments des premiers chapitres, par le biais d’une finale saisissante.
L’écriture de ce livre est douce et magnifique. Par contre, les changements de narrateur sont très peu clairs, ce qui rend la lecture plus difficile et le tout moins fluide.
J'ai pensé à beaucoup de gens de mon entourage tout au long de cette lecture, en particulier à tout le beau monde provenant du milieu militant (coucou les gens 🙋♀️).
Et je l'ai terminée avec trois choses en tête, en regardant les paillettes de pluie sur la fenêtre: * La chanson d'Ariane Moffatt Combustion lente (les drôles de liens du cerveau) * Plusieurs rappels du roman Bermudes de Claire Legendre * Cette phrase, pour Naïma : Tu n'appartiens à personne, peut-être un peu à toi-même.
Une lecture magnifique de A à Z, la plume de Maryse Andraos est si belle. J’adore son style d’écriture et le fait que le récit soit coupé en fragments. Les figures de style étaient très belles, j’ai adoré ces ajouts de poésie dans la lecture. J’ai aussi aimé qu’elle parle au tu lorsqu’elle parlait d’elle même (Naïma), je trouve que ça donnait du sens à ses émotions, à son sentiment d’inexistence, comme si elle vivait à l’extérieur d’elle même et /ou qu’elle était seulement spectatrice de sa propre vie ? Qu’elle se regarde tomber dans les abysses de la dépression et qu’elle ne puisse rien y faire !!! En tous cas, c’est comme ça que je l’ai ressentie ❤️
L'écriture de l'auteure est sublime. Entendons-nous là-dessus.
J'ai beaucoup aimé ma lecture, mais je crois que c'est le genre de livre dont l'appréciation s'accroît quelques semaines après la lecture. Comme s'il devait murir en nous.
L'histoire est touchante, très humaine et réaliste. Il est facile de se retrouver dans l'un ou l'autre des personnages et de réfléchir à sa propre histoire par la même occasion.
Un récit avec des références de milléniaux qui m’ont fait sentir chez moi. La réflexion sur les relations hétérosexuelles expérimentées par une femme bisexuelle est tellement juste. Magnifique. J’en aurais pris plus.
Pas tellement d'acord avec l'appellation de roman. C'est plutôt un récit sur l'amitié et les relations amoureuses où sont racontées des parcelles de vie en parfois un paragraphe, parfois quelques pages. Les amoureux des mots et de la poésie seront comblés.
Sans refuge est un roman choral mettant en oeuvre le temps, j’ai beaucoup aimé la perpective de naïma, qui mène un combat contre les certitudes duquel elle ne peut ressortir que perdante.
Eu de la difficulté à comprendre le livre au début mais vers la fin ça devenu plus claire. Beaucoup de passages de types “poèmes” et la fin m’as fait réfléchir!
Je ne sais pas .. j'avais beaucoup d'attentes, je ne suis pas forcément déçue, mais un peu sur ma faim je crois. Certains passages sont puissants, et la plume est magnifique mais le tout mis ensemble, j'en suis encore perplexe.