Des années après avoir fréquenté Sophie Colin, le ministre Thomas Tellier reçoit une inquiétante lettre de sa part. La missive contient des instructions et des menaces : l'heure est grave, car s'il n'obtempère pas, Sophie dénoncera ses abus et dérives sexuelles. Le ministre, qui a effectivement abusé d'elle par le passé et qui espère préserver sa réputation, obéit aux consignes : lire chaque nouvelle publication sur le blogue de Sophie et lui envoyer se l'argent.
Très vite, Thomas devient subjugué par l'histoire que Sophie lui raconte en ligne, par les scènes-clés qui retracent des événements marquants (traumatismes, apprentissages) de son enfance et de son âge adulte. Elle évoque les passions qui l'animent et les personnes qui l'entourent, dont une mystérieuse cégépienne. Au fil des jours, on suit le ministre dans son bureau au Parlement, dans sa limousine et dans son pied-à-terre, et à travers lui, par ses lectures et ses souvenirs, on découvre Sophie.
Haletant comme un livre psychologique, "La leçon" est un livre fascinant, dynamique, mené par une intrigue originale, pertinente, parfaitement calibrée. Avec suspense et houmour, Christine Daffe nous offre une plume maîtrisée et polymorphe, ainsi qu'une habile psychologie des personnages. Sans être moralisateur, le roman scrute des réalités complexes de façon nuancée. Traversé par des enjeux actuels tels que le consentement, les abus sexuels, l'éthique, la justice et la vengeance, "La leçon" est un livre fougueux, exceptionnel, qui nous rappelle les possibilités de la littérature.
Christine Daffe a fait paraître en 1984 un premier livre, « Le contenant », chez Soudeynz-Donzé Éditeurs, devenu XYZ l’année suivante. Elle a également fait paraître des textes dans les revues « La nouvelle barre du jour» , « Lèvres urbaines » et « Moebius ».
J'ai d'abord été envoutée par la prémisse de chantage d'une victime envers son agresseur via un blogue. C'était inattendu et fort intrigant, cette promesse de pousser l'écriture aux limites du littéraire par une narration mise en abîme dans une autre.
Malheureusement, j'ai eu du mal à entrer dans l'histoire, parce que le récit de la victime s'éparpillait et prenait des longueurs inutiles, comme pour ennuyer son agresseur, qui était forcé de la lire pour obtenir ses instructions. J'ai donc décroché à plusieurs reprises de ma lecture, qui pourtant, aurait dû être passionnante. Le moment était peut-être mal choisi. Je le relirai.
Le livre est difficile a lire au départ, puisqu'on ne sait jamais vraiment qui s'exprime et s'il s'agit d'une histoire ou non. Par contre, au fur et a mesure, on finit par s'y habituer, si on est moindrement ouvert à ce type d'écriture. Je ne décrirais pas ce livre comme haletant, comme le fait la 4e de couverture, mais c'est vraiment intéressant de voir que l'auteure parvient à nous donner le goût de poursuivre notre lecture. Je n'accrochais pas totalement au début, mais j'ai fini par vouloir connaitre la suite et j'avais hâte de connaitre le dénouement de l'histoire. Je pense que c'est un livre qui surprend, qui est différent de la classique histoire de chantage. J'ai énormément apprécié la façon dont Sophie prend le contrôle sur sa vie et son histoire. Bref, un roman auquel on s'attache et qui nous offre une perspective intéressante du cheminement intérieur d'une personne dans sa quête de justice.
Le résumé du roman m'a intriguée, mais voilà, pas moyen d'entrer dans l'histoire. Des longueurs, des détours, c'est plat, le personnage du lecteur - Thomas - est inintéressant... Dommage, j'espérais quelque chose de plus marquant, de plus frappant, compte tenu du thème de la vengeance et du chantage. Le quatrième de couverture a l'audace de prétendre que ce roman est "haletant comme un thriller psychologique"... lol.
Je suis vraiment pas fan, d'une histoire (blog) dans une histoire, mais là quand il y a une histoire, dans une histoire dans l'histoire ... c'est trop pour moi.
Je spoilerai pas, mais la fin est aussi décevante.