Elles sont belles. Elles sont riches. Elles sont populaires. Elles sont des superstars, et elles se disent féministes. Dans la lignée de Madonna, des Riot Grrrls et des Spice Girls s’élèvent aujourd’hui les voix et les corps de femmes puissantes et controversées comme Beyoncé et Lady Gaga. On leur reproche de faire fructifier leurs prises de position. D’édulcorer les idées politiques dont elles se réclament. Simple plus-value à leur image de marque ou résistance authentique ? Et si leur discours relevait à la fois de l’une et de l’autre ?
Sandrine Galand plonge au coeur de ces questions difficiles dans cet essai documenté sur la place du féminisme dans la culture populaire contemporaine. Elle fait le pari d’embrasser les tensions qui le traversent pour mieux repérer ce que ces stars pop représentent de subversif et d’inclusif, pour mieux comprendre ce qui se passe entre les gloires et les chutes. Plus qu’un effet de mode, ce sont de nouveaux récits qui s’écrivent avec ou en marge des luttes. L’autrice réapprend à aimer ce féminisme qui fleurit à l’ombre du spectacle, en révélant ce qui, en lui, nous parle de nous.
"Je suis féministe. Ce n'est pas grâce à elles, mais ce n'est pas non plus sans elles. Mon féminisme se dessine simplement avec elles à l'horizon." (p. 160)
"(...) il m'importe peu de trancher entre un féminisme authentique - méritant - et un féminisme de parure, récupéré par le discours commercial; je désire plutôt m'en réclamer pour ce qu'il a de compliqué, de contradictoire, parce, dans ses tensions, je me suis reconnue." (p. 311)
Ces deux citations résument bien le message clé du livre. Tout en nuances. C'est définitivement la plus grande force des propos de l'auteure.
Je me questionne toutefois: à qui s'adresse ce livre? À l'allure pop, il semble à première vue accessible au grand public. J'aurais pourtant tendance à dire le contraire, surtout à cause de ses nombreuses références à des philosophes et des théoriciens qui viennent alourdir le texte. Mais peut-être est-ce là que réside le génie du livre, représentant de lui-même les tensions du féminisme pop dans toute sa complexité?
Un essai qui réfléchit à la place contradictoire qu'occupent sur la scène publique les célébrités féministes autoproclamées, comme Beyoncé ou Lady Gaga. À savoir, leurs prises de position peuvent-elles avoir un réel impact politique ou ne visent-elles qu'à façonner leur image? Est-il possible, finalement, qu'elles puissent accomplir les deux à la fois?
Dans ce livre, il est entre autres question de la représentation des corps féminins dans les médias, du mouvement #metoo et de l'authenticité – par opposition à l'image. Une grande partie du texte est également consacrée aux représentations de la douleur et de la maladie ainsi qu'à leur association, dans l'imaginaire collectif, au féminin – un thème qui m'a un peu moins interpellée.
L'écriture, à la fois littéraire et savante, m'a rappelé celle de Martine Delvaux, la colère en moins. Je dois avouer, cependant, qu'avec le titre, les couleurs de la couverture et le sujet annoncé, je m'attendais à découvrir un autre type de voix, un ton un peu plus léger, quelque chose de plus... pop! Je me suis tout de même reconnue dans l'ambivalence de l'autrice face aux objets de la culture populaire, qu'on ressent le besoin de critiquer sans toutefois pouvoir les renier, puisqu'ils nous ont façonnés.
Livre très bien écrit. Plusieurs chapitres m'ont permis de faire de nouveaux liens, comme le concept de "gouvernement" de Foucault, appliqué aux réseaux de pouvoir des célébrités. J'aurais toutefois revu le titre du titre. À mon sens, le livre traitait plus spécifiquement du feminisme de célébrités que de féminisme pop. J'aurais aimé y lire un chapitre sur les dangers du vedettariat, auquel le livre participe en quelque sorte.
Ces écrivaines qui réchauffe mon coeur. Des paroles, des recherches qui m'aideront à pousser, de mon côté, mon féminisme pour justement aidée à l'égalité homme-femme et arrêter de rabaisser la féminité.