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Jacqueline Jacqueline

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C’est durant la réception internationale de La Plus Précieuse des marchandises que Jean-Claude Grumberg perd Jacqueline son épouse.
Depuis, jour et nuit, il tente de lui dire tout ce qu’il n’a pas pu ou pas osé lui dire. Sans se protéger, ni rejeter ce qu’il ne peut ni ne veut comprendre, il dialogue avec la disparue.
Incrédulité, révolte, colère se succèdent. Dans ses propos en cascades, réels ou imaginaires, qui évoquent la vie de tous les jours, Grumberg refuse de se raisonner, de brider son deuil. Les jeux de mots, l’humour, l’ironie, l’autodérision n’y changent rien.
Dans ce livre, où alternent trivialité et gravité, entre clichés et souvenirs, l’auteur dit la difficulté d’exprimer ce qu’il ressent.
Jean-Claude Grumberg fait son livre « pour et avec » Jacqueline, exaltant l’amour et l’intimité de la vie d’un couple uni pendant soixante ans.

352 pages, Hardcover

Published August 19, 2021

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Jean-Claude Grumberg

66 books38 followers

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Displaying 1 - 9 of 9 reviews
7,034 reviews83 followers
December 29, 2021
Après quelques lectures plus ordinaires en cette fin d’année, je termine finalement une œuvre extraordinaire. Magnifiquement écrit, sans flafla tout en étant d’un grand style, ce livre charme donc par sa prose, mais encore plus par la charge émotive qui s’en dégage.

L’auteur y rend un hommage profondément touchant à sa femme décédée il y a deux ans. L’humour y croise le drame. La beauté du quotidien passé et l’ennui dans le présent. Le vide laissé par l’absence de cette femme qui l’accompagna pour la grande majorité de sa vie. Ce qui m’amène à la question suivante :

Combien de temps avez-vous vécu avec la même personne?

Cette question est à mon sens essentiel pour bien saisir le vide que peut laisser la perte d’un amour qui dure depuis des décennies. C’est d’ailleurs pourquoi ce livre m’a tant touché. Me rappelant à la fois mon grand-père, totalement dévasté par la perte de ma grand-mère, après soixante ans de mariage et qui passa d’un homme en pleine forme à l’ombre de lui-même pour finalement décéder moins de trois ans plus tard. Complètement anéantie par la perte de sa femme. Étant bien plus jeune je ne peux pas encore comprendre toute la charge émotive d’une telle chose, mais ayant vécu plus de la moitié de ma vie avec ma femme, les deux tiers de ma vie consciente (si on oublie les 0-5 ans) et l’entièreté de ma vie adulte, je peux tout de même, en partie, m’imaginer l’ampleur que ce vide doit laisser.

C’est ce que nous démontre Grumberg, par des anecdotes, des souvenirs, des partages de moments où l’on et l’autre ne font en fait plus qu’un. L’autre devient le prolongement de nous-mêmes, la communication devient parfois inutile. S’effaçant pour laisser place à une sorte de télépathie très fonctionnelle. Alors quand une telle personne décède, en plus de perdre l’être aimé, c’est une partie de nous même qui meurt, et si c’est la meilleure partie, comme le dit l’auteur, alors imaginez l’abime.

Un livre magistrale qu’il faut lire!
Profile Image for Nathalie Vanhauwaert.
1,089 reviews43 followers
November 2, 2021
C'est difficile parfois d'exprimer ce que l'on ressent, encore plus lorsque l'on perd l'être aimé, chéri, adulé pendant près de soixante ans. Ironie de la vie et de la mort, c'est lorsque le succès est au rendez-vous avec "La plus précieuse des marchandises" - que je vous conseille vivement - que Jean-Claude Grumberg perd sa muse, son amour, sa raison de vivre, celle avec qui il a partagé sa vie : Jacqueline, son épouse.

Depuis, la douleur de l'absence ne le quitte pas. Il veut prolonger son contact avec Jacqueline, ne pas l'oublier, et pour la garder avec lui, pour rester en sa compagnie il entreprend ce magnifique récit. Un sublime récit sur le deuil, qu'il refuse et ne peut accepter.

Ce texte est universel, c'est un cri d'amour, l'amour de sa vie avec ses joies, ses regrets, sa honte de ne pas avoir su sauver celle qu'il aime et aimera jusqu'à son dernier souffle.

Il nous parle de l'absence, impossible d'imaginer et à accepter, des manques éprouvés physiquement, charnellement, sensuellement. Il écrit pour lui rendre une place dans son oeuvre, il refuse l'oubli.

Il nous raconte leur vie, leur rencontre, le devoir de mémoire des proches disparus, l'atelier, sa vie d'acteur, d'auteur, sa dépression après le succès de "L'atelier". Il nous crie sa rage de ne pas avoir réussi à sauver Jacqueline, en l'empêchant de fumer, ses remords de ne s'être focalisé que sur le premier cancer, les poumons et d'avoir négligé le reste.

Il hurle sa rage, son désespoir, sa honte, sa douleur. L'ironie de la vie qui lui donne le succès lorsque Jacqueline s'en va le jour de l'anniversaire de leur fille Olga.

Un texte magnifique à découvrir au plus vite.

Ma note : 9/10


Les jolies phrases

Quand le passé devient trop présent, il est grand temps d'oublier le futur.

Ils te portent dans l'escalier. Ils t'arrachent à la vie en te portant en triomphe.

L'amour qui cependant résista, surmonta, et surmonta même l'usure, la fameuse usure des couples dont nos contemporains nous ont rabattu les oreilles. Ni usure, ni ennui, jamais, jamais au grand jamais, durant ces soixantes ans passées collés l'un à l'autre, agrafés pour ainsi dire dans le même pli creux, jamais, jamais on ne s'est ennuyé, ne fût-ce qu'une seconde; toujours captivés par l'autre, toujours discutant, se disputant, se réconciliant, échangeant toujours.

A certains moments, sans que rien m'y prépare, seul ou en compagnie, la honte, la honte s'abat sur moi et m'accable, chassant la douleur et le chagrin. La honte de qui ? La honte de quoi ? La honte de vivre encore alors que tu ne vis plus ? La honte du lâche qui accepte d'être au monde sans toi ? La honte de l'impuissant qui n'a rien pu faire pour toi ? La honte de celui qui, n'ayant rien pu faire, tente avec ses écrits dérisoires de te maintenir vivante sur le papier griffoné?

Depuis que tu es partie, je suis comme un enfant envoyé en colo pour le reste de sa vie , avec des moniteurs incompétents, condamné à vivre ainsi, en vacances, sans fin, comme un enfant abandonné parmi d'autres enfants abandonnés.

C'est pourquoi j'écris, j'écris pour faire ce qu'il me reste à faire, ce que je crois savoir faire, pour te retenir, pour te garder encore, pour garder l'être aimé qui s'éloigne inexorablement, happé par les trous noirs du temps qui passe et qui efface ta douceur et ta beauté.

Moi j'écris comme d'autres édifient des monuments pour honorer la mémoire de leurs disparus. Je tente ainsi d'ériger du bout de ma plume un palais de papier accessible à tous ceux qui n'ont pas eu la chance de te connaître, donc de t'aimer.

Avec l'espérance de vie qui s'allonge, divorcez le plus tôt possible. Ne vous attachez pas, résistez ! Ne laissez pas l'autre devenir une moitié pour vous. On souffre trop, on souffre trop quand cet autrre devenu une partie de nous s'arrache à nous. Quittez-vous, quittez-vous avant que l'amour soit trop fort. Changer de partenaire, profitez de votre jeunesse, partouzez, échangez, visionnez des films pornos, mais ne restez pas à vous aimer.

Le pain du deuil se mange seul et se mâche longtemps tant il est dur à déglutir.

Ce fut cette nuit-là que je découvris qu'on n'écrivait pas pour gagner sa vie, qu'on écrivait pour crier sa douleur ou son amour, sa joie ou son désespoir, ou les deux. Et depuis je n'ai jamais pu revenir en arrière et écrire quoi que ce soit "pour gagner ma vie", ou la tienne.

La douleur ; la douleur chasse le moindre souffle de joie, mais cette douleur m'est précieuse, si elle venait à disparaître elle aussi, je la regretterais. Cette douleur est la rançon du bonheur partagé. Cette douleur témoigne de ton absence. J'aime cette douleur. Elle me rappelle la joie de t'avoir connue et la peine infinie de t'avoir perdue.

Je pense, vois-tu, que c'est le premier avis sans frais que le propriétaire de la planète, quel qu'il soit, qu'il existe on non, adresse à ses locataires peu scrupuleux. Locataires qui pensent être devenus eux-mêmes les propriétaires et qui se conduisent sur la planète comme chez eux, c'est-à-dire comme des sagouins, des salopards disons, pour ne pas insulter les espèces. Des locataires qui pillent les sols, coupent les arbres, tuent les animaux, liquident les espaces verts, font de plus en plus de saccages sur cette planète qui fut conçue pour Adam et Eve et qui abrite aujourd'hui neuf milliards d'individus, tous susceptibles d'attraper et de propager le corona. Le proprio a tous les droits, il peut nous virer, nous envoyer nous faire voir ailleurs, sur Mars ou Vénus. C'est d'ailleurs incroyable et troublant que nous soyons à deux doigts d'aller visiter Mars et dans l'incapacité de trouver un traitement pour stopper et faire cesser cette saloperie.

https://nathavh49.blogspot.com/2021/1...
Profile Image for Sandrine.
73 reviews
January 1, 2022
This book is a collection of thoughts, stories, memories, dreams, feelings, to be read in no particular order, written by an octogenarian whose wife died. This is his attempt to encapsulate his love story in a book.
A lot of repetitions but funny sometimes and very touching.
424 reviews3 followers
March 19, 2022
Décevant ! Moi qui avais adoré La plus précieuse des marchandises, précédent livre de Jean Claude Grumbert, j'ai été très déçue. Il n'a pas fait le deuil de sa femme. Aussi c'est plombant. Heureusement que c'est plutôt bien écrit. Mais quand même j'ai langui la fin.
Profile Image for Jo.
1,218 reviews227 followers
July 3, 2023
Je veux juste qu’on m’aime comme Jean-Claude Grumberg a aimé sa femme.

Ce roman est un hommage poignant, flamboyant et déchirant.

Un ultime palais de papier pour son épouse disparue alors qu’elle était son axe, son soleil et ses étoiles.

Un crève-cœur sublime, j’ai adoré. ♥️
Profile Image for Brigitte Irion.
122 reviews4 followers
December 19, 2021
Emouvant ce récit de l’amour partagé que l’auteur veuf depuis peu et octogénaire éprouvait et éprouve pour Jacqueline son épouse
Profile Image for Flore.
23 reviews
January 28, 2023
Pitiful … poor thing, writing about his grief, in the purpose of writing a tribute to his wife and just capable of self-pity… never imagined you could be so selfish when grieving.
Profile Image for Manon H..
191 reviews3 followers
November 8, 2023
Un livre emprunt de lourdeur, mais simplement car il parle d’un sujet lourd.
6 reviews
March 28, 2024
Ode a l'amour, la justesse des mots pour parler du deuil et l'amour porter a l'autre rempli de poésie
Displaying 1 - 9 of 9 reviews

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