Robert Badinter retrace dans ce récit les deux dimensions nécessaires, selon lui, à l'abolition de la peine de mort : une bataille judiciaire, procès par procès, pour obtenir les circonstances atténuantes et/ou la grâce du Président de la République et une bataille politique pour abolir, de manière légale, la peine de mort, contrairement à d'autres pays, comme la Belgique, par exemple, où la peine de mort existait toujours dans l'arsenal judiciaire, mais était tombée en désuétude du fait de la grâce systématique du Président.
Le récit est principalement axé sur la bataille judiciaire, de l'exécution de Bontemps en 1972 jusqu'au tout début de l'élection du François Mitterrand et le projet de Loi qu'il défendra devant l'Assemblée Nationale et le Sénat en septembre 1981.
Je retiens, surtout, l'humilité de Robert Badinter qui s'interroge constamment sur le meilleur moyen de défendre, surprendre, convaincre les jurés, d'assurer la défense la plus efficace ; son humanité, sa conviction qu'il existe toujours, même chez l'homme capable du pire, une raison de comprendre, s'émouvoir et espérer ; son refus du compromis, sur le plan moral, notamment sur tous les débats et tentatives d'instaurer "une peine de substitution" à la peine de mort, Badinter a refusé ("on ne remplace pas une torture par une autre torture").
Il voulait l'abolition pure, simple et définitive, comme le disait Victor Hugo.
Il l'a obtenue. "C'était fini, la peine de mort".