Amy Yamada (AKA 山田 詠美, Yamada Eimi) born February 8, 1959, is a popular but controversial contemporary Japanese writer who is most famous for her stories that address issues of sexuality, racism, and interracial marriage, topics not typically discussed openly in Japanese society.
Born in Tokyo as Futaba Yamada, she lived in several places around Japan due to her father's job. This transient lifestyle forced her to confront issues of separation and bullying, issues that many of her protagonists also deal with.
According to her interview with the Japanese magazine Bungei, during middle school she was moved by African-American soul music and began to read any novels she could find written by black people, or featuring black people. She held a job in the Roppongi district of Tokyo, an area rich with foreigners.
After graduating from high school in 1977, she entered Meiji University's Literature Department, but dropped out before graduating. After a short stint writing and drawing manga, she began writing novels in 1980. Though her works garnered some attention, even receiving praise from Japanese literary critic Jun Eto (江藤淳 Eto Jun?), she only achieved widespread recognition in 1985, when Bedtime Eyes won the Bungei Prize. In writing Bedtime Eyes, Yamada drew upon her experiences with black people and black culture and combined them with the Japanese literary tradition.
In 1996, "Trash" was published in English translation by Kodansha International (translator: Sonya L. Johnson). In May 2006, three of Yamada's novellas (Bedtime Eyes 「ベッドタイム・アイズ」, The Piano Player's Fingers 「指の戯れ」 and Jesse 「ジェシーの背骨」) were published in English translation (translators: Yumi Gunji and Marc Jardine) as a single volume by St Martin's Press under the collective title Bedtime Eyes.
In Yamada's second collection of works, Jesse's Spine, Yamada depicts the experiences of a woman who is learning to adjust to life with her lover's child from another relationship. The writing style of this work has been compared to William Saroyan's novel, Papa You're Crazy. Through her depiction of the child's perspective on the world, her book was a critical success, earning her a nomination for the Akutagawa Prize for new authors. In her short novels Classroom for the Abandoned Dead, Afterschool Music, and I Can't Study, Yamada tackles the topics of childhood life, bullying, and school life. In an interview with Bungei Shunjū upon winning the Akutagawa Prize, Risa Wataya and Hitomi Kanehara named Yamada's Afterschool Music as one of their major influences, explaining that her works were one of the greatest depictions of modern Japan.
"La Chrysalide brisée", c'est l'histoire d'une jeune fille, Hitomi, qui après sa première expérience sexuelle avec un garçon du nom de Mugio, nous racont la haine atypique qui la lie à celle qui se présente comme sa meilleure amie, la douce et belle Eriko.
Avec une simplicité crue, Yamada nous livre les souvenirs d'une enfance marquée au fer rouge par une amitié possessive. Cette relation exclusive qui lie les deux jeunes filles est si forte qu'elle relègue les garçons au second plan.
Le personnage de Mugio semble ainsi bien sommaire. On sait juste qu'il est dans la même classe qu'Hitomi et qu'il vit seul, ses parents étant à l'étranger. Hitomi elle-même ignore tout de lui, comme le montre cette scène où, piétinant les partitions qui jonchent le sol de sa garçonnière, elle réalise soudain qu'elle ne lui a jamais demandé de quel instrument il jouait.
Leur relation est très limitée : ils boivent, fument, font l'amour et écoutent des chansons de Françoise Hardy. Chaque soir, ils se retrouvent au bar où travaille Mugio avant de rejoindre son appartement. Aucune précision sur sa famille ou ses goûts. Cette absence de caractère fait partie intégrante du personnage et c'est cette "légèreté de l'être" qui attire Hitomi, comme un contre poids à la personnalité envahissante d'Eriko.
Cette relation purement charnelle n'est qu'une étape, un catalyseur qui permet à Hitomi de se dégager de l'emprise d'Eriko. Les amants se sépareront d'aillers assez vite, s'étant lassés du "plaisir de leurs corps".
Sa séparation avec Eriko n'est pas non plus une fin en soi, et une fois la rupture consommée, le plus dur pour Hitomi sera d'apprendre à vivre seule. En ce sens, la fin du roman est empreinte d'une profonde nostalgie. Harcelée par le souvenir omniprésent d'Eriko, Hitomi fond en larmes, pleurant non pas cette amitié perdue, mais le gâchis que fut cette enfance passée à l'ombre de la "plus belle des plus belles amies intimes".
Car la chrysalide brisée c'est elle, Hitomi. La haine qu'elle éprouve pour Eriko, en la privant de son enfance, l'a obligée à grandir trop vite.
Mais il ne faut pas limiter Eriko à ce rôle de méchante. S'il est vrai qu'elle se sert souvent d'Hitomi comme faire valoir, son amitié, bien qu'étouffante, est réelle. Cet amour, Hitomi ne peut s'empêcher d'y répondre malgré sa haine, et les nombreux passages où elle loue la beauté d'Eriko trahit l'ambiguïté de cette relation malsaine et possessive.
Les deux petites filles forment d'ailleurs un "vrai petit couple": Eriko, toujours en rouge ou en rose, représente la femme dans toute sa splendeur, tandis que les couleurs sombres portées par Hitomi la reléguent au rôle d'homme éffacé.
Mais si de l'extérieur, la vie d'Eriko semble parfaite, les rares scènes montrant sa famille trahissent une réalité très différente : une mère "défraîchie" et glaciale, une grande soeur méprisante, un père absent à peine remplacé par un oncle artiste, faible et effacé. Livrée à elle-même sur le plan affectif, Eriko tente de retrouver chez Hitomi ce qui lui fait défaut au sein de sa propre famille, au risque de lui faire perdre sa propre identité.
Hitomi ressent confusément le danger de cette situation, et au moment où les rapports s'inversent, quand elle s'oppose à une Eriko déboussolée, elle refuse de reproduire le même schéma. Alors qu'elle aurait pû enfin endossée le rôle de dominant dans leur "couple", elle décide de rompre définitivement le cercle vicieux.
Cette dernière confrontation nous révèle le vrai visage d'Eriko : une enfant égoïte mais innocente qui, trop longtemps confinée au rôle de "petite fille idéale", a fini par devenir cette poupée que tout le monde voulait qu'elle soit. En rejetant sur Hitomi ce rôle de poupée, elle n'a fait que reproduire le schéma dont elle était victime, les enfermant toutes deux dans une caricature de relation.
Hitomi, au contraire, a su trouver la force de grandir, d'évoluer. Elle a accepté la souffrance de la révolte, de la réinvention de soi, tandis qu'Eriko se complaît dans ce théâtre de l'enfance.
Tous les espoirs sont donc permis à Hitomi pour son avenir, tandis qu'Eriko, promise à un mariage arrangé, est condamnée à rester celle qu'elle doit être.
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