En 1929, Friedrich Murnau, l’un des plus grands cinéastes au monde, abandonne le confort d’Hollywood pour rallier, à bord d’un petit voilier, les Marquises d’abord puis Tahiti et Bora-Bora. C’est là qu’il réalise Tabou, « le plus beau film du plus grand auteur de films », selon Éric Rohmer.
Mais ce chef-d’œuvre incomparable est maudit. Son tournage sera marqué par les drames et les catastrophes. Et Murnau, comme basculant dans son propre film, mourra tragiquement une semaine avant la première du long-métrage.
Murnau des ténèbres est le roman vrai de cette expédition fascinante. Dans un style à la beauté envoûtante, Nicolas Chemla conjugue le récit d’aventures, le conte fantastique et la méditation philosophique. À la frontière du rêve et de la réalité, de la vérité et de la fiction, il signe un texte à rebours de toutes les modes et renoue avec le souffle des grands écrivains-voyageurs comme Joseph Conrad, Herman Melville ou Pierre Loti
Un récit fantasmé du tournage de Tabou en Polynésie française. Une belle tentative d'expliquer l'oeuvre et les intentions du cinéaste. Une narration classique où le personnage principal, à la recherche d'informations fait une rencontre hors du commun. Les codes du romans gothiques sont respectés avec une écriture fluide, poétique et enivrante. Nicolas Chemla frôle plusieurs fois le grotesque et le mauvais goût dans certaines scènes. J'ai apprécié son envie de mêler culture polynésienne et esthétique gothique. En revanche, sa vision de la Polynésie et de ses habitants bien que respectueuse reste une projection de fantasmes occidentaux.