Ma mère est malade. À cause de sa dépression, elle dort sans arrêt. Ce n’est pas sa faute.
À part ma meilleure amie, personne ne le sait. Si mon école ou celle de mon petit frère et ma petite sœur s’en rendait compte, on pourrait être envoyés en famille d’accueil. Alors, je m’occupe d’eux le mieux possible.
Bien sûr, mon père est au courant. Mais il travaille sur la route et ne rentre que la fin de semaine. Ces jours-là, elle sort du lit. Elle mange avec nous. Elle prend même sa douche.
Le reste du temps, c’est moi, la mère. Je gère tout. La cuisine, la vaisselle, le ménage, les bains, les devoirs. Je donne ses médicaments à maman, aussi. Je les garde toujours avec moi. Elle pourrait être tentée d’en prendre trop…
Je suis fatiguée. Je ne sors jamais. Je m’inquiète tout le temps. Mais je ne peux pas abandonner les plus jeunes. De toute façon, elle va finir par guérir. Hein ???
La parentification décrit le phénomène où un enfant ou adolescent est laissé à lui-même et doit prendre soin de son parent, voire des autres membres de la famille. De la gestion des finances à l’hygiène, en passant par l’alimentation et le travail scolaire, il sacrifie son adolescence et s’attribue les responsabilités d’un adulte. La plupart du temps, ses efforts ne sont pas reconnus. Il peut alors se retrouver dans une impasse destructrice.
Le livre est excellent et mériterait un 5/5 si ce n’était de la fin. ***Spoilers plus bas*** J’ai été très déçue. Ce n’est même pas une fin ouverte, pourtant il manque quelque chose. Le lecteur est laissé dans le vide après que la DPJ ait fait une intervention. La mère ingrate de Marianne n’est vraiment pas contente et blâme tout sur sa fille lorsqu’elle retourne chez elle. La confrontation escalade à un tel point que Marianne va se cacher à l’extérieur, subit une attaque de panique, avale un médicament de sa mère pour se calmer et ne revient pas à la maison pour souper. Elle a trop peur de se heurter aux mauvaises humeurs de sa famille et préfère probablement dormir dehors, en hiver. Le chapitre s’arrête là au lieu de suivre Marianne jusqu’à ce qu’elle trouve le courage de rentrer chez elle et de voir que toute sa famille perçoit l’intervention comme positive (y compris sa mère, sûrement après une discussion inexistante). Qui plus est, le chapitre qui suit fait un saut dans le temps et résume tout le bien qui s’est passé depuis, et ce, sans qu'il soit un épilogue. En fait, le nouveau chapitre ne fait que confirmer — voire répéter — l’avenir positif promis par les intervenantes. Je trouve dommage la conclusion parce que tout au long de l’histoire, l’auteure a pris le temps de montrer les solutions aux difficultés de Marianne (crise de folie de sa mère, fièvre de Marianne et sa sœur, gifle à Marco à cause de l’intimidation qu’il a exercée, etc.), sauf à la fin. C’est pourquoi la fin me donne l’impression d’être bâclée. C’est un petit Tabou (environ 264 pages) qui aurait pu se permettre 10-20 pages de plus pour encourager les jeunes à retourner dans la tempête d’une confrontation et de ne pas abandonner simplement par peur. En gros, le roman a perdu deux étoiles parce la confrontation finale de Marianne a été résumée et non montrée.
Côté positif, la parentification est extrêmement bien montrée. Les personnages ont une personnalité distincte qui correspond à leur âge et situation. On sent l’adolescente dans le style d’écriture. La structure coule bien. Rien n’est de trop. Le roman est extrêmement bien travaillé, et c’est ça qui méritait le 5/5.
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La mère de Marianne est malade. Ce n’est pas sa faute si elle dort sans arrêt, c’est à cause de sa dépression. À part la meilleure amie de Marianne, personne n’est au courant de la situation familiale de Marianne. Personne ne doit s’en rendre compte, car Marianne et ses frères et sœurs seraient fort probablement envoyés en famille d’accueil. Comme son père est le seul qui s’occupe des finances de la famille, mais qu’il travaille sur la route, il revient à la maison que les fins de semaine, donc il n’est pas présent pour ses enfants. Marianne a alors tout pris sur ses épaules pour s’occuper de sa famille. Plus le temps passe et plus elle réalise qu’elle est fatiguée, qu’elle ne sort jamais et qu’elle ne profite pas de son adolescence… mais il n’est pas question d’abandonner ses frères et ses sœurs… De toute façon, sa mère finira bien par guérir non ? . Quel roman chamboulant ! Je ne connaissais pas le terme « parentification », ce n’est pas un sujet que l’on voit et que l’on parle souvent. J’ai beaucoup aimé les sauts dans le temps, ils aident à mieux comprendre la pression qui a été mise sur les épaules de Marianne. Je me suis réellement attachée à Marianne, cette jeune fille de bientôt 16 ans, qui a le rôle de garder la famille en équilibre. Elle est forte, généreuse et a le cœur sur la main. J’ai aussi été charmée par son petit frère et sa petite sœur, ils amènent du soleil et de la belle énergie dans ce récit. L’autrice Madeleine Robitaille est arrivée parfaitement à nous faire comprendre le cercle vicieux dans lequel Marianne et sa famille vivent. Malgré les sujets plutôt lourds : la maladie mentale, la dépression chronique, l’anxiété et la parentification, ce roman est lumineux et vaut vraiment la peine d’être lu.
Un bon livre rédigé autour d'un thème centrale 《la parentification》. Un livre touchante qui met de l'avant l'histoire d'une adolescente qui fait tous pour que sa famille soit bien!
Comme à son habitude, l'écriture de Mado nous amène à bien comprendre et vivre tous les dilemmes de notre ado! J'ai apprècié le message qu'n peut voir notamment en lien avec les prejugés de la DPJ!
Un livre très bien écrit! Parfois, il.y a certaine longueur et étant familié avec le thème, j'ai trouvé cela un peu long! Je pense que livre ne m'était simplement pas adressé d'où ma note de 3!
Je conseil tout de même ce livre, car il permet de mieux comprendre dans son écriture comment un ado peut se sentir dans une famille disfonctionnelle!
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Extrait : « Honnêtement, j’ai vraiment été impressionnée par la façon dont l’auteure exploite bien son sujet. J’ai aussi adoré qu’elle nous permette de comparer la situation de Marianne et sa famille à celle d’une autre famille différente de la sienne. Bien que les deux jeunes filles soient dans la même situation, de montrer que leur quotidien de vie était différent et important. Cela permettra, à mon avis, de faire comprendre aux lecteurs qui se reconnaitront que chaque situation est différente. Mais que la parentification reste quant à elle, avec les mêmes caractéristiques. »
Vous connaissez ce sentiment de poignard dans le coeur par douleur partagée avec les personnages de votre lecture? Oui? Et bien c'est l'état qui m'a habité durant tout le long de mon expérience avec Marianne. Je la comprends sincèrement et mon coeur s'est tordu de compassion... Si vous cherchez un livre qui représente réellement ce que c'est d'être dans les pensées d'une enfant parentifiée, n'hésitez plus et lisez "Adolescence sacrifiée"