Dès sa naissance, Polly fait l’objet d’un incessant questionnement. Polly, il ? Polly, elle ? Vite, vite, rangeons Polly dans une catégorie. Le médecin presse les parents de faire un choix : Polly sera garçon. Mais voilà, arrivé à l’âge adulte, Polly est pris d’un doute… Lui, un garçon ? Vraiment ? Et il ne se sent pas fille pour autant… Le dramaturge Fabrice Melquiot livre le récit d’un superbe parcours intérieur qui devient peu à peu une lutte contre la société et son obsession du conformisme. La troublante beauté des illustrations d’Isabelle Pralong achève de faire de Polly un roman graphique unique, sur une thématique encore trop peu abordée en littérature.
Relecture Décembre 2022 : Une personne intersexe de mon entourage m'a conseillé de lire cette BD en me disant qu'elle était informative. J'avais déjà lu Polly et mon avis était franchement mitigé (et j'avais eu 1 écho négatif d'une personne intersexe). Comme ça me faisait à présent 1 écho positif et un écho négatif, je l'ai relue avec un regard différent, et on en a discuté après. Mon avis : - je ne passe pas un bon moment en lisant la BD : elle est déprimante, notamment parce que Polly est très isolé-e. Dans la plupart des œuvres queer que je lis, malgré un vécu de rejets, les personnages reçoivent de l'affection et du soutien - J'aime beaucoup les jeux de mots, de langue et d'expression - j'aime pas du tout les dessins - je trouve certaines choses plutôt bien dénoncées, notamment le médecin : la narration n'y va pas avec de gros sabots mais c'est très clair - le côté abstrait n'est pas pour moi, j'aime les œuvres au scénario clair et défini - l'ambiance onirique/abstraite n'est peut-être pas le meilleur choix pour une représentation intersexe, vécu déjà pas mal fantasmé Notre discussion : - Ça manque de ressources à la fin - Ça manque d'une dénonciation plus précise de certaines attitudes (il faudrait plus de contre-discours) - Ce n'est pas une œuvre pour des personnes intersexes, pour qui ça sera globalement une lecture désagréable et violente, mais plutôt une BD à mettre entre les mains de personnes dyadiques pour faire de la pédagogie - les parents sont plutôt bien faits dans le sens où ce sont des gens "lambda" - le personnage principal est trop isolé
Avis février 2022 : J'ai acheté cette BD parce qu'elle avait gagné un prix et qu'elle avait un personnage principal intersexe... Après lecture, j'avoue que je suis un peu perplexe. Les dessins ne me plaisent pas du tout, je les trouve très glauques et déplaisants, les couleurs sont bleu-verdâtres, les traits très grossiers. Côté histoire... j'ai beaucoup de mal avec les livres d'ambiance plus que de scénario, un peu abstraits. Même si j'aime les jeu de mots, j'ai besoin de concret, j'aime comprendre ce qui se passe. Ici, tout flotte un peu. On a des scènes éparses qui forment une histoire globale, mais rien n'est assez durable pour que je ressente une connexion. Par exemple, je trouvais que le médecin qui manipule les parents pour qu'iels acceptent que Polly soit mutilé·e, modifié·e pour rentrer dans les critères sexuels du masculin, était plutôt bien mis en scène : il est détestable et critiqué par la manière dont il est montré, on voit qu'il ne se préoccupe pas de Polly en tant que personne et son comportement est dénoncé. Et... par la suite, on n'en reparlera plus jamais, on ne verra pas l'impact que ça a sur Polly. De même, il y aurait eu de quoi dire sur la relation entre Polly et ses parents... dans une scène, iel commence par s'énerver, mais ça se conclut sur un "je vous aime" sans qu'il n'y ait d'excuses ou de remise en question. J'ai trouvé toute la scène avec l'amoureuse de Polly particulièrement violente. Elle lui dit "Tu n'as pas besoin d'amour" en le quittant, et l'histoire ne le contredira jamais. Qu'une personne se montre horrible, d'accord, c'est peut-être réaliste, mais derrière, ce serait bien que l'histoire remette ça en question... Je trouve aussi l'utilisation de "il-elle" plutôt que iel pour désigner Polly franchement dérangeante. Comme si Polly était une fabrication, une invention un peu bancale... Je déteste aussi le fait que Polly soit si isolé·e
Dans le points positifs, je mettrais la dénonciation (quoique brève) du médecin, le fait que le terme intersexe est évoqué. J'aime bien les jeux de mots, et la poésie de certaines pages. Et en soi, l'aspect onirique de l'ensemble est défendable, c'est de l'art, certaines personnes aiment les ambiances abstraites... mais l'intersexuation est souvent fantasmée et du coup je suis un peu dubitative. Mais je suis dyadique, donc pas la meilleure personne pour juger de la pertinence de cette œuvre. J'ai toutefois vu un·e militant·e intersexe dire que ce n'était pas réaliste, et écrit pour des personnes dyadiques.
Polly se rodi, kot interspolna oseba. To pomeni, da nima dobro izraženih zunanjih spolnih organov in se morata starša odločiti, ali ga bosta vzgajala, kot dečka ali deklico. Odločita se za moški spol in v to smer gre tudi otrokovo zdravljenje, hormonska terapija in operacije. Polly pa se kmalu začne zavedati, da se ne počuti nujno moškega, morda pa niti ne ženske. S tem spoznanjem išče prostor v svetu, ki je usmerjen v stalno kategoriziranje ljudi, dokler ne dojame, da je v resnici pač Polly - oseba, ki čuti, ljubi, želi biti ljubljena in sprejeta.
Pri Vigevageknjige se drugačnosti dotaknejo velikokrat in, če so v nedavnem risoromanu Brez las zelo dobro predstavili alopecijo tudi z zdravstvenega vidika, se interspolnosti dotaknejo bolj z vidika čustvovanja in doživljanja interspolnih oseb. Kot radovedna bralka sem to stanje sama še malce bolj raziskala. Interspolnih oseb se rodi približno 1.7%, v Sloveniji pa naj bi jih živelo približno 36.000. Po podatkih UKC Ljubljana se pri njih vsako leto rodi vsaj en otrok, ki mu na podlagi zunanjih spolnih organov ni mogoče določiti biološkega spola. Žal se interspolnosti ne vidi vedno na zunaj, saj se lahko razlikujejo tudi notranji reproduktivni organi, kromosomska zgradba...
Skratka, že brez psihološkega vidika to nikakor ni lahka popotnica za življenje, Polly pa nam čudovito oriše tudi vse, kar poleg zunanjega in povsem biološkega pride zraven. Vsi bi si želeli najti svoje mesto pod soncem in iskreno si želim, da bi bilo to vsem tudi dano. A Polly nas uči, da pot do tja pač ni vedno lahka.
je sais pas si j'ai été très conquis... j'ai pas tant aimé les différentes voix, la transcription du théâtre à la BD, pourtant pertinent, semble un peu forcée. l'écriture de melquiot m'a pas trop touchée, j'ai trouvé ses accent poétiques assez artificiels, un peu faciles parfois. j'imagine bien que l'objectif n'est pas de travailler une représentation réaliste de l'intersexuation, mais j'arrive pas pour autant à me départir d'un peu de malaise sur cet aspect-là. ça reste une jolie BD avec une belle utilisation de l'encre et une tentative de récit à saluer.
Un livre qui vient comme un ovni, c’est à la fois de la BD, de la poésie, du roman graphique, du livre illustré… et puis parler d’intersexuation, c’est tellement rare qu’il faut le souligner ! Ce format hybride m’a transportée, je me suis laissée portée par l’histoire de Polly, par l’alliance des illustrations et des jeux de mots.
Polly is born with a "ziziette", somewhere between a penis and a vagina. Part of the small percentage of our population that is neither male nor female, or maybe a bit of both. Their parents aren't sure how to deal with it, and the doctor offers a simple solution: we'll make him a man. When they turn seven, Polly has to undergo a series of long and arduous operations. At the end, out comes a real man! Except the shoe doesn't quite fit for Polly...
A really interesting exploration of a subject that doesn't get talked about much, and the hardship that comes with it. But despite the bleak and lonely life that Polly leads because of his "condition", it's an incredibly funny book. It plays on preconceptions and language in such delightful ways. The art was interesting, though not quite to my taste
Une BD sur un sujet important : les personnes intersexes. Une bonne représentation, surtout de l'entourage et du monde médical (à vomir). Le genre est traité dans le fond comme dans la forme, avec l'écriture inclusive et un jeu de couleurs qui évite le bleu ou le rose. Les métaphores de l'intersexualité sont illustrées sur la page. Alternant entre planches de BD basiques, page avec un texte narré face à une planche de peinture, l'objet s'exprime parfois mieux que les mots. Ce n'est pas le style d'illustration que j'apprécie de base, mais j'ai quand même été emportée par l'histoire et l'art. Une conclusion parfaite.
J’ai beaucoup aimé la manière dont l’intersexualité est abordée. C’est un livre qui fait bien rager quand même : j’avais envie d’étriper le médecin qui impose le choix. Toute la BD est basée la dessus : l’obsession de la société de trancher, catégoriser, ranger dans des cases, reconnaître, choisir, surtout quand ça sort de la « normalité », du prédéfini, du socialement acceptable. Ça m’a donné envie de hurler tellement c’est encore un quotidien dans notre société !
“Tu entendras pousser la joie, dans l’ampleur démesurée de pas grand-chose”
Une BD qui aborde le sujet de l’intersexuation, la découverte de soi et l’acceptation de manière très poétique. J’aime beaucoup l’aspect sur la médecine qui encore une fois se veut peu ouverte et extrêmement questionnable.
En tous cas il-elle partage mon amour des expressions françaises et ça c’est beau ! (et le terme ziziette est adorable)
BD très particulière dans sa forme (couleurs, mise en page, textes en pleine page...), son ton qui alterne entre poésie et dialogues bruts, et le sujet de l'intersexualité encore trop rarement abordé. C'est essentiellement une œuvre d'ambiance et les dénonciations (nombreuses) doivent souvent être décodées. J'ai vraiment beaucoup aimé, même si je ne suis pas concernée et ne peux pas donc pas juger de la qualité de la représentation
Dit was een heel bijzondere leeservaring, een soort kunstzinnig geïllustreerd poëtisch essay. Vond vooral het gebruik van kleur en vreemde vormen van opgedroogde verf erg sfeervol. De tekst zat vol mooie taalvondsten en experimenten om een non-binaire persoon te omschrijven, maar mijn Frans is toch nog niet goed genoeg om alle uitdrukkingen en bespiegelingen helemaal te volgen.
Un roman graphique très beau sur l'inter sexualité. Le mélange entre le style d'écriture, les métaphores et le choix du dessin à l'encre fonctionne si bien
PS: cette ouvrage n'est pas trop dans le but d'informer sur l'intersexualité à mon avis ( Le Doc sur arte " entre deux sexes" est top si ces questions vous intéressent:)
Il est encore très rare de rencontrer des personnages intersexes en BD. De manière générale, j'ai beaucoup aimé, c'est la fin qui était moins captivante... On commence très fort, mais ça s'estompe quand Polly vieillit. Si ce n'était de la fin, j'aurais mis 5 étoiles.
J'ai beaucoup aimé le début, la façon de raconter dans trop en dire, la sincérité et la crédibilité de l'histoire. Mais j'ai été déçue par la fin, qui déjà commençait à traîner en longueur. L'apparition un peu mystique du SDF et les trucs sur les proverbes étaient un peu trop pour moi.
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Un livre fort sur un sujet encore très inconnu et donc mal compris. Le personnage de Polly est attachant, drôle et touchant. j'ai beaucoup aimé le style très minimaliste des dessins et la palette de couleur "limité" crée une jolie identité à l'histoire.
"j'imagine que certains loups peuvent, au coeur de la forêt, se sentir chiens et craindre d'être doux. j'imagine que certains chiens parfois sentent dans leur mâchoire pousser un loup"
Magnifique Bd sur l'intersexuation. Elle était rangée en catégorie jeunesse dans ma médiathèque, je m'attendais à tort à quelque chose de plutôt didactique et classique dans sa structure, quelle erreur ! ce livre est une vraie œuvre d'art. Les textes sont aussi forts que le trait et les couleurs, la mise en page est prothéiforme, surprenante, alternant entre intensité et respirations épurées. Le thème est abordé sous un angle intime, poétique, la tendresse cotoie la colère qui cotoie l'humour qui cotoie le contemplatif. Gros coup de cœur (et une excellente lecture pour des ados mais pas qu'eux).